Des fois je me pose des questions sur ma capacité à enseigner l’Anglais.
Remarquez bien, ce n’est pas sur ma compétence que j’ai des doutes. Non, quand même, avec mon diplôme, mes capacités et mon background, ce serait de la modestie mal placée.
Mais rappelez-vous comment j’ai appris mon Anglais. Dur a dire. Je l’ai appris de plusieurs façons. En jouant à Dragon Quest, en écoutant Sesame Street. En ravalant ma fierté et en allant voir Star Wars Episode I en Anglais quand il est sorti au cinéma (quand j’y pense, c’était le premier film que j’ai vu en VOA de ma vie… en 1997, 10 ans déjà). La seule chose que je peux dire avec certitude, c’est que j’en ai appris fort peu a l’école.
Oui, je crois que j’ai appris mon Anglais de bien des façons, mais pas à l’école. Et je crois que c’est bien ainsi. Et je crois que ca m’a donné un niveau d’Anglais immensément supérieur a la moitié des Québécois moyens (l’autre moitié ne le parlant pas par choix, ils ne valent même pas la peine d’être comptés).
Pour en venir a ma plus grande (et peut-être) fatale faiblesse en tant que prof d’Anglais. De par mon expérience personnelle, et ce que j’ai pu observer, malgré mes efforts pour croire le contraire, je crois, dans mon fort intérieur, que c’est impossible d’apprendre une langue à l’école. On n’apprend pas une langue. On la “pick-up”. On la lit, on la voit, on l’écoute, certes sans la comprendre au début. Mais ce n’est pas en se la faisant gaver de force qu’on l’apprend vraiment.
L’apprentissage “forcé” (par opposition a l’apprentissage naturel) est loin d’être inutile, mais il n’est pas le moteur premier du développement d’une langue seconde. Avec des cours, on corrige les erreurs de “pick-up”, on perfectionne, on s’explique ce qu’on sait mais qu’on ne comprend pas vraiment. Mais ca ne remplace pas l’exposition, l’expérience, les essais et les erreurs.
Je ne dis pas que j’ai raison et que tous les profs qui enseignent une langue étrangère perdent leur temps. Mais je pense qu’en tant que prof, cette disposition me nuit dans mon travail. Et ca n’aide pas que certaines particularités du système Japonais font ressortir et exacerbent cette croyance.
Enfin bref, tout ca pour dire que des fois je fais mon travail sans trop croire que je puisse faire une différence. C’est un peu dur a décrire comme feeling, et comme bien des trucs que j’écris ici, ca paraît pire que c’est. Je vais bien, j’aime toujours mon travail, c’est ce qui compte.
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