The Barbarian and the Geishas

Entrée de septembre 2008

The Temple of Elementary Evil

septembre 19, 2008 · 2 commentaires

Je viens de finir une journée au primaire. 4 classes, donc passablement occupée. Les trois classes de l’avant-midi ont été numéro un et je suis satisfait. Celle de l’après-midi a remarquablement planté. Normalement, une classe qui plante au primaire, ça me rend dépressif et maussade parce que je prends le blâme. Mais aujourd’hui, c’est clair que la faute n’est pas mienne. Les enfants n’étaient pas du monde aujourd’hui et leur simplet de professeur responsable n’a pas daigné bouger un ongle d’orteil pour me supporter. J’aurais pu me fâcher et faire peur aux enfants. Je pense que j’en serais capable. Mais c’est le travail du prof titulaire, pas le mien. Ce n’est pas une question de respecter la division de tâches comme dans une boîte syndiquée. Je suis censé être l’assistant et pourtant on me laisse faire tout: j’en fais déjà largement plus que je suis payé pour en faire, mais tant que ca reste dans mon champ de compétence, je m’en acquitte sans un grognement. Mais s’occuper et garder le contrôle de sa propre classe de troisième année primaire, c’est censé être le champ de compétence et surtout la responsabilité du prof. Qui d’ailleurs, Japonais et prof de son état, doit m’être intrinsèquement supérieur. Les autres profs dans les autres classes le font. Quand leurs jeunes dérapent et se comportent mal, ils les rappellent à l’ordre. Enfin, il y a un prof de 5e qui est plutôt timide et qui perd le contrôle de sa classe mais en 5e année même moi je suis capable de les ramener sur la track. Bref, je ne me sens pas dépressif, mais légèrement agressif.

Ce qui m’a fait penser à un truc que j’ai écrit pour une prof dans une autre école qui voulait mon avis honnête sur l’éducation Anglaise au Japon au niveau élémentaire. C’est en Anglais, mais je crois que c’est comprenable.

I do not think it is enough for students to only learn speaking and listening in elementary school. I think writing and reading are very important parts of English and that it is simply not possible to make good progress while leaving those skills out.

First off, I think that not teaching writing and reading makes teaching English much more difficult for the teachers and the students. It is very difficult for teachers to plan and teach classes without written support. When teachers absolutely need to write English words, they often use katakana, which is simply not a good method for writing English. Of course, this also means that teachers cannot explain basic English grammar to the students. They cannot teach how the sentences work, why such words are used, and why they are arranged in a certain way. So students end up repeating the English they learn orally as set phrases that they associate with a single Japanese translation, rather than English sentences they understand.

For students, not being able to write means that they cannot take notes and do written exercises or homework. Elementary school students do written exercises, homework and tests in other subjects like Japanese, math or science. Without these, it is not possible to progress. It is the same for English.

Spoken word is easily forgotten. Teaching the students to read and write would provide them with something solid and concrete that lasts. With the classes focusing on speaking and listening, the student’s progress in English is limited by his memory. But if the students learned to write and read, they would have a lasting base: notebooks, textbooks, worksheets and homework that are not forgotten after the class is over.

Very often, Japanese teachers will say that writing and reading English is simply too hard for elementary school students to learn. However even elementary school students have to learn a very large amount of kanji characters each year in their Japanese classes. If students can learn and remember 1000 characters by the end of 6th grade, they are perfectly able to learn 26 letters as well as the orthography(書き方)and reading for the most common English sounds. I think it is possible to teach writing and reading, slowly but surely, to elementary students.

For example, start teaching the letters in 4th grade. One letter per class, both writing and the basic sounds associated with it. Then, in 5th grade, start introducing phonics. Introduce one sound per class, and the main ways to write it. By 6th grade, the students will be able to read and write simple sentences.

However the main problem, in my opinion, is the objective set by the Monkasho. The Ministry’s objective is not to teach English to elementary school students, but to teach them to enjoy English. They encourage teachers to teach very basic English and focus on fun, communicative activities and use many games during class. Because of this, English classes are not taken seriously by neither students nor teachers. English is viewed as a “game subject”. There are no notes to take, no exercises, no homework to do, no tests or exams. The students listen to the teacher, repeat, play the game and forget.

In the end, I think the Monkasho’s objective is mistaken. Of course, some students think that English is fun, but most of them don’t really feel they are learning anything. Even though they have at least one hour of English every week, the students don’t feel they are learning English. Only the students who attend jukus, private English schools or have some form of tutoring outside school will say “I’m learning English.” Including writing and reading would make students and teachers take English seriously just like the other subjects. Neither students nor teachers take English seriously. They see it as a game, they don’t care whether they learn anything or not, they see it as “let’s have fun with (and make fun of) the foreigner”. And now the Monkasho is telling them this is correct.

I think Japanese elementary students are just as smart and hard-working as students in other countries. If they decided to take English as seriously as the other subjects they study, they could learn it very quickly.

Enfin, vous en faites ce que vous voulez, ce n’est que mon humble opinion de barbare blasé. Je peux seulement vous dire qu’elle est loin d’être unique et qu’elle résume assez bien la situation.

C’est vendredi, il fait chaud, et je me sauve de l’école dans 10 minutes. Bonne fin de!

PS: Un morceau de robot pour quiconque peut me dire ou j’ai pris mon titre!

Catégories : School

A Storm is NOT Coming

septembre 18, 2008 · Laisser un commentaire

Je suis déçu. Le taifun a viré à l’est et va effleurer le sud de Kagoshima pour ensuite s’en aller vers Shikoku. Kumamoto est, une fois de plus, épargnée. Enfin, on a droit aux relents du taifun et ca nous donne un bon petit vent frais et un peu de pluie.

*soupir*

Il va falloir s’en contenter.

En remplacement de la tempête qui a décidé de nous snobber, je vous offre donc une tempête de mots. En écrivant sur mon blog hier, j’ai eu une envie de faire un post politico-philosophique. Je viens de trouver un sujet en regardant le feed RSS du National Post sur mon blog. Je vais essayer de demeurer bref.

http://www.nationalpost.com/nationalpost/story.html?id=798057

En résumé, c’est l’ordre des médecins de l’Ontario qui a décidé de ne pas aller de l’avant avec une loi (c’est le bon mot? loi?) qui punirait plus sévèrement les médecins qui refusent d’administrer un traitement en raison de convictions religieuses ou autres(par exemple un médecin catholique qui refuserait de traiter un patient homosexuel).

Suis-je le seul à trouver que c’est regrettable?

Suis-je le seul à trouver innacceptable qu’un médecin décide de refuser un traitement à un patient parce qu’il trippe sur un livre? Heureusement, il ne s’agissait que d’une proposition pour rendre le règlement plus sévère, et il existe déjà des provisions pour punir les médecins aussi irresponsables. Enfin, j’imagine qu’une personne suffisamment douée pour devenir médecin a généralement suffisamment de jugement pour ne pas laisser quelque chose d’aussi méprisable et insignifiant que la religion compromettre son professionalisme et le bien-être de ses patients. J’imagine donc qu’il n’y a pas tant de médecins qui doivent être ainsi disciplinés.

Je ne sais plus vraiment à quoi m’en tenir avec la religion et les trippeux de Bible et de Koran. Je vais essayer de mettre de côté ma propre non-religiosité et mon mépris vitriolique pour ces jeux puérils que sont les religions et de rester un tant soit peu objectif. D’un côté, je sais que la tolérance, c’est important. Mais je crois également que la laïcité est un ingrédient essentiel de la société moderne. A plus forte raison dans un pays qui se veut multi-culturel, ouvert et moderne comme le Canada. Je ne dis pas qu’il faut envoyer les gens dans des camps de rééducation. Seulement, sans avoir besoin de définir la société Canadienne et ses valeurs au iota, je crois qu’il est nécessaire de tracer des grandes lignes. Et dans une de ces grandes lignes, on doit s’assurer que les politiciens, docteurs, policiers, soldats, et tous ceux a qui on confie de grandes responsabilités ne puissent pas laisser leur idéologie, religion ou lubie quelconque venir les empêcher de performer leur devoir.

Je ne dis pas qu’on devrait bannir la religion ou que les gens qui exercent de telles professions devraient tous être des androïdes pré-programmés sans croyances ni principes. Mais je crois que les croyances et les (ack) religions sont des concepts avant tout personnels. Dans le cas d’un médecin qui refuse un traitement sur des raisons religieuses, ca cesse d’être personnel. Il impose indirectement sa religion a son patient qui ne la partage pas. Et je crois que ça, c’est inacceptable.

Et c’est inacceptable même si, contrairement à moi, on accepte la religion. Je ne crois pas qu’il y ait une religion en ce monde qui ne prêche pas la tolérance et la compassion dans ses écrits. La compassion, c’est mettre les autres avant soi. C’est ne pas être égoïste. Priver un patient de son traitement, d’une partie (ou de la totalité) de son bien-être pour ce qu’on pense soi, personnellement, je ne peux imaginer une forme plus flagrante d’égoïsme.

Copieux verbiage, je concède, mais dans le fond, tout se résume par le vieil adage “Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres.” La liberté de pensée et de religion des médecins s’arrête là ou commence celle des patients d’être traités et soignés.

Wow, j’ai réussi à parler de religion sans me mettre à frapper dans les murs et à baver de l’acide. J’ai grandi il faut croire!

Catégories : Life in Japan · Politics

A Storm is Coming?

septembre 17, 2008 · Laisser un commentaire

Quoi dire, sinon que l’école est recommencée et que l’été achève. Ce n’est définitivement pas la période la plus plaisante de l’année, mais tout comme les taxes et la paperasse, c’est inévitable. Il n’y a pas grand chose à dire sur ma vie quotidienne présentement, sinon que, côté santé, j’ai enfin réussi à passer la barrière des 73 kilos et que j’ai officiellement perdu 3 tailles de pantalon depuis l’an dernier.

On a un taifun (Sinlanku qu’il s’appelle, je crois) qui s’en vient vers Kyushuu mais il n’est pas très fort et il va toucher terre au sud dans le coin de Kagoshima alors nous à Kumamoto on devrait s’en tirer avec de la pluie.

Je suis décu!

A écouter les Japonais, les taifun, c’est terrible, et à chaque année c’est la dévastation, la destruction totale, l’armageddon apocalyptique! Pourtant, voila trois ans que je suis ici, et je n’ai eu droit qu’à un taifun (et un petit, de surcroit). Même chose pour les tremblements de terre.

Je pourrais me comporter comme les Japonais qui vont à Paris et qui tombent en dépression parce qu’il se rendent compte que Paris, et bien, il y a des jolis coins et bien des choses à voir, oui, mais ce n’est pas exactement partout comme dans les revues (et que, si on en croit les rumeurs, il y a beaucoup de crottes de chiens dans les rues).

“On m’avait dit que le Japon, c’était plein de tremblements de terre, de taifuns et de désastres! Vous m’aviez promis mort, sang et destruction! Je veux être remboursé! Je vais piquer une crise!!! AARGH!”

Ouais, je crois qu’il y en a ici, tout comme au Québec, qui aiment jouer au martyr et s’engager dans la perpétuelle compétition de “Qui est le plus à plaindre?”

Sans grande surprise, on ne parle pas beaucoup de Ike qui a fait des ravages au Texas à la télé ici. Tout le monde sait que, les ouragans, ca a été inventé au Japon et que ca n’existe pas ailleurs.

Je dois avouer à ma grande honte que je suis relativement pour ce qui est des nouvelles venant du Nouveau Monde. C’est que les médias Japonais sont remarquablement bien isolés du monde extérieur et que même dans les rares cas ou le Barbaricum fait manchette, les nouvelles sont généralement transmises avec la naïveté et le manque d’intérêt typique du Japonais pour l’étranger. Le tout dans un Japonais de NHK (c’est comme du Français Radio-Canada, c’est bon pour dormir mais pour comprendre ce qui se passe…), alors vous m’excuserez si je pars le Playstation 3 à la place.

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de!

Catégories : Life in Japan