The Barbarian and the Geishas

Entrée de mai 2008

Just Another Day…

mai 30, 2008 · Laisser un commentaire

Ah, une autre journée de faite. Il fait chaud aujourd’hui, et j’avais quatre heures de cours au primaire aujourd’hui. Ca s’est bien passé, mais je suis crevé, pas besoin d vous faire un dessin, et je ne suis pas faché d’avoir ma fin de semaine devant moi.

Attendez, ça peut pas se terminer sans que je chiale un peu!

Je vous ai souvent glissé dans mes écrits que l’efficacité et le sens de l’organisation étaient des concepts barbares et donc peu présents au Japon.

Je vous donne un exemple, et vous en faites ce que vous voulez.

A mon école primaire, il y a une piscine extérieure. De mai à juillet, les jeunes ont des cours de natation en éducation physique.

C’est bien une piscine, d’autant plus qu’il fait très chaud ici à Kumamoto.

Deux problèmes avec la piscine. De un, ils la ferment en juillet. Pourtant, pas besoin d’un doctorat en climatologie pour se rendre compte que la piscine serait utilisable d’avril à octobre, minimum. Mais bon, des règles stupides sur les dates d’ouverture des piscines, il y en a partout.

Ce que je trouve bizarre, c’est qu’une fois la saison terminée, la piscine est tout simplement abandonnée. Pas de vidage de l’eau, pas de toile, pas de protection, rien. Donc, durant la saison morte, la piscine se retrouve pleine d’eau verte stagnante et puante (je sais, je stationne juste à côté), ce qui fait en sorte qu’a chaque année il faut aux profs une journée entière pour vider la piscine et faire partir toute la crasse, les algues et la pourriture qui s’y est déposée.

Ca serait pas plus simple de vider la piscine et de mettre une toile dessus?

Peut être, encore une fois, que c’est moi qui suis fou, et que les Japonais ont raison… peut-être. Mais quand même.

Bon, qu’est-ce que je mangerais bien pour souper…

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The Quotable Racists

mai 29, 2008 · Laisser un commentaire

Je suis occupé au travail aujourd’hui alors je n’ai pas le temps de me lancer dans une diatribe épique comme je le fais à l’habitude. Je mentionnerai seulement qu’il y avait une assemblée sur les droits humains dans mon école aujourd’hui et on y a parlé, entre autres, de racisme.

Ça a piqué ma curiosité et j’ai fait un peu de recherche pour montrer à mes collègues Japonais des exemples que même eux ne pourraient ignorer.

C’est une assez vieille qui a circulé amplement dans la communauté barbare, mais avec lequel mes lecteurs (et, bien évidemment, mes collègues Japonais) ne sont probablement pas familiers.

Contexte: Il y a de celà quelques années, un Américain naturalisé Japonais (= citoyen Japonais) vivant au Japon depuis plus longtemps que je suis au monde, marié avec une Japonaise et avec deux enfants, s’est vu refusé l’accès dans un onsen. Il s’agit d’un onsen dans la préfecture d’Hokkaido au nord, qui explique le pourquoi derrière l’affiche “Japanese Only” qui figure fièrement à l’entrée de son établissement.

The manager explained that drunken Russian sailors had caused trouble at
the facility in the past and the management wanted to keep such people out,
adding: “We can’t just ban Russians. That would be blatant discrimination…
So we ban all foreigners out of fairness.”

(Le directeur expliqua que des marins Russes en état d’ébriété avaient déjà causé des problèmes dans l’établissement et que la direction souhaitait garder de telles personnes hors de l’établissement, en ajoutant “Nous ne pouvons pas interdire [uniquement] les Russes. Ce serait de la discrimination flagrante… alors nous banissons tous les étrangers afin d’être justes.”)

C’est une vieille histoire alors je ne m’en fais pas vraiment. En fait, c’est de la discrimination si flagrante, vulguaire et évidente que c’en est presque comique, surtout pour un vétéran des tranchées comme moi.

Comme quoi il n’y a rien de mieux pour exemplifier le racisme hypocrite des Japonais que les propos d’un Japonais raciste qui s’ignore.

“Mais on sait que les Russes, ce sont des buveurs légendaires. Ils ne veulent pas avoir d’ivrognes dans leur établissement, c’est donc logique qu’ils interdisent les Russes! (et donc par extension tous les barbares, parce que notre capacité supérieure à imbiber fait nécessairement de nous des alcooliques). Et puis, c’étaient des marins, ils avaient donc probablement des tatouages partout!”

Que des Russes aient indisposé le propriétaire parce qu’ils étaient ivres, soit, je comprends et je compatis. Mais leur crime était il d’être îvres, ou d’être Russes? Si vous voulez éviter ce genre de problème, interdisez donc aux ivrognes l’entrée dans votre établissement? Une mesure d’autant plus efficace qu’elle vous protégera de tous les ivrognes, qu’ils soient Japonais, Russes, Américains, Chinois ou même Canadiens (me regardez pas comme ça, je n’ai encore été aux sources chaudes, euh, chaud). Précaution inutile. Tout le monde sait que les Japonais ont beaucoup trop de classe pour s’enivrer (je ne me lance même pas dans le contre-argument ici, ça prendrait trop de temps pour uploader les maintes photos prouvant mon point).

Même chose pour les tatouages. Pourquoi les tatouages sont-ils interdits dans les onsen? Ce n’est pas un crime d’avoir des tatouages au Japon, pourtant. “Mais les yakuza ont des tatouages!” Encore une fois, pourquoi ne pas bannir les yakuza de vos établissements?

Ah, oui, je vois. Ca serait probablement de la discrimination envers les yakuza.

Je vous laisse y penser.

Et puis, si je ne vous aurai pas fait réfléchir, au moins vous aurai-je fait rire.

Sinon, j’ai eu une bonne journée occupée à la job, et malgré la chaleur qui me fatigue (oui, parce qu’il fait 32 ici), je vais bien.

Bonne fin de jourd’hui!

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Intruder!

mai 26, 2008 · Laisser un commentaire

Il y a tellement d’ignorance et de racisme qui découle de cette ignorance répandue au Japon. Vous le savez déjà, mais je viens d’en entendre un autre exemple et, bien, je vous en fais part.

On vient d’avoir la “pratique d’exercice pour les mesures en cas d’intrus dans l’école” (désolé, c’est long, mais en Japonais il y a un mot pour ca tout court et gentil “hinan kunren”). Je vous en avais déjà parlé l’an dernier je crois. Outre le fait que les probabilités qu’un intrus dangereux se pointe dans ma petite école de campagne sont aussi élevées que celles que j’ai d’arriver à mannger un repas au Japon sans me faire dire “Wow, vous êtes doué avec les baguettes, Mr. le Barbare!”. Mais je diverge du sujet.

Enfin, moi pendant ce temps je reste peinard dans la salle des profs à faire mes corrections tranquille, alors ils peuvent bien s’exercer à ce qu’ils veulent, j’en suis fort aise. Mais c’est d’entendre la nurse de l’école jaser avec l’(épaisse) de bibliothécaire (attention, c’est pas que ne l’aime pas, mais plus je comprends son Japonais, plus c’est l’impression qu’elle me fait) de la situation et de ce qu’on devrait vraiment faire si jamais il y avait un intrus dans l’école. Je vous présente un doublage de leur conversation.

A: Ca s’est bien passé, non?

B: Ah oui. Les enfants se sont regroupés rapidement. C’est bien.

A: Mais est-ce que c’est vraiment sécuritaire de les faire se regrouper comme ça…

B: Mais oui. Si on était dans un pays étranger, l’intrus aurait probablement un pistolet alors ça serait dangeureux. Mais nous sommes au Japon alors c’est correct que les enfants se regroupent.

A: Ah, bien sûr.

Encore une fois, on ne se prend pas la tête à essayer de démêler les différentes régions du Barbaricum et dire qu’on parle des États-Unis. Tout le monde sait qu’il n’y a que deux pays sur la planète Terre: le Japon et Gaikoku (pays de l’extérieur).

Au Japon, on entend ce genre de trucs dans la rue, au bureau, à la télé, et c’est normal. Tout le monde s’en fout. C’est évident. Personne ne s’indigne. On en rit, mais plus souvent, aucune réaction, tant c’est normal et accepté et répandu, cette idée que le Barbaricum est un endroit horrible et bizzare, et que le Japon est, véritablement, la seule terre sur cette planète qui soit civilisée, et que nous sommes dont chanceux de faire partie du peuple élu.

Vous pensez que j’exagère hein?

Non.

J’ai bel et bien entendu ça. Je l’entends souvent. C’est seulement qu’aujourd’hui j’ai eu la chance d’entendre cette remarque raciste ignorante dans un Japonais clair et facile à traduire alors que j’avais mon ordinateur à portée de la main.

Pour paraphraser une citation que ma mère tira de son roman dont le titre m’échappe mais dont la justesse ne fait aucun doute:

“Le gaïjin existe au Japon pour rappeler au Japonais ce qui n’est pas Japonais et donc regrettable.”

Je suis un peu frustré de ne pas avoir pu la sortir moi-même, cette phrase, mais je n’aurais pas pu dire mieux.

J’ai envie de la traduire en Japonais et de la peindre en spray sur mon capot de voiture.

Question de faire ma part pour combattre la discrimination et le racisme dans ce pays.

Quelqu’un seconde l’idée?

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The Cold War!

mai 17, 2008 · Un commentaire

LA GUERRE FROIDE EST REPARTIE!

Je viens de m’en rendre compte. Quel ignorant! Championnat du Monde de Hockey. Ma ville, Québec. Le Canada a battu la Suède, et la Russie la Finlande. Ce qui veut dire…

FINALE DU SIÈCLE CANADA-RUSSIE, LIVE IN QUÉBEC!!!

Et je serai pas là pour y assister….

C’est trop triste! De voir notre équipe aller à la chasse à l’ours et renvoyer les Soviets noyer leur chagrin dans la vodka!

La finale est dimanche soir, heure de Québec, ce qui donne lundi matin pour moi. Je vais donc pouvoir regarder la bataille du siècle en pay-per-view, puisque j’ai congé lundi!

GO CANADA!!!

GO CANADA!

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May may…

mai 17, 2008 · Laisser un commentaire

… be over quickly!

Mai cette année est juste, simplement, comme on le dirait en Anglais, “FUBAR”. C’est à dire “Fucked Up Beyond All Recognition”. Avec la Golden Week, ou, enfin, le Golden-4-Jours dont on a hérité cette année, les journées sportives de mes trois écoles et d’autres évènements random, je me retrouve à travailler la fin de semaine et en congé des journées bizzares comme jeudi ou des lundi, journées plutôt inutiles où un gars en congé se retrouve avec pas grand chose à faire.

Pour faire changement des journées d’école. Au moins, l’hystérie collective des journées sportives va bientôt être finie et on va pouvoir commencer à travailler pour vrai. En bout de ligne, on va seulement avoir perdu un mois et demi d’école. Ensuite, ils se demandent pourquoi ils ont besoin de 220 jours pour boucler leur programme scolaire ici.

Oh well.

J’étudie pendant la journée et je joue à Gran Turismo 5 le soir. C’est du crack dans un BD (Blu-ray Disc), et une fois embarqué dans le mode online c’est dur d’arrêter. Je suis en train de me défaire les mains à faire tourner ma Lan-Evo X sur l’ovale de Daytona et au Mt. Fuji, mais c’est du pur plaisir, et j’ai hâte d’avoir amassé assez de crédits pour me payer la voiture ultime du jeu, la Ferrari F2007 (c’est à dire, la Formule 1). Ça me travaille passablement le Japonais de faire les réglages sur ma voiture, mais bon, je suis pas tellement bon en mécanique alors j’y vais avec méthode de “bon, on va mettre ce réglage-là au maximum, voir ce que ca fait, et on avisera après les accidents”.

Vous aurez compris, je ne suis pas tellement content de travailler un samedi. Je ne serai pas tellement content de travailler demain non plus, remarquez bien. En plus que je vais manquer le dîner d’adieu de mon amie Yuko qui s’en va pour trois mois aux États-Unis la semaine prochaine. En fait, j’ai plus hâte de revenir sur un cycle “normal” de semaines de 5 jours et de fins de semaines de 2 jours. Je sais, j’ai déjà fait des horaires pires que ça quand je travaillais à temps partiel, mais bon, je travaille dans une école maintenant.

Oh well. (again)

Au moins, j’emmagasine des journées de congé qui, si elles ne sont pas vraiment “gratuites” (parce qu’il faut que je travaille la fin de semaine pour les avoir), elles ont tout de même l’avantage de pouvoir être placées à ma guise. Entre autres, ce mercredi il y a un évènement dans quelques night clubs de la ville et ça devrait une bonne occasion d’aller prendre une brosse avec Hiroshi, Kei, Saemi et ma gang d’universitaires Japonais.

Bon, je vais aller étudier maintenant. J’avais pris un léger break d’étude mais je suis reparti sur un bon rythme et ça progresse plutôt bien. Les kanjis se refusent toujours à rester dans ma tête mais je ne m’en fais plus avec ça. S’ils ne veulent pas rester dans ma mémoire, ben c’est eux les pires!

Bonne fin de journée!

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Monday, Monday…

mai 12, 2008 · Laisser un commentaire

Qui aime les lundis?

Personne.

Pourtant, ce n’est pas que j’aie eu de la difficulté à me lever ce matin, mais quand même. C’est sûr qu’on bon meeting du matin de mon école secondaire ça aide à vous faire avoir hâte (déjà) à la fin de semaine prochaine.

Le seul problème, c’est que je travaille samedi et dimanche la semaine prochaine.

Bien sûr, comme le veut la coutume ici, comme je dois travailler deux jours de fin de semaine, j’ai droit à deux jours de “congés compensatoires”.

Je suis donc en congé jeudi de cette semaine et lundi de la semaine prochaine.

Je fais quoi avec ça moi, un jeudi de congé?

Avouez que c’est quand même poche, un jeudi de congé à la place d’une vraie fin de semaine. Enfin, je vais probablement dormir toute la fin de semaine au travail alors ça ne change pas grand chose en bout de ligne.

Sinon, ce samedi on s’est fait un barbecue (japonais) chez Erika, ce qui était sympathique excepté pour la présence d’un horrible chat dans son minuscule appartement. Les médicaments ont été sans effet, et même si j’ai déjà été plus amoché par mon allergie, c’était quand même devenu pénible au bout de quelques heures. Je n’y pige rien. Je vais chez les Yoshida qui ont un énorme et vieux chat aux poils longs qui en étend partout et je peux endurer assez longtemps sans devenir malade. Je vais chez Erika et elle a un minuscule chat aux poils ras (et pas de boules de poil dans la maison), et je me sens comme si on m’avait fait fumer deux paquets de cigarettes en dix minutes.

C’est pas mal tout je crois. J’ai fini par trouver comment regarder le championnat du monde de hockey sur le net (rien de compliqué, vraiment), mais c’est pas mal cher alors je crois que je vais m’en tenir aux finales.

Bonne fin de journée!

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Feel my Pain!

mai 9, 2008 · Laisser un commentaire

J’en ai ma claque de travailler dans le système scolaire Japonais pour un certain nombre de raisons. Vous connaissez déjà plusieurs d’entre elles et vous pouvez probablement deviner la plupart d’entre elles.

C’est, il va s’en dire, très frustrant pour moi d’être toujours traité en junior et en second violon dans les cours d’Anglais. J’ai été spécifiquement engagé parce que je suis un Anglophone natif (bon OK, pas 100% dans mon cas mais on ne reviendra pas là-dessus) et qu’en cet état je possède des qualités et des capacités que les professeurs d’Anglais indigènes n’ont pas. À savoir, la capacité, simple et basique, de parler et de comprendre la langue Anglaise.

Mais essayez de faire comprendre à un professeur Japonais que, tout spécialiste de l’Anglais qu’il soit, il en connait moins que l’étranger qui lui, a son existence en tant qu’Anglophone derrière lui. C’est difficile, et même si on fait abstraction du complexe de supériorité inhérent à tout Japonais, il faut quand même se rappeler que ces gens-là ont probablement commencé à étudier l’Anglais avant même que je sois né. Ils l’ont mal étudié, mais ils l’ont étudié quand même. Et puis, ils ne le savent pas, ça.

J’ai eu un flash d’inspiration diabolique.

Pour leur faire comprendre à quel point c’est frustrant de voir un incompétent enseigner notre langue maternelle avec ses méthodes archaïques tout en laissant de côté une ressource inestimable (et fort coûteuse) qui lui permettrait d’améliorer ses cours de 100% (wow, c’était long comme explication), j’ai pensé que je pourrais organiser, dans un des séminaires ou les ALT et les profs d’Anglais de la préfecture se réunissent à chaque année, une classe de Japonais ou moi et un “ALT” Japonais natif enseigneraient le Japonais de la même façon que les profs d’Anglais Japonais enseignent l’Anglais ici. C’est à dire en parlant Anglais 97% du temps du cours, en faisant incessamment répéter les élèves, en utilisant mon ALT comme une enregistreuse, en cassant mon Japonais le plus possible, en enseignant des “règles” qui n’existent pas vraiment, en montrant à écrire le Japonais “en style Anglais” (oui, parce que dans les cours d’Anglais ici on enseigne aux kids à écrire l’Anglais en “style Japonais”). Ajoutez au tout une ou deux blagues/commentaires racistes semi-involontaires pour obtenir un “reflet” Japonais parfait des classes d’Anglais que nous endurons à chaque jour ici. C’est peut être une long shot, mais je pense que ca pourrait vraiment montrer à nos collègues Japonais à quel point la façon dont ils nous traitent est condescendante, insultante, ainsi qu’à quel point leurs cours sont inefficaces.

Je pense que ça peut être bon, et je vais tenter de répendre l’idée. Mais ce n’est pas demain la veille, tout celà est dans un bout et je vais peut-être avoir d’autres idées démoniaques d’ici là.

Je vous conte ma Golden semaine-de-4-jours dans le prochain post, c’est promis.

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Peu importe…

mai 7, 2008 · Laisser un commentaire

… qu’on finisse par me donner raison. Je n’ai que trop raison.

Ce bon vieux Nietzsche.

Vous m’entendez (ou plutôt me lisez, mais bon, pardonnez l’image) souvent me plaindre, chialer, et me moquer des inefficacités et des idiosyncraties inutiles et mauvaises des écoles et du système scolaire Japonais.

Vous pensez probablement qu’il ne s’agit la que d’un exutoire pour un jeune nouveau professionnel qui trouve son travail difficile et peu gratifiant par endroits.

Vous avez peut-être raison.

Mais moi aussi!

Les écoles Japonaises sont inefficaces, et par leur entêtement à s’en tenir à la tradition et à s’occuper de tout sauf de l’entraînement académique en tant que tel, produisent des élèves dont les résultats dans les tests de l’OCDE concernant l’éducation sont en chute libre.

Ce n’est rien de nouveau, c’est une situation bien connue depuis plusieurs années et les statistiques de l’OCDE sont facilement accessibles. La “puissance académique” du Japon (traduction directe du Japonais “gakuryoku” gaku (étude) ryoku (force)), est faible, et va en descendant.

Je suis sûr que celà va en surprendre quelques uns. Le Japon est censé être un Eldorado pour l’éducation, ou les étudiants sont des machines à apprendre sans peur, sans reproche et sans pitié.

http://pisacountry.acer.edu.au/

Regardez par vous mêmes. Le Canada est devant le Japon dans presque tous les domaines, et pas seulement de quelques demi-pourcents. Et au Canada, personne ne va au juku!

Ce qui est nouveau, c’est qu’abandonnant le réflexe tout Japonais d’ignorer l’éléphant la minute que celui-ci se soit pointé le nez dans la pièce, un des profs vient de mentionner exactement ce que je viens vous écrire.

J’adore avoir raison comme ça.

Je vous raconte ma Golden Week dans un autre post, je me sentirais mal d’écrire ce genre de choses alors que je suis encore au travail.

Bonne fin de jourd’hui!

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Morning Meeting Blues

mai 1, 2008 · Laisser un commentaire

Je viens d’avoir deux ans. Je devrais donc être habitué aux idiosyncraties stupides et décourageantes associées à mon emploi dans une école Japonaise. Il n’en est rien. Si ça se trouve, ces idioties, ces “on le sait que c’est stupide mais on le fait quand même avec fierté parce que c’est Japonais”, me pompent de plus en plus d’air au fur et à mesure que mon Japonais s’améliore.

Bref, peu importe si j’ai envie ou pas d’aller travailler à l’école un matin donné, il y a invariablement un meeting matinal pour me la faire passer, l’envie de travailler. J’en ai ma claque d’entendre les profs déblatérer poliement sur des trucs qui ne sont pas de leurs affaires. Aujourd’hui, un prof “mettait en garde” tout le monde sur le fait que certains élèves n’étaient pas assez prudents à leur goût. Ça a discuté pendant un bon 15 minutes avant que le directeur ne s’aventure à dire “Est-ce que ça ne serait pas aux parents à s’occuper de ça? Nous on fait notre job de prof, laissons les parents faire leur job de parents!”

Sans effet. Mr. Prof Discussion-Comité commence a dire que c’est bien tout ça mais qu’il faudrait quand même en parler aux élèves pendant une heure après l’école aujourd’hui et que… Je ne sais pas ce qu’il à dit après, j’avais parti ma musique. J’en avais eu assez et je n’allais pas laisser ce stupide meeting gâcher le reste de mon début de journée.

Les Japonais ne sont pas tous vieux, poussiéreux et stupides. Ce qui me décourage, c’est que ces Japonais non-vieux, non-stupides et non-poussiéreux se ferment et laissent les Japonais vieux, stupides et poussiéreux mener leur monde. C’est de même dans toutes les sphères, dans ma petite école de campagne comme dans les plus hauts cercles de la politique Japonaise.

Comme je le dis souvent, si j’étais moi-même Japonais, je n’aurais qu’une envie, c’est de déménager. Je ne pourrais pas faire ma vie en étant obligé d’obéir aussi strictement à tant de règles et de traditions sans fondement, juste parce que “c’est comme ça”. Maintenant comme toujours, ce qui fait que je peux m’amuser autant au Japon, c’est que je peux plier certaines règles, n’étant pas moi-même Japonais et donc libre des attentes de la société Japonaise. Les Japonais se disent “Oh, c’est un imbécile de barbare, ce n’est pas de sa faute s’il ne comprend pas les règles/idiosyncraties de la langue/culture/société Japonaise.” Je vais admettre que dans certains cas, les barbares de passage au Japon (jugeons-en par la communauté de JETs de Kumamoto…) donnent quelque fondement au racisme des Japonais (sans toutefois le rendre acceptable, remarquez-bien).

Or, ce barbare-là vous comprend, chers Japonais. Oh bien sur, la culture et la société Japonaise sont si raffinées que c’est impossible pour un barbare de la comprendre dans l’espace d’une vie. Je n’arrête pas d’entendre des orientologues, expats et autres étrangers japonophiles (et généralement pédants) dire des choses du genre. Une fois pour toutes, CE N’EST PAS VRAI! Je me souviens du discours du consul général du Japon à Montréal, il y a un peu plus d’un an de celà. “Vous croyez que la culture du Canada et celle du Japon sont très différentes. Mais vous verrez vite, j’en suis sûr, que ces différences sont, en bout de ligne, superficielles, et qu’il y a beaucoup plus de points communs entre elles que l’on pourrait l’imaginer.” Je crois qu’il avait raison.

C’est que trop souvent, les barbares confrontés à des situations invraisemblables, incompréhensibles, inacceptables ou carrément mauvaises dans la société Japonaise vont se dire eux-mêmes “Ah, c’est un mystère de la culture Japonaise, c’est différent de chez nous, et c’est comme ça.” et jeter le tout dans le panier des “différences culturelles”. Au lieu de se dire “Ca, ça fait partie de la culture Japonaise, et c’est un mauvais point de la culture Japonaise.” Je ne me lancerai pas dans le gros débat du relativisme culturel et me contenterai de dire qu’il s’agit là de l’un des grands maux de l’ère des communications dans laquelle nous vivons.

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