A Season for Nabe
décembre 15, 2010 Laisser un commentaire
Bonjour à tous.
Je suis de retour à Kumamoto après avoir passé la semaine dernière dans la préfecture de Shiga pour un séminaire intensif d’interprétation qui fut ma foi fort productif. J’ai eu bien du plaisir à rencontrer les gens et j’ai beaucoup appris, mais je suis tout de même fort content d’être de retour dans la vieille Higo.
C’est décembre ici et le froid, certes moins terrible qu’a Québec mais tout aussi désagréable, s’est confortablement installé ici à Kumamoto. Ca ne me dérangerait pas outre mesure, si ce n’est que j’ai eu à prendre une douche très froide ce matin parce que mon chauffe-eau ne voulait pas fonctionner.
L’hiver, au Japon, c’est la saison pour le nabe, un genre de bouilli Japonais qu’on mange un peu à la manière d’une fondue, c’est-à-dire que tout le monde se sert dans un gros plat au centre (plat qui s’appelle justement nabe). Les Japonais se plaisent à dire qu’ils vivent au rythme des quatre saisons (quatre saisons qu’ils sont les seuls à connaître, bien évidemment), et ça se manifeste beaucoup dans la cuisine. Le nabe, c’est de la cuisine d’hiver, et comme ça réchauffe la place, plus il fait froid, plus c’est populaire.
Il y a plusieurs sortes de nabe, qui se distinguent principalement par la sorte de soupe utilisée comme base. Les ingrédients sont généralement au choix, mais on y retrouve beaucoup de légumes comme le hakusai (genre de chou Japonais?), les carottes et les enoki, ces détestables petits champignons Japonais, ainsi que du porc, du poulet et du tofu. Parmi mes préférées je mentionnerais le nabe au curry et celui au kimchi (style coréen), ainsi que le chanko nabe, le repas traditionnel du lutteur sumo.
Difficile de décrire le goût du chanko, mais c’est délicieux, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est assez santé. Un bon chanko est surtout composé de hakusai, de carottes, de tofu et de viande et ou fruits de mer. Aucune friture, huile ou graisse excessive. Ce qui fait engraisser les lutteurs, ce n’est pas le contenu du chanko comme la quantité énorme qu’ils en consomment. Ca, et beaucoup de bière, et une longue sieste après.
Mais j’adore le chanko, parce que quand j’en mange, j’ai l’impression que ca me fait devenir très fort et très Japonais, comme un lutteur sumo.
Enfin, tout cela pour dire que dimanche dernier, j’ai été manger un chanko avec trois de mes amies, et que, outre le plaisir de se réchauffer avec un délicieux nabe en bonne compagnie, ca m’a rappelé que je n’avais toujours pas posté les photos que j’ai prises lors du tournoi de sumo à Fukuoka à la fin de Novembre. Je vous en présente donc quelques unes.
Chaque lutteur de la division supérieure, le makuuchi, possède sa propre bannière qui est affichée devant le stade lors des grands tournois.
Le ring, ou dohyo. Comme vous pouvez le voir, c’est salle comble, car c’était l’avant dernier jour du tournoi et la compétition pour la première place n’était toujours pas décidée.
Dans les grands tournois de sumo, certains matchs, le plus souvent ceux des lutteurs des rangs plus élevés, sont commandités. Un lutteur qui gagne ses matchs commandités peut recevoir une somme d’argent assez considérable. Lors d’un match commandité, des bannières traditionnelles aux couleurs de la compagnie qui commandite est paradée autour du dohyo. Vous aurez ici reconnu les couleurs de Mc Donalds, qui commandite les matchs du grand champion Hakuho et le sumo en général.
Bon, ca peut faire étrange de voir le grand méchant capitaliste Américain supporter un sport aussi traditionnel et Japonais que le sumo, mais moi je trouve ca admirable, parce que c’est en bonne partie par ces commanditaires que le sumo prospère, et que plusieurs compagnies authentiquement Japonaises ne se donnent pas la peine d’en faire autant.
Sur ce, je vous laisse, et vous souhaite une bonne fin de soirée!
