A Rain of Prune Blossoms

Vous savez, les Japonais ont la vilaine habitude de donner des noms très poétiques et jolis à des choses autrement détestables. Prenez par exemple la saison des pluies. En Japonais, ca se dit 梅雨、tsuyu, une pluie de pétales de pruniers. Les fleurs de pruniers, c’est très joli, et quand ils sont en fleurs vers la fin de l’hiver, c’est vraiment beau. Mais la saison des pluies, c’est en juin, il fait chaud, il n’y a pas de fleurs à l’horizon, et il mouille à siaux à tous les jours. C’est moche!

Depuis le début du mois de juin que le front tropical (je ne connait pas vraiment le terme météo… en Japonais on dit le bai-u zensen) avance depuis le sud du Japon, et ca fait maintenant deux semaines qu’il est pratiquement stationnaire au dessus de Kyushu, avec Kumamoto presque directement dans le bull’s eye. Résultat: depuis le début de la saison des pluies, il y a à peine deux semaines, nous avons eu droit à près de 2000 mm de pluie. En temps normal, c’est la quantité de pluie à laquelle nous avons droit en un mois de saison des pluies. Je sais que je ne devrais pas chialer contre la pluie, parce que c’est grâce à la pluie qu’on peut manger du riz et toutes sortes de bonnes choses. Mais je suis un être humain, un animal résolument terrestre qui fonctionne à batteries solaires. D’être dans la flotte tout le temps, sans soleil, c’est moche, et c’est pas évident de trouver l’énergie. Sans parler des centaines de familles dans toutes les préfectures de Kyushu qui ont du évacuer leurs domiciles par crainte de glissements de terrain.

Je vais bien malgré tout. Je me prépare tranquillement pas vite en vue de mon prochain retour vers le continent, je continue à travailler et à m’entraîner. Je commence à être moins stressé et à avoir plus simplement hâte de rentrer, et c’est bien. Je suis fatigué mais je suis certain qu’avec un peu de soleil tout va s’arranger. Hier aux nouvelles ils ont dit que l’intensité inhabituelle de la saison des pluies cette année ferait peut-être en sorte qu’elle soit plus courte. J’espère que c’est vrai!

五月病

En français, comment traduire… “la maladie du mois de mai”. Dans les pays occidentaux, on a tendance à considérer le mois de mai comme un mois plutôt agréable et positif, avec le printemps qui s’amène, la bonne température, et tout. Au Japon, et bien, c’est plutôt un creux dans l’année. Le mois d’avril, c’est le mois du renouveau et du printemps. Les sakura (non, je ne les appelle plus “cerisiers” parce qu’ils ne font pas de cerises) sont en fleurs, c’est une nouvelle année scolaire et fiscale qui commence, est c’est généralement en avril que commencent à travailler les nouveaux employés. Tout est nouveau, tout est beau, et tout est bien. Mai, c’est le mois ou les sakura ne sont plus en fleurs, l’année scolaire et fiscale est bien entamée et ne s’annonce drôlement pareille à celle d’avant, et le feeling de “tout nouveau tout beau” commence à s’estomper chez les nouveaux employés. D’ou l’expression “五月病”. C’est un peu déprimant, en fait, non, ce n’est pas nécessairement déprimant, c’est juste morne et un peu plate. Je commence lentement mais sûrement à m’équiper en boîtes, tape et papier d’emballage pour me préparer à mon éventuel retour, mais sinon tout est tranquille ici.

Bonne fin de journée!

From Kumamoto with Love

Je m’adresse ici à Mr. Duceppe du bloc. J’ai fait mon devoir de citoyen aujourd’hui, par la poste. Moi qui croyais avoir été rayé de la liste électorale parce que ca fait trop longtemps que je n’ai pas eu de domicile permanent au Canada, il se trouve que je suis juste sur la limite. J’ai donc reçu mon kit de vote par correspondance, me donnant ainsi la possibilité de faire parvenir la colère divine à Mr. Duceppe et ses bloqueux qui gaspillent joyeusement notre temps et notre argent aux communes tout en s’engraissant de l’argent des taxes de ceux qu’ils considèrent comme des étrangers (= les Canadiens Anglais). Je vous laisse le soin de deviner pour qui j’ai voté… je vous dirai seulement que… it’s good to be bad! Si seulement je pouvais rentrer à Québec et ne pas etre accueilli par des bloqueux aux communes… ca rendrait probablement mon retour plus facile!

Hiroshima mon Amour

Jamais vu le film, mais ca semblait un bon titre alors…

Jeudi dernier, je suis allé faire un tour à Hiroshima. Je vais bientôt avoir besoin d’un nouveau passeport et j’avais besoin de la signature d’un représentant diplomatique Canadien sur mes papiers, et le consulat Canadien le plus proche de Kumamoto est à Hiroshima. Vous savez, au Canada, pour obtenir un passeport, il faut normalement un répondant, c’est à dire un avocat, un notaire, un docteur, un agent de police ou autre profession du genre, qui signe vos papiers et confirme le tout. C’est la même chose quand on renouvelle un passeport de l’étranger. En fait, on ne parle même pas de renouvellement, on doit carrément faire une nouvelle demande de passeport. Faute de répondant, j’ai eu a sauter à travers une multitude d’obstacles bureaucratiques dignes de la maison des fous des 12 travaux d’Astérix.

Mais j’en ai profité pour visiter Hiroshima et l’île de Miyajima toute proche. Évidemment, qui dit Hiroshima dit bombe. Ma première destination fut donc (après ma visite chez le consul) le Peace Memorial Park et le musée de la bombe.

Le fameux “A-bomb Dome”. C’est aujourd’hui un des seuls (je crois que c’est le seul, mais je ne veux pas me tromper) bâtiments ayant été touchés par la bombe encore conservés aujourd’hui. Il fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le visuel n’est pas en soi particulièrement impressionnant, mais quand on le voit en personne, ca fait réfléchir. Le Musée de la bombe est très instructif et intéressant. Par contre je ne sais trop quoi dire de ces guides bénévoles qui ne cessent de dire aux touristes Occidentaux que tout ce qu’ils savent sur la bombe, ce sont des mensonges. Est-ce qu’on peut laisser la politique en dehors de cela?

Hiroshima, ce n’est pas seulement la ville de la bombe. Ici la tour reconstruite du château d’Hiroshima. Bâtie par le clan Mori au 16e siècle, l’original a servi de résidence au daimyos du clan Asano, seigneurs du domaine d’Hiroshima pendant 200 ans, pour ensuite devenir le QG de l’armée impériale Japonaise à partir de l’ère Meiji. Hiroshima fut la capitale militaire du Japon moderne, jusqu’à la fin de la guerre en 1945.

Qui dit Hiroshima dit également okonomiyaki. Pour ceux qui ne connaissent pas les okonomiyaki, c’est un genre de crêpe-repas très populaire partout au Japon,  et surtout dans les villes d’Osaka et Hiroshima. A Hiroshima, ils rajoutent, en plus du chou, des fèves germées et de la viande, des nouilles soba dans la crèpe, et le tout se mange à même le teppan, la grosse plaque chauffante dans les restaurants.

Avec une bonne grosse Kirin, bien évidemment.

La préfecture d’Hiroshima est également là où se trouve l’île de Miyajima. Miyajima est une île sacrée pour les Japonais depuis des temps immémoriaux, et est célèbre pour le sanctuaire de Itsukushima, qui fait également partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il a été bâti à l’origine par Taira no Kiyomori, un grand samurai de la période Heian (il y a environ 1100 ans). Voyez ici le torii, l’arche qui marque l’entrée d’un lieu sacré. Celui d’Itsukushima a la particularité d’être dans la mer (en plus d’être immense et très impressionnant).

Une vue du sanctuaire d’Itsukushima. Ce n’est pas génial comme photo je sais, avec la marée basse et tout. C’est difficile de prendre des bonnes photos parce que c’est vraiment énorme comme sanctuaire.

Voyez, j’étais au bout du quai complètement et je n’arrive pas à le prendre en entier tellement c’est grand.

Il n’y a pas seulement qu’Itsukushima. Miyajima entière est couverte de temples bouddhistes et de sanctuaires Shinto. Voyez ici une vue du temple de Daisho-in. Pendant que j’y étais il y avait une cérémonie à l’intérieur du temple avec des moines qui jouaient du taiko (tambour de guerre Japonais) en récitant des sutras.

Et pour terminer, le Reikado, le “Hall du Feu Éternel”, situé au sommet du Mt. Misen sur Miyajima. Selon la légende, le moine Kobo Daishi y aurait allumé une flamme lors de son entraînement religieux il y a près de 1000 ans de cela, et la flamme y aurait été entretenue de façon ininterrompue jusqu’à aujourd’hui. Les visiteurs au Reikado sont invités à inscrire leurs voeux sur une chandelle et à l’ajouter au hall, ce que je fis.

Je finis, (et commencai aussi, d’ailleurs) mon voyage en rentrant pour la première fois à Kumamoto en Shinkansen directement d’Hiroshima. Depuis le 12 Mars que la ligne de Shinkansen de Kyushu est complétée. On peut maintenant voyager de Kagoshima au sud de Kyushu jusqu’à Osaka sans changer une seule fois de train. J’ai donc fait le voyage entre Hiroshima et Kumamoto en moins de deux heures à bord du Sakura, un des nouveaux trains du Kyushu Shinkansen.

Sur ce, je vous laisse et vous souhaite une bonne fin de!

Power!

Vous savez, le tremblement de terre et le tsunami ont frappé l’est du Japon, laissant l’ouest et le sud (et donc Kumamoto ou j’habite) intacts. Outre les gens qui ont perdu leur maison et qui vivent maintenant dans des refuges temporaires (au dessus de 300 000 personnes aux dernières nouvelles), et la situation à Fukushima, un des problèmes importants auquel le Japon doit faire face est le manque d’électricité. Plusieurs centrales électriques, incluant celle de Fukushima, ont été endommagées et sont maintenant inopérables. Depuis le début de la crise, les régions du Kanto (Tokyo, Chiba, Yokohama, etc.) et de Tohoku (nord-est) sont sujettes à des blackout successifs contrôlés. Au début, la situation semblait pas si mauvaise, mais aujourd’hui, Tokyo Electric a annoncé qu’à moins que la région entière ne fasse un immense effort de conservation d’énergie, il y allait avoir un manque sérieux d’électricité, et que les blackout pourraient devenir incontrôlables.

Dans une ville comme Tokyo, ou c’est pratiquement impossible de se déplacer autrement qu’en train, ce manque d’électricité ralentit sérieusement toute activité. Depuis le tremblement de terre, la majorité des lignes de train opèrent sur des horaires réduits, et le Ministère des Transports a donné l’ordre de réduire davantage le nombre de trains (quelque chose comme un 10% additionnel, j’ai manqué ce bout la des nouvelles). Le système de trains et métros de Tokyo fonctionnant déja à plus que pleine capacité en temps normal, cette réduction du nombre de trains a un impact important sur l’économie de la ville. Plusieurs compagnies et usines ont ordonné à leurs employés de rester chez eux.

Vous savez ce qui me frustre un peu dans tout ca, c’est que pour nous qui habitons dans l’ouest, il n’y a rien qu’on puisse faire pour aider à remédier au problème d’électricité. En temps normal, quand une région manque d’électricité, c’est possible de faire passer du courant d’autres régions ou même d’autres pays pour compenser. Ca se fait (je crois) relativement souvent entre le Canada et le nord des États-Unis. Or, dans le cas du Japon, le pays est divisé en deux grandes régions pour l’électricité: l’est, qui fonctionne sur du 60 hz, et l’ouest (ou se situe Kyushu et Kumamoto), qui est sur du 50 hz. Enfin, c’est peut être l’inverse, mais le problème, c’est que les deux régions fonctionnent sur deux fréquences différentes. Je n’ai pas encore pu trouver quelqu’un pour m’expliquer le pourquoi de la chose, mais je me suis fait dire que ca avait quelque chose à voir avec la reconstruction après la guerre.

C’est possible de faire passer d’une région à l’autre, mais la capacité à convertir le courant d’une fréquence à l’autre est limitée. Ce qui veut dire que même on a suffisamment de courant de notre côté et que nous faisons des efforts pour économiser l’énergie afin de pouvoir l’envoyer à ceux qui en ont besoin. Il y a probablement suffisamment d’énergie produite au Japon pour en envoyer aux gens du Kanto et de Tohoku, et c’est probablement plus facile pour nous gens de Kyushu d’économiser l’énergie puisqu’il fait beaucoup plus chaud. Bon, c’est très froid ici à Kumamoto pour le mois de Mars (pas encore de sakura en vue) et ils nous annoncent -2 pour demain, mais bon, il y a des gens dans Miyagi et Iwate qui dorment dans des gymnases d’école à -10 sans chauffage depuis une semaine alors je n’ai vraiment pas le droit de me plaindre.

Shock

Je vais bien. En fait, je suis probablement dans l’endroit au Japon le plus éloigné de tout le chaos causé par les tremblements de terre, les tsunamis et les centrales nucléaires. Ici, à Kumamoto, et sur Kyushu, tout va bien, et la vie continue normalement. Je vais bien, mais à voir toutes les nouvelles sur le désastre, et je sais pas, vu que j’habite ici, tout ca m’affecte un brin et je suis d’humeur plutôt sombre ces jours-ci.

Pas de commentaires sarcastiques, de pointes d’esprit ou d’opinions mal placées aujourd’hui. Mais je vais quand même me permettre un petit commentaire sur la couverture de la situation à l’international. Sans me lancer dans les détails, je crois qu’il y a un brin de sensationalisme et d’apocalyptisme (c’est un mot, ca? vous comprenez ce que je veux dire) dans la couverture. Vous savez qu’il y a une crise à la centrale nucléaire de Fukushima, et que les techniciens, le gouvernement et l’armée font de leur mieux pour éviter le désastre. Oui, il y a eu des explosions (deux, si mon compte est bon?), et une certaine quantité de vapeur radioactive a été libérée dans l’atmosphère. C’est grave, mais on est encore loin d’un désastre comme Chernobyl. “Il y a eu une explosion à la centrale” et “La centrale a explosé”, ce n’est pas pareil. Pourtant, a voir les nouvelles sur internet…

Je ne suis qu’un humble jack-of-all-trades, et je n’ai certainement aucune prétention d’être un expert sur l’énergie nucléaire (vous savez, je suis vraiment poche en sciences…), mais je peux vous dire que la situation n’est pas aussi critique (ni aussi spectaculaire) que ce que les médias à l’étranger rapportent. Pas de danger de voir un champignon atomique s’élever au-dessus du Japon.

Je terminerai sur une note positive. Vous savez, quand je vois les gens autour de moi, je suis souvent déçu de la petitesse, de la médiocrité du monde. Mais avec le désastre actuel, en voyant aux nouvelles des gens qui se démènent, se bougent et font des efforts pour vivre et reconstruire, ca me rassure. Dans les situations exceptionnelles, dans les grands cas d’urgence, de vie ou de mort, l’homme devient fort, devient grand. J’ai vu des élèves du secondaire incapables de rentrer chez eux et sans contact avec leurs familles demeurer dans leur école, devenue un refuge d’urgence, pour s’occuper des gens qui ont perdu leur maison. J’ai vu des fermiers qui ont échappé au désastre traverser de longues distances sur des routes dangereuses (ou tout simplement inexistantes) pour venir livrer des caisses de légumes et du gaz aux réfugiés.

Imaginez, si nous, la race humaine, nous pouvions toujours faire montre de la même énergie, de la même force, du même esprit de sacrifice que dans ces situations désastreuses… la galaxie nous appartiendrait déjà!

Le Mariage de la Renarde

Aujourd’hui, un important front froid passant sur le Japon a occasionné des températures très froides et des chutes de neige importantes. Prenez garde à bien vous protéger contre le froid si vous avez à sortir.

Oui, je sais, c’est assez ennuyeux et déprimant comme ouverture, mais depuis le début de l’année, c’est ce à quoi j’ai droit à chaque fois que je regarde les nouvelles de 6 heures à la NHK. Je ne sais pas qu’est-ce qui m’indispose le plus, le froid, ou bien le martelage incessant de nouvelles sur le froid.

Depuis le début de l’année qu’il fait froid et qu’il neige partout. Même Kyushu a recu sa part de neige. Ici à Kumamoto, on a eu de la neige à plusieurs reprises, malgré un temps plutôt ensoleillé. “きつねの嫁入り(kitsune no yomeiri) La renarde est allée se marier”, c’est l’expression qu’on emploie ici pour parler d’une journée ou il neige alors qu’il fait beau soleil.

Enfin bref, il fait froid, il neige, sans chauffage ici dans la vieille Higo nous sommes misérables, mais je vais bien, et je vous souhaite de même.

De bien aller, s’entend. Je ne souhaite pas à personne d’être sans chauffage.

 

Heisei 23 Start!

Bonjour à tous!

C’est aujourd’hui ma dernière journée de vacances avant ma première journée de travail de cette année Heisei 23. Ou plutôt le début de la fin de cette année scolaire, puisqu’elle se termine en Mars ici, je vous le rappelle. Et aujourd’hui aura été la journée la plus froide de l’hiver jusqu’a présent pour nous. J’ai passé le plus clair de ma journée à travailler sur le test de mon cours par correspondance, et contrairement à l’habitude, celui-la est difficile. Bon, j’en suis au 5e livre sur 6 alors c’est peut-être normal que ca devienne un peu plus difficile. Mais bon, tout ca pour dire que ca aura été une journée plutôt morne en cette fin de vacances.

Ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus motivant pour partir l’année de travail… Mais tout n’est pas déprimant. Il y a du sumo à la télé, je mange bien, je dors bien et, comme le dit la chanson, les journées rallongent, YES! Alors je vais quand même bien, et en vous souhaitant la pareille, je vous dit à la prochaine!

Bonne Année

新年明けましておめでとうございます。今年もよろしくお願い致します!

C’est l’année 2011, ou plutôt la 23eme année du règne de l’empereur Heisei, qui vient de se commencer. L’année 22 en aura été une bonne pour moi. L’année 23 s’annonce forte en aventures, changements et rebondissements. Elle commence ici à Kumamoto, et qui sait ou je serai l’an prochain à pareille date.

Le 31, à minuit, je me suis adonné à la tradition Japonaise de la première visite au sanctuaire. Cette année, je suis allé au Kato Jinja, le sanctuaire dédié à Kato Kiyomasa, le héros de la période Sengoku qui a entre autres bâti le château de Kumamoto. Le Kato Jinja est situé proche du donjon du château, et c’est le sanctuaire le plus populaire de la ville.

Il neigeait à plein ciel ce soir la, et c’était très froid, mais le château avec la neige et tout c’était très joli. Je ne sais pas si c’est la neige qui a fait bouillir mon sang d’homme du Nord, mais je n’ai pas souffert du froid du tout, alors qu’en temps normal, je suis aussi frileux que les Kumamoto-ites et je grelotte quand il fait en bas de 10 degrés. C’était très agréable de marcher dans le parc du château vers le sanctuaire avec la neige et tout.

Il y avait pas mal de monde (autour de 20 000 visites pendant la nuit, selon la NHK), mais après une vingtaine de minutes d’attente, j’ai pu rendre mes hommages à Kiyomasa, et ainsi commencer mon année avec la protection du samurai le plus puissant et le plus terrifiant de tout le Japon. C’est de bonne augure!

Un tenugui, genre de mouchoir de tissu traditionnel Japonais, que j’ai ramené du Kato Jinja et que j’ai accroché au dessus de ma porte. Cette année, c’est l’année du lapin.

Le matin du 1er, photo prise de mon balcon (en robe de chambre). Voyez la neige sur les pentes du Mt. Kinpo à l’horizon et sur le toit des maisons. Ce n’est pas beaucoup de neige, mais pour Kumamoto, c’est assez exceptionnel.

Voici donc, mesdames messieurs, mon année 2011 qui commence. Je ne sais pas ou et comment elle va se terminer, mais c’en sera une bonne, j’en suis certain.

A tous, je vous souhaite ce qu’il y a de mieux pour 2011!

A Season for Nabe

Bonjour à tous.

Je suis de retour à Kumamoto après avoir passé la semaine dernière dans la préfecture de Shiga pour un séminaire intensif d’interprétation qui fut ma foi fort productif. J’ai eu bien du plaisir à rencontrer les gens et j’ai beaucoup appris, mais je suis tout de même fort content d’être de retour dans la vieille Higo.

C’est décembre ici et le froid, certes moins terrible qu’a Québec mais tout aussi désagréable, s’est confortablement installé ici à Kumamoto. Ca ne me dérangerait pas outre mesure, si ce n’est que j’ai eu à prendre une douche très froide ce matin parce que mon chauffe-eau ne voulait pas fonctionner.

L’hiver, au Japon, c’est la saison pour le nabe, un genre de bouilli Japonais qu’on mange un peu à la manière d’une fondue, c’est-à-dire que tout le monde se sert dans un gros plat au centre (plat qui s’appelle justement nabe). Les Japonais se plaisent à dire qu’ils vivent au rythme des quatre saisons (quatre saisons qu’ils sont les seuls à connaître, bien évidemment), et ça se manifeste beaucoup dans la cuisine. Le nabe, c’est de la cuisine d’hiver, et comme ça réchauffe la place, plus il fait froid, plus c’est populaire.

Il y a plusieurs sortes de nabe, qui se distinguent principalement par la sorte de soupe utilisée comme base. Les ingrédients sont généralement au choix, mais on y retrouve beaucoup de légumes comme le hakusai (genre de chou Japonais?), les carottes et les enoki, ces détestables petits champignons Japonais, ainsi que du porc, du poulet et du tofu. Parmi mes préférées je mentionnerais le nabe au curry et celui au kimchi (style coréen), ainsi que le chanko nabe, le repas traditionnel du lutteur sumo.

Difficile de décrire le goût du chanko, mais c’est délicieux, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est assez santé. Un bon chanko est surtout composé de hakusai, de carottes, de tofu et de viande et ou fruits de mer. Aucune friture, huile ou graisse excessive. Ce qui fait engraisser les lutteurs, ce n’est pas le contenu du chanko comme la quantité énorme qu’ils en consomment. Ca, et beaucoup de bière, et une longue sieste après.

Mais j’adore le chanko, parce que quand j’en mange, j’ai l’impression que ca me fait devenir très fort et très Japonais, comme un lutteur sumo.

Enfin, tout cela pour dire que dimanche dernier, j’ai été manger un chanko avec trois de mes amies, et que, outre le plaisir de se réchauffer avec un délicieux nabe en bonne compagnie, ca m’a rappelé que je n’avais toujours pas posté les photos que j’ai prises lors du tournoi de sumo à Fukuoka à la fin de Novembre. Je vous en présente donc quelques unes.

Chaque lutteur de la division supérieure, le makuuchi, possède sa propre bannière qui est affichée devant le stade lors des grands tournois.

Le ring, ou dohyo. Comme vous pouvez le voir, c’est salle comble, car c’était l’avant dernier jour du tournoi et la compétition pour la première place n’était toujours pas décidée.

Dans les grands tournois de sumo, certains matchs, le plus souvent ceux des lutteurs des rangs plus élevés, sont commandités. Un lutteur qui gagne ses matchs commandités peut recevoir une somme d’argent assez considérable. Lors d’un match commandité, des bannières traditionnelles aux couleurs de la compagnie qui commandite est paradée autour du dohyo. Vous aurez ici reconnu les couleurs de Mc Donalds, qui commandite les matchs du grand champion Hakuho et le sumo en général.

Bon, ca peut faire étrange de voir le grand méchant capitaliste Américain supporter un sport aussi traditionnel et Japonais que le sumo, mais moi je trouve ca admirable, parce que c’est en bonne partie par ces commanditaires que le sumo prospère, et que plusieurs compagnies authentiquement Japonaises ne se donnent pas la peine d’en faire autant.

Sur ce, je vous laisse, et vous souhaite une bonne fin de soirée!

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