Publié par : Francois | janvier 21, 2010

Tokyo Tales, Part II

Dans notre dernier épisode, je vous avais laissés sur les impressions de ma première journée dans Shinjuku, le coeur de la grande capital de l’Est, Tokyo. Aujourd’hui, je vous raconte ma deuxième journée dans la vieille Edo.

Tokyo est une ville avec une longue histoire derrière elle. Depuis que les shogun Tokugawa en ont fait leur capitale au début du XVIIe siècle, Edo, qui allait plus tard s’appeler Tokyo, est devenue un point névralgique du Japon, grouillant de monde, de commerce et d’activité politique. Pourtant, lorsqu’on observe la ville de Tokyo aujourd’hui, on voit bien peu d’indices de son passé et de son histoire. Il y a plusieurs raisons à cela : les tremblements de terre, les incendies, les bombardements pendant la Seconde Guerre Mondiale, les modernisations pour les Olympiques, ajoutés à la tendance des Japonais à raser le vieux pour construire du neuf. Tout cela fait en sorte que Tokyo est une ville résolument moderne, où les rares temples, sanctuaires et bâtiments historique sont submergés par les gratte-ciel et les néons.

Il y a cependant un quartier de Tokyo qui est réputé pour avoir conservé son cachet de « vieille Edo ». C’est le quartier d’Asakusa, et c’était ma destination pour ma seconde journée. Asakusa a été relativement épargné lors des bombardements, et plusieurs bâtiments d’avant la guerre sont toujours intacts aujourd’hui. Il y a également plusieurs temples et sanctuaires, certains datant d’avant la guerre. Asakusa étant un coin qui attire son lot de touristes, autant Japonais que d’outre-mer, on y retrouve également un assortiment de petits restaurants, kiosques et boutiques qui offrent de tout. Évidemment, beaucoup de ces endroits sont des trappes à touristes, mais il y a quand même plusieurs endroits ou on peut trouver toutes sortes d’artisanat et d’objets traditionnels Japonais à bon prix.

L’endroit le plus célèbre dans Asakusa est probablement le temple de Senso-ji. C’est un énorme temple bouddhiste entouré de toutes sortes de temples et sanctuaires plus petits. Senso-ji est également connu pour la grande porte de Kaminarimon, qui signifie « porte du tonnerre ». Cette porte imposante ouvre sur une grande allée bondée de petites boutiques et de kiosques qui vendent de tout. Le tout est absolument bondé de monde et on a parfois peine à croire qu’il s’agisse d’un temple. J’ai passé tout un avant-midi à déambuler dans les vieilles rues d’Asakusa, à me promener parmi les temples, les boutiques et les petits restaurants. Je n’ai malheureusement pas pu prendre de bonnes photos de Senso-ji parce que le bâtiment principal était en réparations et couvert d’échafaudages. J’y ai tout de même fait quelques bons achats, et j’ai également pu goûter à la crème glacée au sésame noir qui, malgré sa ressemblance à du ciment, était tout à fait délicieuse.

Kaminarimon, la grande porte du tonnerre qui mène au temple de Senso-ji.

Une fois Kaminarimon passée, ce sont les allées de boutiques et d’attrape-touristes!

Une des pagodes près du temple principal de Sensoji.

Une des rues aux nombreuses boutiques d’artisanat.

Ca ressemble à du ciment, mais c’était très bon, je vous assure!

Après avoir visité Asakusa et l’ancienne Tokyo, je me dirigeai vers un quartier résolument moderne, j’ai nommé Ginza. Ginza, c’est le coin de Tokyo pour tout ce qui est magasinage de haute gamme. Évidemment, comme partout dans Tokyo, on y retrouve toutes sortes de boutiques, mais Ginza est connue pour ses magasins de haute gamme. La majorité des grands « department stores » de Ginza étant hors de portée de mon budget modeste, je me suis contenté de me promener et de prendre quelques photos, mais ça valait le coup. Mon séjour à Ginza fut cependant quelque peu terni par la présence bruyante et agressante de prêcheurs de Bible qui nous cassaient les oreilles en nous lisant la Bible à travers leurs camions haut-parleurs. Enfin, quand leurs déblatérations eurent raison de ma patience, je m’enfuis dans le métro et me dirigeai vers Shibuya.

Oui, il y a du monde, à Ginza comme partout dans Tokyo!

Le Kabuki-za, théâtre Kabuki de Ginza. Évidemment, c’était fermé pour la fin de l’année et je n’ai pas pu visiter.

Ginza à la brunante.

Shibuya est un autre de ces quartiers ultra-modernes de Tokyo. Sans le côté ancien d’Asakusa ou le côté glamour de Ginza, Shibuya ressemble à Shinjuku. Beaucoup de monde, beaucoup de boutiques, beaucoup de lumières, et beaucoup de night spots. C’est impressionnant, mais avec la foule, le bruit, c’est un peu stressant de s’y promener seul. J’aimerais bien y retourner avec une gang d’amis un de ces quatre, je suis sur qu’on pourrait s’y taper une virée pas trop mal.

En sortant de la gare de Shibuya. J’aurais probablement pu traverser la rue en faisant du body-surfing.

Shibuya, avec ses lumières, des tas de gens, et même un Subway! Tokyo à son meilleur!

Voilà donc qui clôt ma seconde journée dans la capitale de l’Est. Soyez à l’écoute pour le troisième et dernier épisode de mes aventures dans Tokyo!

Publié par : Francois | janvier 2, 2010

Tokyo Tales (part I)

Joyeux Noël!

Enfin, comme je vous l’avais dit, ici, dans les tranchées de la vieille Kumamoto, c’est facile d’oublier l’existence de Noël. J’ai passé un Noël très agréable, à faire ce que j’aime, c’est à dire aller au Budokan pour pratiquer mon kendo, manger du curry, boire une bonne bière, prendre un bon bain et dormir. Ca peut sembler un peu solitaire, et ça l’était effectivement, mais bon, je n’ai fait que ce que j’avais envie de faire, et, après tout, n’est-ce pas pour celà qu’on a les vacances des Fêtes?

Et en plus, comme je vous l’avais dit, il fallait que je me garde de l’énergie pour mon excursion vers la plus grande, la plus populeuse, la plus big des villes du Japon et du monde, j’ai nommé la grande Edo, la capitale de l’Est, la ville qui ne dort jamais: Tokyo.

Je dois vous avouer que j’étais à la fois excité et terrifié par mon voyage à Tokyo. Je me répète, et de toute façon, c’est bien connu, Tokyo est une énorme ville, très étendue et surtout excessivement dense. J’avais peur, très peur, de tout simplement me perdre en sortant de l’aéroport, de ne jamais trouver mon hôtel et d’être forcé de coucher dans la rue.

OK, vous savez, je suis de Québec. À Québec, on a des autobus. Soit, il y a des trains pour les marchandises, mais des trains pour les passagers, c’est pour sortir et aller vers d’autres villes. À l’intérieur de l’agglomération, c’est l’autobus, ou encore sa propre voiture. À Kumamoto, nous avons 2 lignes de train, un tramway, et plusieurs autobus. Et j’ai ma voiture. Alors ça fonctionne. À Tokyo il y a… combien de lignes de train et de métro? Juste sur la petite carte qu’ils vous donnent en sortant de l’aéroport, j’en compte plus d’une vingtaine, et ca ce sont uniquement les lignes principales à l’intérieur de la ville. Juste pour me rendre à mon hôtel de l’aéroport, j’avais 3 trains à prendre. Pour moi qui n’avais jamais pris le train avant d’arriver au Japon, vous comprenez que j’étais terrifié.

Quand je vous dit qu’il y a du monde…

Fort heureusement, et à ma grande surprise, tout s’est déroulé très rondement. Tokyo est une ville ou il faut voyager en train, et tout est organisé en conséquence. C’est très facile de changer de train, les lignes de train et de métro sont souvent connectées. Même que pour certaines des lignes principales, les plateformes sont jumelées, et pour changer de train on a qu’a sortir de son train, faire un 180 et entrer dans l’autre. Enfin, tout celà pour dire que je n’ai eu aucune difficulté à m’orienter et à me rendre ou je voulais. Mais il y a du monde, du monde pressés, stressés qui n’ont aucune réserve à pousser et à donner du coude pour se rendre ou ils ont besoin d’aller. Mais assez de temps perdu sur mon émerveillement enfantin devant le système de transport de Tokyo. Ou suis-je allé?

Le premier jour, c’est-à-dire le 27, je suis arrivé a Haneda vers les 18h00, et à mon hôtel vers 19h00. Ma première destination fut Shinjuku. Shinjuku, c’est un des quartiers centraux de Tokyo. Remarquez que je ne dis pas « le » quartier central, parce qu’il y en a plusieurs. Mais Shinjuku est sans doute le plus important et le plus connu. Je me dirige donc vers la gare de Shinjuku, qu’on dit être une des plus achalandées au monde.

Quoi dire sur Shinjuku. L’image de la ville ultra-moderne Japonaise, avec les néons partout, les gratte-ciel et du monde partout, que bien des gens ont vient probablement de Shinjuku.

J’ai donc déambulé dans Shinjuku un moment. J’ai pu retourner voir l’hôtel Keio, hôtel ou j’avais passé mes toutes premières nuits au Japon, il y a bientôt quatre ans de celà. Si, à cette époque, j’avais été complètement ébloui par les lumières et l’immensité de la place, j’étais maintenant capable de me fondre à travers la foule et de m’orienter sans paniquer. L’expérience il faut croire! Ca, et le GPS sur le cellulaire…

Un des endroits que j’avais le plus hâte de voir dans Shinjuku, c’est Kabuki-cho. Rien à voir avec le théâtre Kabuki, Kabuki-cho est le red-light district de Shinjuku. Pas que je sois un consommateur assidu de ce genre de services, ni même un fan du concept, mais c’est la que se déroulent plusieurs films et jeux vidéo de yakuza (gangsters Japonais) dont je suis un amateur. Je voulais donc voir de quoi ca avait l’air en vrai.

La fameuse porte de la rue centrale de Kabuki-cho. L’enseigne se lit « Kabuki-cho ichiban machi » (Kabuki-cho, le quartier numéro 1!)


Beaucoup de monde, beaucoup de lumières, beaucoup d’enseignes roses plutôt louches, beaucoup de bouncers et de pimps qui essaient de vendre du sexe (et dans la langue et la variété de votre choix, déconcertant). Beaucoup de salarymen qui font un petit détour avant de rentrer chez eux sur le dernier train. Beaucoup, et bien que ca ne m’aie pas surpris le moins du monde, je trouve quand même ca un peu déconcertant, de filles faisant la rue habillées en écolières. J’ai même vu de vrais yakuza! Enfin, je ne vous raconte pas tous les détails, mais je suis tout de même content d’avoir vu Kabuki-cho de mes yeux, même si ce n’est pas nécessairement l’endroit le plus glamour à visiter.

J’en profite ici pour vous présenter un établissement essentiel au night-life Japonais: le « muryo annai jo ». « 無料 » (muryo) singifie « gratuit »  »案内所 » (annai jo) singifie centre de guidance/information. On peut donc traduire le tout « centre d’information gratuit ». Maintenant, vous allez me dire que c’est tout innocent, et même bien qu’il y ait des kiosques d’information comme ca pour aider les gens.

Je porte votre attention sur la couleur du lettrage et aux deux petits symboles bleus dans les coins sur l’affiche. C’est le petit symbole qui signifie « 18, pour adultes seulement ». Ce qui est, soit dit en passant, légèrement tordu, puisqu’on est adulte à 20 au Japon, pas à 18. Mais ne nous attardons pas aux détails. Vous aurez deviné que l’information qu’on retrouve dans ce genre d’endroit est disons, assez « spécialisée ». Si c’est quelque chose que vous êtes trop gêné de demander sur la rue, vous pouvez le demander sans crainte dans un « muryo annai jo », et ils vont surement pouvoir vous aider. C’est même écrit sur l’affiche « 安心 » (anshin, sans crainte). Ce n’était pas la première fois que je voyais ce genre d’endroit, on en a même quelques uns à Kumamoto au centre-ville, mais dans Kabuki-cho, il y en avait un à chaque coin de rue (littéralement) et ça m’a fait sourire.

Enfin, cela conclut ma première journée dans la grande Edo. Si j’essaie de tout raconter mes aventures dans Tokyo en un seul post comme je le fais d’habitude, je n’aurai peut-être pas fini avant le mois prochain, alors je vais séparer le tout en plusieurs chapitres. La suite bientôt!

Publié par : Francois | décembre 16, 2009

Santa Claus is Coming

Vous savez, ici, à Kumamoto, c’est très facile d’oublier l’existence de Noël, voire même de l’hiver. Bien sûr, la température est tombée, il fait maintenant assez frais le matin et les écoles ont sorti les horribles poêles au kérosène, et il y a des décorations dans les centres d’achat. Mais il n’y a pas de neige, pas de glace, pas de -20, pas de pelletage, pas de slush… bref, la vie ne fait que continuer. C’est à un point tel que lorsque, la semaine dernière, une de mes collègues du département d’Anglais me demande de préparer une leçon sur Noël, je dois vous avouer que je suis resté pas mal bête! Une leçon sur quoi? L’arbre, les cadeaux, le poulet (oui parce qu’au Japon ils n’ont pas de dinde), le gros barbu… ah oui, Noël!

Enfin, tout ca pour dire que la vie continue, un tantinet plus frais, il est vrai, au même rythme. Remarquez que c’est le premier hiver que je passe au Japon dans mon nouvel appartement, qui, bonheur, est doté d’un bain dans lequel je peux entrer! Un bain, c’est comme la lessive pour la vie. On réchauffe, on laisse tremper et ramollir un peu, on sèche et on repart a neuf! Ces temps-ci, mon horaire se résume à boulot-kendo-bain-dodo, et bien que ca ne soit pas particulièrement imaginatif, ca me suffit. Les vacances de Noël s’en viennent et je suis sur que je vais être suffisamment occupé, alors vaut mieux se garder de l’énergie.

Pour en revenir à ce que je voulais dire, deux paragraphes plus tard, c’est que malgré mon indifférence surprenante face à la venue prochaine de Noël, le Père Noël lui n’a pas oublié, et est venu laisser (fort peu cérémonieusement, je dois le dire) mon cadeau devant ma porte cet après-midi.

Je me demande ce qu’il peut bien y avoir dedans!

Sur ce, je vous laisse, c’est l’heure du bain!

Publié par : Francois | décembre 9, 2009

Late Autumn Wisdom

Bonsoir à tous,

Vous savez, je me dis toujours que je devrais updater mon blog plus souvent, que je devrais être plus assidu, que je devrais y poster plus de photos, parce qu’il y a des gens qui m’aiment (ou qui m’haïssent, mais à ces gens je me dois de dire que vous êtes vraiment bizzares) et me suivent et veulent savoir ce qui ce passe de bon dans la lointaine province de Kumamoto. J’essaie de faire comme d’autres bloggers que je lis moi-même, de poster des petites tranches de vie à chaque jour. Mais vous me connaissez, même le plus humble et le plus bref de mes posts a tendance à prendre des proportions épiques, tant j’ai de choses à dire. Je me présente donc aujourd’hui, sans excuse ni contrition pour ma lâcheté. Enfin, pour ma défense aujourd’hui, je vous ferai simplement remarquer que malgré la modeste fréquence de mes posts, chacun d’entre eux est une œuvre en soi, dont la qualité littéraire et la longueur surpassent largement la tranche de vie quotidienne offerte par tant de bloggers.

Ma supériorité affirmée et mon égo satisfait, permettez moi d’entamer ma chronique de fin d’automne. Ah, que c’est-il donc passé depuis que nous nous sommes jasé. Ma nouvelle vie dans la ville ou on a bâti l’armée se porte bien. Je commence à être habitué à mes nouvelles écoles, et bien que je sois beaucoup plus occupé que quand j’étais à la campagne, je n’ai pas grand-chose à redire côté travail. J’ai aussi la chance d’avoir une patronne en or, un contraste aussi frappant qu’heureux avec mon ancienne affectation. Le seul « problème » auquel je fais face au travail, ce sont mes collègues, les autres ALT. A Kikuchi, nous n’avons jamais été plus que 4. Les relations de travail étaient donc beaucoup plus simples. Ici, en ville, nous sommes 25. Vous le savez, n’importe quel milieu de travail est propice au bitchage. L’isolation culturelle, la langue ne font qu’amplifier le phénomène. Enfin, tout cela pour dire que règle générale, je me tiens loin de la tribu du bureau. Étant à ma quatrième année de service, je suis maintenant parmi les « sempai », c’est-à-dire les anciens parmi le groupe. La hiérarchie et la relation senior-junior est très ancrée dans les milieux de travail au Japon, et bien que je n’en sois pas le plus grand fan, je me contenterai de dire que j’ai eu l’occasion d’utiliser mon rang pour aider ma patronne face à certains de mes juniors… qui ont parfois tendance à oublier ou ils sont, quel travail ils font, et a quelles conditions ils ont droit. Les gens qui n’apprécient pas ce qu’ils ont et se plaignent constamment me rendent méchant. Je ne me lance pas dans cette discussion, mais bon, vous savez probablement que l’économie Japonaise a déjà connu des jours meilleurs et qu’il y a beaucoup de gens qui nous envient. Je ne dis pas qu’il faudrait qu’on nous baisse notre salaire pour faire juste, mais, disons que ca me motive à travailler encore plus pour prouver que je mérite ce que je gagne.

Vous savez, avec le travail que je fais, l’environnement dans lequel je vis, mes interactions avec mes collègues, bref, avec la vie que je mène, il m’arrive constamment des aventures et mésaventures, lesquelles je me ferais un plaisir de partager avec vous si je ne manquais pas autant de discipline. Il y a vraiment toutes sortes de trucs qui nous arrivent. Pensez à tout ce qu’il pourrait arriver à un étranger qui vit seul loin de chez lui dans un environnement souvent fascinant, légèrement bizarre et parfois hostile, et ca m’est probablement déjà arrivé, et si ça ne m’est jamais arrivé à moi, c’est fort probablement arrivé à quelqu’un que je connais. Et s’il est une chose que j’ai réalisé depuis mon entrée dans ce petit cercle fermé (mais tout de même plus étendu qu’à l’époque de Kikuchi) qu’est la communauté de JET de la ville de Kumamoto, c’est que, pardonnez mon Japonais, je suis fait tough. Vous savez, cela fait maintenant trois ans et demi que je suis dans les tranchées. Il m’est arrivé plusieurs aventures, plusieurs mésaventures, et si j’ai réussi à passer au travers avec autant de succès, c’est que je me suis rendu compte assez rapidement qu’il fallait se doter d’une armure. J’ai réussi à développer assez rapidement une espèce de sérénité face à ce qui m’arrive ici, le bon comme le mauvais. D’accord, par moments, je me fais dire que je n’ai pas de fun, mais bon, je n’ai jamais fait de dépression, de burn-out, je ne suis ni alcoolique ni médicamenté. Pas de quoi se vanter, vous me direz, et je serais prêt à vous donner raison si je ne savais à quel point ces afflictions étaient répandues parmi la communauté d’expats de Kumamoto.

Je ne sais pas trop pourquoi c’est sorti comme sujet. Je crois que ca fait si longtemps que j’essaie d’écrire ce post, et que j’avais tant de choses à dire, que j’ai fini par complètement perdre le fil de ce que je voulais dire. Enfin, quand je me compare aux gens autour de moi, j’imagine qu’être capable d’écrire un post de plus de 1000 mots qui démontre à quel point, envers et contre tous et malgré un environnement hostile et des dangers constants (sentez ici le sarcasme), et bien, c’est un petit plaisir et une petite victoire que je me permets de savourer, tout comme je m’apprête à savourer un bon bol de curry maison bien chaud.

Avec du brocoli dedans.

A la prochaine, qui sera, je vous l’assure, bientôt.

Publié par : Francois | octobre 14, 2009

The Way of the Sword

Quand j’étais étudiant à l’université, il y a de celà maintenant plus de trois ans, j’étais membre du club d’iaido. Le iai, c’est, expliqué vulgairement, l’art de dégainer et de frapper simultanément et rapidement. Il y a de nombreuses « écoles » ou 流 (ryu) avec leurs techniques et leurs formes distinctes.

Jusqu’à récemment, il m’a été difficile de poursuivre la pratique du iai ici au Japon. Pour plusieurs raisons, qui incluent la petitesse et l’isolation de Kikuchi, l’intensité de ma pratique du kendo dans ma dernière année, et beaucoup de paresse. J’arrivais à m’exercer l’été dans le dojo de mon école avant la pratique de kendo, mais sans régularité ni sensei pour me guider, ce n’était pas l’idéal. Je ne suis pas fier de mon manque d’assiduité, et je paie pour à chaque fois que je mets les pieds au dojo et que je prend mon sabre en main.

Parce que j’ai finalement recommencé à pratiquer le iai de façon sérieuse.

DSC02712

Je vous présente le Kumamoto Budokan.

C’est le dojo préfectural, probablement le plus gros de la préfecture. Il y a un dojo de kendo au premier étage avec des estrades, avec deux dojos plus petits et un gros dojo avec des tatamis pour le judo et l’aikido au troisième. Les seules choses qui manquent, ce sont des vestiaires et des espaces de stationnement. Enfin, il y a en a, juste, pas assez, et le samedi il faut arriver tôt pour pouvoir se stationner et se changer. J’irais bien en train, mais un équipement de kendo, c’est lourd, ca pue, et ca se transporte mal dans les trains plutôt exigus de la ville.

Mais ca reste tout de même un dojo extraordinaire. Kumamoto est une région assez traditionnelle (dans un pays déjà pas mal conservateur), et il y a une population de haut gradés et de pratiquants très expérimentés et dévoués. Il y a probablement plus de 7e et 8e dan de n’importe quel art martial ici a Kumamoto qu’au Canada au grand complet (et pourquoi pas en Amérique du Nord).

DSC02809C’est le dojo de kendo, au premier étage. J’ai pris la photo des estrades au deuxième. C’est suffisamment grand pour que le samedi on puisse être plus d’une soixantaine de kenshi (kendo-istes) à pratiquer sans se marcher sur les pieds, du moins, pas trop.

Pour le kendo, a tous les soirs de semaine. Il n’y a pas de classe organisée ou de cours. Les kenshi haut gradés (7, 8 dan) s’alignent du côté du kamiza (l’autel que vous voyez au centre de la photo). Les autres vont de l’autre côté du dojo et font la file devant le sensei avec lequel ils veulent s’exercer. Enfin, je ferai un autre post plus détaillé sur le kendo une autre fois.

Tout ca pour dire qu’à travers la multitude de pratiquants d’arts martiaux de haut niveau qui fréquentent le Budokan, j’ai finalement réussi à trouver un groupe de iai et un sensei pour m’accepter dans son dojo.

Il s’agit du dojo de Kimura sensei. Kimura sensei est un samurai, un vrai. Il ressemble à ces sensei qu’on voit parfois dans les films. C’est un homme assez âgé, et il ne prend pas souvent son sabre en main pour nous enseigner, mais dans sa voix et dans son maintien, il inspire la confiance et le respect. Il est sévère, impitoyable même envers ses élèves. Il fait parfois peur, mais on voit qu’il se préoccupe vraiment de ses élèves.

La pratique se déroule le dimanche chez Kimura sensei. On installe des bâches bleues de pique-nique avec des tatamis, et on s’exerce dehors. Qu’il fasse chaud, froid, neige ou vente, ça fait partie de la pratique. Le tout se déroule sous le regard attentif et sévère de Kimura sensei. C’est épuisant et demandant comme pratique. Le dimanche, je me lève a 7 heures pour aller au dojo, je rentre chez nous à midi, et je dors jusqu’a 4 heures. C’est à ce point.

C’est un entraînement spartiate, mais les progrès sont à la mesure de l’entraînement. À ma deuxième semaine chez Kimura sensei, il demande à me voir après la pratique. Il me dit « Tu peux passer ton examen de 1ère dan le mois prochain. » Et moi de répondre « Avec un peu moins de deux mois de pratique, je n’ai pas confiance en ma technique… » Kimura sensei balaie mon inquiétude d’un revers de son sabre de bois. « Si tu me dis que tu vas te présenter au test, moi je vais m’arranger pour que tu sois sois capable de le faire. » Évidemment, je ne pouvais pas refuser, et c’est ainsi que je suis officiellement devenu l’élève de Kimura sensei.

DSC02813C’est le badge du dojo Kimura avec mon nom « Tremblay » en Japonais dessus.

Le dit examen était le Dimanche 4 octobre. Il y avait environ une quarantaine de kenshi de différents niveaux venant de plusieurs dojo. Il y avait d’abord l’examen écrit. Il nous fallait répondre à quelques questions sur les principes de base du iai ainsi que nommer les parties du katana. En Japonais. J’avais passé de longues heures à étudier et à me préparer alors cette partie fut surprenamment facile pour moi.

C’est le « enbu », la démonstration de techniques devant les sensei, qui m’inquiétait le plus. Oui, j’ai fait du iai trois ans à l’université, mais il s’agit ici d’un style complètement différent. Au dojo à l’université, on pratiquait principalement le style « Musoshinden ryu », mais ici au Japon, tous les kenshi pratiquant le iai doivent d’abord apprendre une série de techniques de base, le « seitei » iai. Et bien que j’aie déjà dans une vie antérieure pratiqué le seitei à l’université, j’avais évidemment tout oublié et il a fallu tout reprendre du début.

Avec tous les conseils, recommendations et corrections que j’ai reçues de mes sensei et sempai au dojo, j’étais convaincu que ma technique était complètement invalide, et ma confiance en moi en avait pris un coup.

Enfin, une fois au Budokan pour l’examen, il était un peu tard pour avoir des doutes. Et avec tous ces sensei et kenshi d’autres dojo présents, ma fierté (et peut-être aussi ma peur de Kimura sensei…) ont pris le dessus sur mon inquiétude.

Je ne pourrais pas vous dire comment s’est déroulée ma démonstration. Du moment ou j’ai passé mon katana à ma ceinture au moment du dernier salut, il y a comme eu une sorte de vide, et je ne me souviens pas bien de ce qui s’est passé. Je sais que j’ai fait mes kata sans me tromper, et que je les ai fait plus rapidement que les deux autres élèves du groupe. Mais je n’avais aucune idée si j’avais bien fait ou si j’avais complètement raté.

Enfin, maintenant que je connais les résultats et que j’ai vu le vidéo, je peux vous dire que j’ai passé, et avec un certain panache si je me permets. Juste avant l’examen, Kimura sensei nous avait dit à nous, les trois nouveaux, que nous étions déjà 1ere dan à ses yeux, et que ce qu’il voulait voir, c’est à quel point nous étions proches du 2e dan. Je ne le croyais pas trop, mais après avoir vu les élèves d’autres dojo, il faut admettre qu’il y a une différence entre notre dojo et les autres. La sévérité et le sérieux de l’entraînement paraissent dans de telles occasions.

Enfin, tout celà pour dire que je suis maintenant membre gradé 1 dan de la fédération Japonaise de kendo (qui est également en charge du iai à travers le pays), en plus d’être élève d’un vrai dojo à l’ancienne, à l’entraînement spartiate et au sensei sévère. C’est une chance immense que j’ai, et j’ai l’intention d’y mettre toute mon énergie. C’est une route qui ne fait que commencer, et je vais continuer à vous en conter l’histoire ici, si bien sur, vous me faites l’honneur de me lire.

Publié par : Francois | septembre 24, 2009

Ma Nouvelle Vie

Oui, aujourd’hui je vous parle de ma nouvelle vie dans la ville ou l’armée fut bâtie. Oui, car je vous écris maintenant de ma nouvelle adresse dans le quartier de Shinsei, 新生 (nouveau et vie), dans l’arrondissement de Kengun 健軍 (construction et armée). Kengun n’est pas le centre-ville de Kumamoto, mais c’est un arrondissement encore très urbain, avec centres commerciaux, transport en commun et autres commodités, mais qui demeure tout de même relativement tranquille. Mon nouvel appartement est fort bien situé, à environ 30 secondes d’une station de tramway et d’autobus. A date, le tramway m’emmène pas mal ou je veux et j’ai toujours ma chère Celica qui elle m’emmène toujours ou je veux.

Après un mois d’aout et un début de septembre assez frénétiques et occupés, je peux maintenant déclarer la folie du déménagement et de la nouvelle affectation sous contrôle, à défaut d’être entièrement terminée. Comme c’est le cas également ailleurs j’imagine, changer d’adresse et de lieu de travail implique une quantité appréciable de paperasse et de bureaucratie que mon statut de barbare, même enregistré et vacciné, ne simplifient guère. Je vous épargne les détails, mais suffit de dire que je me suis promené à gauche et à droite et que j’en ai rempli des formulaires. Imaginez vous la maison qui rend fou des douze travaux d’Astérix, mais à l’échelle de la préfecture.

Je ne suis même pas encore complètement débarassé de la paperasse, mais comme le reste, c’est sous contrôle. Pour le reste, je suis très content d’avoir déménagé en ville. Kumamoto n’est pas une métropole à l’échelle de Tokyo ou d’Osaka. C’est une petite ville, mais bon, c’est une petite ville dans un pays de 340 habitants au km carré! Nul besoin de vous dire que c’est plus gros et plus dense que Québec. Ca circule fort mal en voiture, mais par chance, j’ai rarement à conduire pour aller travailler. J’ai déja eu l’occasion de vous donner mon opinion (très basse) de l’organisation des routes et de la circulation au Japon à plusieurs reprises, et mon déménagement en ville n’a rien changé face à cela.

Comme je le disais plus tôt, j’ai eu un mois d’aout assez occupé. Ajoutez à cela que j’ai été, en raison de plusieurs screw-ups de ma part, de la part de ma boss et de la part de la compagnie, privé d’internet pour la majeure partie d’aout… Je n’essaie pas de me trouver des excuses pour mon absence, mais bon, la situation étant ce qu’elle est… Je sais que je devrais être plus assidu, mais si cela peut vous rassurer, il n’y a pas que mon blog qui fait les frais de ma paresse. J’aurai plus de temps au cours des prochains jours pour vous conter mes histoires d’été (parce qu’il y en a eu, oui), alors restez au poste!

Bonne fin de journée!

Publié par : Francois | juillet 26, 2009

New Horizons

Le mois de juillet s’achève, et, dans exactement 3 jours, ce sera le 30 juillet, journée qui viendra mettre fin à mes trois années passées à Kikuchi. Je pourrais essayer de faire mon philosophe, de sortir une réflexion quelconque sur ces trois dernières années. Je me contenterai seulement de dire que ca a passé très vite. Oui, je sais, quel cliché, mais c’est quand même ce qui me frappe le plus.

Voyez-vous, je vis depuis trois ans dans une sorte de bulle temporelle. Pas nécessairement que le temps semble s’arrêter ici, mais, comment-dire, disons qu’il s’écoule différemment. Personnellement, j’ai changé et évolué au cours de ces trois ans comme il est normal pour qui que ce soit d’évoluer avec le temps. Mais par moments, j’ai l’impression que le monde autour de moi, lui, ne change pas, ou change très lentement, ou encore que seules certaines parties changent.

Cela fait un bout de temps que je m’en suis rendu compte. Six mois, pour être exact. Quand je rentre au pays. Dans ma tête, je suis conscient du passage du temps, et qu’avec les années les choses et les gens changent. C’est épais, vous allez me dire, et vous avez raison. Pourtant, je n’arrive pas à me dégager de cette impression que, quand je rentre au pays, tout doit être exactement comme je l’ai laissé il y a déjà trois ans.

C’est bête et ca sonne très cliché, je sais, mais bon, c’est ce qui me passe par la tête présentement. Je sais, ce n’est pas très intéressant, mais c’est quand même mieux que de vous parler du ménage de mon apartement et de mes bagages, emboîtés et empilés qui attendent avec impatience le jour du déménagement. De ma chère Celica, ma fière comète d’argent réduite au rôle d’animal de bât.

Enfin, tout celà pour dire que le déménagement commence finalement demain, et que, kami, esprits et ancêtres aidant, le tout devrait être terminé d’ici mercredi. J’ai hâte, d’autant plus que j’ai hâte de commencer mon nouveau travail, d’explorer la ville, et de recommencer a faire du kendo.

Ah, j’oubliais. Pour des raisons techniques ennuyeuses et emmerdantes, je me retrouve sans internet à la maison jusqu’au 13 août dans le meilleur des cas. Pas que j’aie, comme vous le savez, besoin d’une excuse pour m’absenter, mais bon, je tenais à en faire l’annonce.

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de, et au plaisir de vous rejaser, live from Kengun, Kumamoto City!

Publié par : Francois | juin 29, 2009

Que la Pluie Soit

— UPDATE —

Ca fait maintenant deux jours que nous sommes sous une alerte de pluie intense ici à Kikuchi. On nous annonce plus de 300 milimètres de pluie par jour pour la prochaine semaine, avec vents forts, tonnerre, et inondations possibles. C’est la joie.

— UPDATE —

Pour tous ceux qui s’inquiétaient de l’absence de saison des pluies et qui s’empressaient de paniquer et de blâmer le réchauffement climatique, je tiens à vous dire, que, comme d’habitude, j’avais raison et vous êtes dans les patates. La saison des pluies n’est pas disparue, elle était seulement en retard d’une dizaine de jours. De la flotte, il en tombe depuis quatre jours. Et comme la saison des pluies dure habituellement un mois environ, nous allons être pris avec de la flotte jusqu’au mois d’août, soit en plein dans la période de mon déménagement.

Je vous le dit, l’an prochain, je change ma Celica pour un Humvee, question de faire ma part pour le climat et de nous débarasser de la saison des pluies maudite.

Oui, je sais, les fermiers et les agriculteurs en ont besoin de la pluie. Oui, du riz, ca prend beaucoup de flotte pour pousser. Mais je suis un être humain, un mammifère terrestre et diurne. Passer un mois à la flotte, les deux pieds dans l’eau, dans une chaleur dépassant les 30 degrés, sans voir le soleil, c’est peut-être la fête pour la grenouille, mais pour la tortue terrestre que je suis, c’est emmmerdant, et ca met de mauvaise humeur.

Bonne fin de journée!

Publié par : Francois | juin 18, 2009

La Mouche

Je sais que je me répète. Je sais que j’ai l’air de radoter avant mon temps.

J’en suis désolé, croyez moi.

Mais est-ce de ma faute, si les évènements continuent obstinément de me donner raison?

Je vous avais fait part, il y a quelque temps, de mon inquiétude face au culte de la personnalité qui était en train de se développer autour du nouveau secrétaire-général président des États-Unis, Jésus Barrack Obama Christ. Je m’inquiétais de l’attention excessive et maladive portée par les médias et le peuple envers le moindre geste, la moindre parole, le moindre pet de Jésus Obama.

Encore une fois, j’avais raison.

http://ca.news.yahoo.com/s/capress/090617/koddities/us_obama_dead_fly

Après Barrack Obama, la grand-mère de Barrack Obama, la femme de Barrack Obama, les filles de Barrack Obama, le chien pas de poil des filles de Barrack Obama, je vous présente, la mouche tuée par Barrack Obama.

Bonne fin de journée.

Publié par : Francois | juin 17, 2009

Une Promesse

Nous avons maintenant passé la mi-juin. Ce qui signifie que la saison des pluies devrait théoriquement être en marche et qu’il devrait nous tomber des litres et des litres d’eau dessus jusqu’en juillet.

Au lieu de cette pluie continuelle, de ce temps gris et moche, de cette absence de lumière et des inondations et de l’humidité qui vient avec, il fait beau soleil. Il fait beau, il fait chaud, pas un nuage dans le ciel.

C’est agréable comme température.

Si j’en entends UN SEUL, un seul pas-content qui ne serait-ce qu’insinue qu peut-être il pourrait s’avérer qu’il s’agisse du réchauffement de la planète, je vous fais la promesse ici, maintenant, que cette personne mourra d’une façon brutale, violente et douloureuse.

Messages Plus Anciens »

Catégories