The Barbarian and the Geishas

An epic tale of samurai swords, endless parties and beautiful women

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Archive pour 'Life in Japan' Categorie


Les Humeurs (moins grises, mais toujours trempées) de Kyokushi, édition de Juin, volume II

Publié par Francois sur juin 16, 2008

J’ai passé une bonne fin de semaine. La saison des pluies est plus ou moins commencée depuis mardi dernier, mais il a fait très chaud et soleil jeudi, vendredi et le plus clair de samedi alors ce n’est pas trop mal. Vendredi on a eu droit à notre premier 33 de l’année, un peu dur à endurer mais au moins les gens du bureau acceptent de partir l’air climatisé quand il fait aussi chaud alors.

Samedi, j’ai été en ville trouver mon amie Hotaru. Elle est native d’Osaka mais elle habite Kumamoto depuis 6 mois. C’est donc à moi de la guider et de lui enseigner le dialecte local (quoi que, au train ou vont les choses, c’est moi qui vais atrapper l’accent d’Osaka). Je suis bien ancré dans mes habitudes et dans ce que j’aime faire en ville, alors j’avais peur de ne pas être tout a fait adéquat pour guider une jeune fille, mais heureusement ce n’est pas le genre de fille à s’en faire pour ça. On a été voir le nouveau Indiana Jones ensemble. Pas un mauvais film, et si rien d’autre ça prouve qu’Harrison Ford est toujours capable de botter des culs malgré son âge (comme Nicolas Cage). C’est juste qu’on aurait dit que la fin était tirée d’un autre très populaire film de Spielberg des années 80, et disons que j’ai trouvé que c’était un peu too much. Enfin, on a fini la soirée dans un petit lounge sympathique avec du bailey’s et du gâteau au chocolat.

Dimanche, j’ai été voir sous une pluie torrentielle le tournoi de Kendo de mon école. C’était un tournoi assez important et il y avait des jeunes du primaire et du secondaire de partout dans la préfecture. C’est l’équipe du Kyushuu Gakuin, une école privée, qui a gagné pour la section secondaire (mais les kids du KG gagnent partout ou ils vont, dans les concours d’Anglais, etc…), mais tous les profs à qui j’ai eu l’occasion de parler m’ont rassuré que l’escouade de Kyokushi s’était fort honorablement défendue jusqu’au bout. Je suis arrivé trop tard pour voir les combats, mais les groupes de 2e et 3e année primaire ont apparamment passé la gratte et n’ont pas perdu un seul match.

Pour compléter la rubrique bonnes nouvelles, j’ai reçu vendredi à 18h13 la boîte que j’avais commandée à mes parents pour ma fête. C’est long, le bateau, mais bon, c’est rendu et ça m’aura coûté moins cher, en bout de ligne, de commander mes livres sur amazon.ca, de les faire livrer gratuitement chez mes parents, et que mes parents me les envoient, que de les faire livrer d’amazon.ca directement chez nous (80$ de shipping pour 70$ de livres). Dans la boîte était également ma copie très attendue de GTAIV, lequel s’avère fort divertissant et, ajouté à mon acquisition récente de Metal Gear Solid 4, va considérablement réduire mon temps d’exposition au soleil (bah, c’est pas comme si la saison des pluies me donne tellement le choix, mais…) Dans les deux cas ce sont de très bons jeux au potentiel d’addiction très fort (pour l’instant, c’est GTA qui gagne).

Je vous rejase!

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Les Humeurs (chaudes, humides et grises) de Kyokushi, édition de Juin

Publié par Francois sur juin 10, 2008

C’est juin. La saison des pluies s’en vient. Ça fait 4 jours qu’il mouille un peu à chaque jour. C’est gris, c’est chaud et c’est humide.

C’est vraiment poche comme température.

Ce qui est plate avec du temps comme ça, c’est que toute la pensée positive du monde ne change rien au fait que petit à petit, la griseur (euh, c’est un mot ca?) du temps finit par gagner du terrain. C’est pas rien de grave, c’est juste un “boo” (je vous ai déja expliqué, c’est un mot japonais qui veut dire “végétatif, fatigué, amorphe”) généralisé qui n’est pas vraiment bien agréable.

Sinon, j’ai envoyé mon CV au Cirque du Soleil. On verra bien ce que ça va donner. Ça serait absolument trippant comme emploi, et ça me permettrait de me rapprocher de Tokyo. Mais en même temps je suis attaché à Kumamoto et à Kyushuu (et même si je déménageais à Chiba pour l’autre job, je pense que mon accent de Kyushuu est la pour rester). Généralement, chercher un emploi c’est source de stress, mais dans ce cas si c’est étrangement relax.

Sinon, il faut que je commence à penser à ce que je veux faire pour ma voiture. Mon shaken achève, et c’est une vieille voiture que j’ai alors je ne sais pas si je veux mettre autant d’argent sur une voiture aussi vieille. Je peux sois remettre un shaken dessus, mais si jamais ma situation change l’an prochain après mon contrat à Kikuchi (ou mon déménagement à Chiba), il va falloir que je vende mon auto, ce qui pourrait être difficile. Ou j’achète une nouvelle (vieille) auto. A ce sujet, j’ai vu une vieille Lan Evo dans un lot de voitures usagées et c’est tentant. Je suis un vrai otaku pour les Evo et d’en piloter une, même une vieille, ca serait génial!!! Je vais retourner la voir ce vendredi, m’informer savoir pourquoi elle est aussi peu chère. Je ne me fais pas trop d’espoir, sachant très bien que quand ca semble trop beau pour être vrai, ca l’est probablement.

Enfin bref, tout ça pour dire qu’il ne se passe pas grand chose ces temps-ci et que je suis arrivé en avance à la job aujourd’hui.

Bonne fin de!

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You are my Sunshine

Publié par Francois sur juin 2, 2008

Je vous avais promis un post plus léger aujourd’hui, alors voici.

WAAACH!

Le lunch d’école aujourd’hui, ben il était pas bon!

Je ne sais pas ce qu’ils ont mis dedans, mais on a eu droit aujourd’hui à une espèce de bouillie brune avec des morceaux de tofu et de champignons dedans. Et ça sentait fichtrement mauvais. Eurk. Le tout avec du riz blanc et des prunes marinées. Bah, c’est bon pour la diète j’imagine.

Finalement, je préfère être gros.

Ouais, c’était si mauvais que ca.

Ok, la véritable histoire. Ce matin il y avait un message posté par notre contact de l’ambassade Canadienne dans la préfecture avec deux offres d’emploi. Une d’entre elles parle d’un poste comme aide-enseignant (principalement Anglais Langue Seconde, mais aussi pour tous les sujets) pour le staff et les familles du staff du Cirque du Soleil travaillant à leur spectacle permanent à Tokyo.

C’est capoté, non? Et c’est en plein dans mes cordes!

Bon, je sais que c’est une long shot et que je n’ai peut-être pas suffisamment d’expérience pour ce genre de poste. Et puis, il faudrait que j’annule mon contrat avec la comission scolaire à Kikuchi, puisque j’ai signé jusqu’en juillet prochain. Et puis ça implique de déménager à Tokyo, ce qui, bien qu’excitant, n’est pas sans problèmes. Et je n’ai pas encore beaucoup de détails sur la position.

Mais ça semble excitant, ça serait trippant et un réel défi de faire un tel travail. C’est peut-être (probablement) prématuré, mais j’ai décidé d’enter en contact avec le recruteur. On va voir ce que ça va donner. Si ma chance se présente, c’est sûr que je vais la saisir.

Peut importe ce qui advient, c’est la preuve qu’il y a un avenir, plusieurs avenirs possibles pour moi au Japon, des avenir trippants, excitants et intéressants.

Et pt’êt’ ben même des payants!

Bonne journée!

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The Chosen Ones

Publié par Francois sur juin 2, 2008

Vous me connaissez, je me plains souvent ici sur mon blog de toutes sortes de trucs et aspects de la société Japonaise dont on ne parle jamais dans les guides touristiques mais qu’en tant que barbare en exil je dois négocier à chaque jour. Je sais que vous vous dites probablement que j’exagère, que c’est la solitude et la fatigue qui parlent ici. Vous avez peut-être quelque peu raison. Ma fatigue et ma solitude ne font que réduire ma tolérance, pourtant duement éprouvée à plusieurs reprises, aux idiosyncraties infantiles et stupides de la société Japonaise.

C’est une histoire qui date un peu, mais je pense qu’il faut qu’elle sorte. Je vous épargne les détails et les circonstances, mais j’en suis venu à m’obstiner sur un point de grammaire avec un “collègue”. Il se trouve que j’avais raison. Mais mon collègue trouve encore le moyen d’argumenter et essaie de s’en sauver.

J’ai donc fouillé dans un de mes livres de grammaire Anglaise (que je garde justement pour parer à ce genre de situation, l’opinion d’un livre ayant, aux yeux de mes collègues, infiniement plus de poids que la mienne). Je lui montre le passage qui prouve que j’ai raison. C’est écrit en Anglais simple, noir sur blanc. Mais voilà que l’autre réplique en me montrant un site internet en Japonais sur la grammaire Anglaise avec des explications (en Japonais) qui lui donnaient raison à lui.

Un Japonais qui utilise un site Japonais en Japonais sur l’Anglais pour prouver à un Anglophone qu’il ne connaît pas sa langue maternelle. Je pense que je n’exagère pas en affirmant qu’il s’agit là d’une arrogance, comment dirais-je… me contenterais-je de dire frustrante.

Quand même, je n’allais pas abandonner ainsi. Je rappelle donc bien humblement à mon arrogant collègue que je suis un Anglophone natif (bon, pas pure laine natif, mais plus natif qu’il ne lui sera jamais donné de l’être), que je suis originaire d’un pays Anglophone, que j’ai étudié l’Anglais comme majeure à l’université, et que c’est précisément pourquoi j’ai été engagé comme assistant et spécialiste de l’Anglais, que j’avais, à défaut de 19 ans d’expérience, un CV plus qu’adéquat pour m’acquitter honorablement de ma tâche. Qu’en vertu de mon expérience et de mes qualifications, oui, c’était possible que je sache et puisse faire des choses qui sont difficiles ou impossibles pour lui. Et qu’il devrait, par conséquent, marcher de temps en temps sur sa fierté toute Japonaise et me faire confiance sur ce genre de chose.

Je me fais répondre que l’Anglais est une langue internationale, et que tout comme existaient un Anglais Américain, un Anglais Britannique, un Anglais Indien, un Anglais Asiatique (?), et que tout comme j’avais appris et parlais l’Anglais Canadien (ce qui est discutable, puisque je me suis souvent fait dire que je sonnais plus Américain), il était normal, acceptable et même souhaitable qu’au Japon, on apprenne et parle l’Anglais Japonais. Qui est une variété d’Anglais au même titre que l’Anglais Canadien, Américain ou Britannique.

J’étais convaincu qu’il s’agissait d’une blague. Réprimant un sourire de découragement, je lui rappelle que le Canada, les États-Unis et la Grande-Bretagne sont des pays Anglophones, et qu’il est donc normal que malgré leurs différences régionales, ces Anglais soient considérés comme des standards. De plus, ces variétés d’Anglais sont, malgré ce que vous diront les Britanniques (qu’ils sont pincés quand ils veulent), sont parfaitement intelligibles et à 99.999% identiques lorsque mis sur papier.

Rien n’y fait. “Ça, c’est ce que tu penses.” que je me fais répondre. “Moi je pense que l’Anglais Japonais est une variation de l’Anglais accpetable au même titre que l’Anglais Canadien.”

C’est ridicule. Je n’avais encore jamais entendu parler d’une pareille chimère. C’est insultant, tant personnellement que professionnellement.

C’est ridicule, aussi. Pensez-y. Pourquoi apprend-on l’Anglais de par le monde? “Pour pouvoir communiquer avec le reste du monde.” est une réponse que j’estime raisonnable et que j’imagine serait donnée dans une majorité des cas. Mais pas au Japon, on dirait. Le Japon est si spécial qu’il a besoin de sa propre variété d’Anglais spécifique. Et j’ajouterais, fort difficile à comprendre à moins de parler et le Japonais ET l’Anglais.

Pourtant, c’est typique du Japonais, de se croire supérieur au reste du monde ainsi. L’ironie de la chose est risible et triste: un pays qui, par ses “efforts” pour apprendre la langue internationale et communiquer avec le monde, en arrive seulement à s’isoler et renforcer son complexe de spécificité.

Inutile de vous décrire mon état d’âme à ce moment. Je dirai seulement qu’il s’agit d’un des rares moments ou je me suis dit, “Ca y est, c’est fini. Je ne peux plus rien faire. J’abandonne. J’ai fait de mon mieux, mais je ne peux rien faire pour des gens qui ne veulent pas être aidés.” et ou j’ai eu une sérieuse envie de passer mon contrat à la déchiqueteuse. J’ose espérer que vous comprenez pourquoi.

C’est la saison pour ce genre de trucs, et je sais que les quatre ou cinq derniers posts ont été plutôt sombres. Mais ce sont tous des trucs avec lesquels je dois vivre à tous les jours ici et, s’ils ne m’empêchent nullement de mener une vie intéressante et productive ici, sont tout de même inacceptables et doivent, selon moi, être mentionnés.

Qui ne dit mot consent. Alors c’est en disant mot que j’exprime mon non-consentement.

Sinon, il pleut ici, c’est un lundi, donc une journée longue, dure et ennuyeuse, mais demain mardi je travaille à mon école spéciale alors j’ai hâte.

Je vous promets que mon prochain post va parler d’autre chose que de discrimination. Je vous promets plein de niaiseries et de stupidités, c’est promis, juré.

Bonne fin de!

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Just Another Day…

Publié par Francois sur mai 30, 2008

Ah, une autre journée de faite. Il fait chaud aujourd’hui, et j’avais quatre heures de cours au primaire aujourd’hui. Ca s’est bien passé, mais je suis crevé, pas besoin d vous faire un dessin, et je ne suis pas faché d’avoir ma fin de semaine devant moi.

Attendez, ça peut pas se terminer sans que je chiale un peu!

Je vous ai souvent glissé dans mes écrits que l’efficacité et le sens de l’organisation étaient des concepts barbares et donc peu présents au Japon.

Je vous donne un exemple, et vous en faites ce que vous voulez.

A mon école primaire, il y a une piscine extérieure. De mai à juillet, les jeunes ont des cours de natation en éducation physique.

C’est bien une piscine, d’autant plus qu’il fait très chaud ici à Kumamoto.

Deux problèmes avec la piscine. De un, ils la ferment en juillet. Pourtant, pas besoin d’un doctorat en climatologie pour se rendre compte que la piscine serait utilisable d’avril à octobre, minimum. Mais bon, des règles stupides sur les dates d’ouverture des piscines, il y en a partout.

Ce que je trouve bizarre, c’est qu’une fois la saison terminée, la piscine est tout simplement abandonnée. Pas de vidage de l’eau, pas de toile, pas de protection, rien. Donc, durant la saison morte, la piscine se retrouve pleine d’eau verte stagnante et puante (je sais, je stationne juste à côté), ce qui fait en sorte qu’a chaque année il faut aux profs une journée entière pour vider la piscine et faire partir toute la crasse, les algues et la pourriture qui s’y est déposée.

Ca serait pas plus simple de vider la piscine et de mettre une toile dessus?

Peut être, encore une fois, que c’est moi qui suis fou, et que les Japonais ont raison… peut-être. Mais quand même.

Bon, qu’est-ce que je mangerais bien pour souper…

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The Quotable Racists

Publié par Francois sur mai 29, 2008

Je suis occupé au travail aujourd’hui alors je n’ai pas le temps de me lancer dans une diatribe épique comme je le fais à l’habitude. Je mentionnerai seulement qu’il y avait une assemblée sur les droits humains dans mon école aujourd’hui et on y a parlé, entre autres, de racisme.

Ça a piqué ma curiosité et j’ai fait un peu de recherche pour montrer à mes collègues Japonais des exemples que même eux ne pourraient ignorer.

C’est une assez vieille qui a circulé amplement dans la communauté barbare, mais avec lequel mes lecteurs (et, bien évidemment, mes collègues Japonais) ne sont probablement pas familiers.

Contexte: Il y a de celà quelques années, un Américain naturalisé Japonais (= citoyen Japonais) vivant au Japon depuis plus longtemps que je suis au monde, marié avec une Japonaise et avec deux enfants, s’est vu refusé l’accès dans un onsen. Il s’agit d’un onsen dans la préfecture d’Hokkaido au nord, qui explique le pourquoi derrière l’affiche “Japanese Only” qui figure fièrement à l’entrée de son établissement.

The manager explained that drunken Russian sailors had caused trouble at
the facility in the past and the management wanted to keep such people out,
adding: “We can’t just ban Russians. That would be blatant discrimination…
So we ban all foreigners out of fairness.”

(Le directeur expliqua que des marins Russes en état d’ébriété avaient déjà causé des problèmes dans l’établissement et que la direction souhaitait garder de telles personnes hors de l’établissement, en ajoutant “Nous ne pouvons pas interdire [uniquement] les Russes. Ce serait de la discrimination flagrante… alors nous banissons tous les étrangers afin d’être justes.”)

C’est une vieille histoire alors je ne m’en fais pas vraiment. En fait, c’est de la discrimination si flagrante, vulguaire et évidente que c’en est presque comique, surtout pour un vétéran des tranchées comme moi.

Comme quoi il n’y a rien de mieux pour exemplifier le racisme hypocrite des Japonais que les propos d’un Japonais raciste qui s’ignore.

“Mais on sait que les Russes, ce sont des buveurs légendaires. Ils ne veulent pas avoir d’ivrognes dans leur établissement, c’est donc logique qu’ils interdisent les Russes! (et donc par extension tous les barbares, parce que notre capacité supérieure à imbiber fait nécessairement de nous des alcooliques). Et puis, c’étaient des marins, ils avaient donc probablement des tatouages partout!”

Que des Russes aient indisposé le propriétaire parce qu’ils étaient ivres, soit, je comprends et je compatis. Mais leur crime était il d’être îvres, ou d’être Russes? Si vous voulez éviter ce genre de problème, interdisez donc aux ivrognes l’entrée dans votre établissement? Une mesure d’autant plus efficace qu’elle vous protégera de tous les ivrognes, qu’ils soient Japonais, Russes, Américains, Chinois ou même Canadiens (me regardez pas comme ça, je n’ai encore été aux sources chaudes, euh, chaud). Précaution inutile. Tout le monde sait que les Japonais ont beaucoup trop de classe pour s’enivrer (je ne me lance même pas dans le contre-argument ici, ça prendrait trop de temps pour uploader les maintes photos prouvant mon point).

Même chose pour les tatouages. Pourquoi les tatouages sont-ils interdits dans les onsen? Ce n’est pas un crime d’avoir des tatouages au Japon, pourtant. “Mais les yakuza ont des tatouages!” Encore une fois, pourquoi ne pas bannir les yakuza de vos établissements?

Ah, oui, je vois. Ca serait probablement de la discrimination envers les yakuza.

Je vous laisse y penser.

Et puis, si je ne vous aurai pas fait réfléchir, au moins vous aurai-je fait rire.

Sinon, j’ai eu une bonne journée occupée à la job, et malgré la chaleur qui me fatigue (oui, parce qu’il fait 32 ici), je vais bien.

Bonne fin de jourd’hui!

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Intruder!

Publié par Francois sur mai 26, 2008

Il y a tellement d’ignorance et de racisme qui découle de cette ignorance répandue au Japon. Vous le savez déjà, mais je viens d’en entendre un autre exemple et, bien, je vous en fais part.

On vient d’avoir la “pratique d’exercice pour les mesures en cas d’intrus dans l’école” (désolé, c’est long, mais en Japonais il y a un mot pour ca tout court et gentil “hinan kunren”). Je vous en avais déjà parlé l’an dernier je crois. Outre le fait que les probabilités qu’un intrus dangereux se pointe dans ma petite école de campagne sont aussi élevées que celles que j’ai d’arriver à mannger un repas au Japon sans me faire dire “Wow, vous êtes doué avec les baguettes, Mr. le Barbare!”. Mais je diverge du sujet.

Enfin, moi pendant ce temps je reste peinard dans la salle des profs à faire mes corrections tranquille, alors ils peuvent bien s’exercer à ce qu’ils veulent, j’en suis fort aise. Mais c’est d’entendre la nurse de l’école jaser avec l’(épaisse) de bibliothécaire (attention, c’est pas que ne l’aime pas, mais plus je comprends son Japonais, plus c’est l’impression qu’elle me fait) de la situation et de ce qu’on devrait vraiment faire si jamais il y avait un intrus dans l’école. Je vous présente un doublage de leur conversation.

A: Ca s’est bien passé, non?

B: Ah oui. Les enfants se sont regroupés rapidement. C’est bien.

A: Mais est-ce que c’est vraiment sécuritaire de les faire se regrouper comme ça…

B: Mais oui. Si on était dans un pays étranger, l’intrus aurait probablement un pistolet alors ça serait dangeureux. Mais nous sommes au Japon alors c’est correct que les enfants se regroupent.

A: Ah, bien sûr.

Encore une fois, on ne se prend pas la tête à essayer de démêler les différentes régions du Barbaricum et dire qu’on parle des États-Unis. Tout le monde sait qu’il n’y a que deux pays sur la planète Terre: le Japon et Gaikoku (pays de l’extérieur).

Au Japon, on entend ce genre de trucs dans la rue, au bureau, à la télé, et c’est normal. Tout le monde s’en fout. C’est évident. Personne ne s’indigne. On en rit, mais plus souvent, aucune réaction, tant c’est normal et accepté et répandu, cette idée que le Barbaricum est un endroit horrible et bizzare, et que le Japon est, véritablement, la seule terre sur cette planète qui soit civilisée, et que nous sommes dont chanceux de faire partie du peuple élu.

Vous pensez que j’exagère hein?

Non.

J’ai bel et bien entendu ça. Je l’entends souvent. C’est seulement qu’aujourd’hui j’ai eu la chance d’entendre cette remarque raciste ignorante dans un Japonais clair et facile à traduire alors que j’avais mon ordinateur à portée de la main.

Pour paraphraser une citation que ma mère tira de son roman dont le titre m’échappe mais dont la justesse ne fait aucun doute:

“Le gaïjin existe au Japon pour rappeler au Japonais ce qui n’est pas Japonais et donc regrettable.”

Je suis un peu frustré de ne pas avoir pu la sortir moi-même, cette phrase, mais je n’aurais pas pu dire mieux.

J’ai envie de la traduire en Japonais et de la peindre en spray sur mon capot de voiture.

Question de faire ma part pour combattre la discrimination et le racisme dans ce pays.

Quelqu’un seconde l’idée?

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May may…

Publié par Francois sur mai 17, 2008

… be over quickly!

Mai cette année est juste, simplement, comme on le dirait en Anglais, “FUBAR”. C’est à dire “Fucked Up Beyond All Recognition”. Avec la Golden Week, ou, enfin, le Golden-4-Jours dont on a hérité cette année, les journées sportives de mes trois écoles et d’autres évènements random, je me retrouve à travailler la fin de semaine et en congé des journées bizzares comme jeudi ou des lundi, journées plutôt inutiles où un gars en congé se retrouve avec pas grand chose à faire.

Pour faire changement des journées d’école. Au moins, l’hystérie collective des journées sportives va bientôt être finie et on va pouvoir commencer à travailler pour vrai. En bout de ligne, on va seulement avoir perdu un mois et demi d’école. Ensuite, ils se demandent pourquoi ils ont besoin de 220 jours pour boucler leur programme scolaire ici.

Oh well.

J’étudie pendant la journée et je joue à Gran Turismo 5 le soir. C’est du crack dans un BD (Blu-ray Disc), et une fois embarqué dans le mode online c’est dur d’arrêter. Je suis en train de me défaire les mains à faire tourner ma Lan-Evo X sur l’ovale de Daytona et au Mt. Fuji, mais c’est du pur plaisir, et j’ai hâte d’avoir amassé assez de crédits pour me payer la voiture ultime du jeu, la Ferrari F2007 (c’est à dire, la Formule 1). Ça me travaille passablement le Japonais de faire les réglages sur ma voiture, mais bon, je suis pas tellement bon en mécanique alors j’y vais avec méthode de “bon, on va mettre ce réglage-là au maximum, voir ce que ca fait, et on avisera après les accidents”.

Vous aurez compris, je ne suis pas tellement content de travailler un samedi. Je ne serai pas tellement content de travailler demain non plus, remarquez bien. En plus que je vais manquer le dîner d’adieu de mon amie Yuko qui s’en va pour trois mois aux États-Unis la semaine prochaine. En fait, j’ai plus hâte de revenir sur un cycle “normal” de semaines de 5 jours et de fins de semaines de 2 jours. Je sais, j’ai déjà fait des horaires pires que ça quand je travaillais à temps partiel, mais bon, je travaille dans une école maintenant.

Oh well. (again)

Au moins, j’emmagasine des journées de congé qui, si elles ne sont pas vraiment “gratuites” (parce qu’il faut que je travaille la fin de semaine pour les avoir), elles ont tout de même l’avantage de pouvoir être placées à ma guise. Entre autres, ce mercredi il y a un évènement dans quelques night clubs de la ville et ça devrait une bonne occasion d’aller prendre une brosse avec Hiroshi, Kei, Saemi et ma gang d’universitaires Japonais.

Bon, je vais aller étudier maintenant. J’avais pris un léger break d’étude mais je suis reparti sur un bon rythme et ça progresse plutôt bien. Les kanjis se refusent toujours à rester dans ma tête mais je ne m’en fais plus avec ça. S’ils ne veulent pas rester dans ma mémoire, ben c’est eux les pires!

Bonne fin de journée!

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Monday, Monday…

Publié par Francois sur mai 12, 2008

Qui aime les lundis?

Personne.

Pourtant, ce n’est pas que j’aie eu de la difficulté à me lever ce matin, mais quand même. C’est sûr qu’on bon meeting du matin de mon école secondaire ça aide à vous faire avoir hâte (déjà) à la fin de semaine prochaine.

Le seul problème, c’est que je travaille samedi et dimanche la semaine prochaine.

Bien sûr, comme le veut la coutume ici, comme je dois travailler deux jours de fin de semaine, j’ai droit à deux jours de “congés compensatoires”.

Je suis donc en congé jeudi de cette semaine et lundi de la semaine prochaine.

Je fais quoi avec ça moi, un jeudi de congé?

Avouez que c’est quand même poche, un jeudi de congé à la place d’une vraie fin de semaine. Enfin, je vais probablement dormir toute la fin de semaine au travail alors ça ne change pas grand chose en bout de ligne.

Sinon, ce samedi on s’est fait un barbecue (japonais) chez Erika, ce qui était sympathique excepté pour la présence d’un horrible chat dans son minuscule appartement. Les médicaments ont été sans effet, et même si j’ai déjà été plus amoché par mon allergie, c’était quand même devenu pénible au bout de quelques heures. Je n’y pige rien. Je vais chez les Yoshida qui ont un énorme et vieux chat aux poils longs qui en étend partout et je peux endurer assez longtemps sans devenir malade. Je vais chez Erika et elle a un minuscule chat aux poils ras (et pas de boules de poil dans la maison), et je me sens comme si on m’avait fait fumer deux paquets de cigarettes en dix minutes.

C’est pas mal tout je crois. J’ai fini par trouver comment regarder le championnat du monde de hockey sur le net (rien de compliqué, vraiment), mais c’est pas mal cher alors je crois que je vais m’en tenir aux finales.

Bonne fin de journée!

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Morning Meeting Blues

Publié par Francois sur mai 1, 2008

Je viens d’avoir deux ans. Je devrais donc être habitué aux idiosyncraties stupides et décourageantes associées à mon emploi dans une école Japonaise. Il n’en est rien. Si ça se trouve, ces idioties, ces “on le sait que c’est stupide mais on le fait quand même avec fierté parce que c’est Japonais”, me pompent de plus en plus d’air au fur et à mesure que mon Japonais s’améliore.

Bref, peu importe si j’ai envie ou pas d’aller travailler à l’école un matin donné, il y a invariablement un meeting matinal pour me la faire passer, l’envie de travailler. J’en ai ma claque d’entendre les profs déblatérer poliement sur des trucs qui ne sont pas de leurs affaires. Aujourd’hui, un prof “mettait en garde” tout le monde sur le fait que certains élèves n’étaient pas assez prudents à leur goût. Ça a discuté pendant un bon 15 minutes avant que le directeur ne s’aventure à dire “Est-ce que ça ne serait pas aux parents à s’occuper de ça? Nous on fait notre job de prof, laissons les parents faire leur job de parents!”

Sans effet. Mr. Prof Discussion-Comité commence a dire que c’est bien tout ça mais qu’il faudrait quand même en parler aux élèves pendant une heure après l’école aujourd’hui et que… Je ne sais pas ce qu’il à dit après, j’avais parti ma musique. J’en avais eu assez et je n’allais pas laisser ce stupide meeting gâcher le reste de mon début de journée.

Les Japonais ne sont pas tous vieux, poussiéreux et stupides. Ce qui me décourage, c’est que ces Japonais non-vieux, non-stupides et non-poussiéreux se ferment et laissent les Japonais vieux, stupides et poussiéreux mener leur monde. C’est de même dans toutes les sphères, dans ma petite école de campagne comme dans les plus hauts cercles de la politique Japonaise.

Comme je le dis souvent, si j’étais moi-même Japonais, je n’aurais qu’une envie, c’est de déménager. Je ne pourrais pas faire ma vie en étant obligé d’obéir aussi strictement à tant de règles et de traditions sans fondement, juste parce que “c’est comme ça”. Maintenant comme toujours, ce qui fait que je peux m’amuser autant au Japon, c’est que je peux plier certaines règles, n’étant pas moi-même Japonais et donc libre des attentes de la société Japonaise. Les Japonais se disent “Oh, c’est un imbécile de barbare, ce n’est pas de sa faute s’il ne comprend pas les règles/idiosyncraties de la langue/culture/société Japonaise.” Je vais admettre que dans certains cas, les barbares de passage au Japon (jugeons-en par la communauté de JETs de Kumamoto…) donnent quelque fondement au racisme des Japonais (sans toutefois le rendre acceptable, remarquez-bien).

Or, ce barbare-là vous comprend, chers Japonais. Oh bien sur, la culture et la société Japonaise sont si raffinées que c’est impossible pour un barbare de la comprendre dans l’espace d’une vie. Je n’arrête pas d’entendre des orientologues, expats et autres étrangers japonophiles (et généralement pédants) dire des choses du genre. Une fois pour toutes, CE N’EST PAS VRAI! Je me souviens du discours du consul général du Japon à Montréal, il y a un peu plus d’un an de celà. “Vous croyez que la culture du Canada et celle du Japon sont très différentes. Mais vous verrez vite, j’en suis sûr, que ces différences sont, en bout de ligne, superficielles, et qu’il y a beaucoup plus de points communs entre elles que l’on pourrait l’imaginer.” Je crois qu’il avait raison.

C’est que trop souvent, les barbares confrontés à des situations invraisemblables, incompréhensibles, inacceptables ou carrément mauvaises dans la société Japonaise vont se dire eux-mêmes “Ah, c’est un mystère de la culture Japonaise, c’est différent de chez nous, et c’est comme ça.” et jeter le tout dans le panier des “différences culturelles”. Au lieu de se dire “Ca, ça fait partie de la culture Japonaise, et c’est un mauvais point de la culture Japonaise.” Je ne me lancerai pas dans le gros débat du relativisme culturel et me contenterai de dire qu’il s’agit là de l’un des grands maux de l’ère des communications dans laquelle nous vivons.

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