The Barbarian and the Geishas

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Comme d’Habitude

février 8, 2009 · Laisser un commentaire

Bonjour!

Il ne s’est pas passé grand chose de notable ou d’intéressant ces temps-ci, donc, je n’ai pas eu grand chose à poster. (comme d’habitude)

Il ne fait pas vraiment froid ici, malgré le mois de Février. J’admets que c’est agréable de ne pas se les geler pendant la journée (on se les gèle quand même le matin, mais bon…), mais en contrepartie je dois entendre mes collègues se plaindre du réchauffement de la planète à tous les jours. J’ai essayé de discuter avec certains d’entre eux, de leur expliquer que le réchauffement planétaire n’était pas universellement admis, que beaucoup de scientifiques renommés n’y croyaient pas, et que Al Gore était un politicien, un orateur et un entrepreneur, mais pas un scientifique… mais, que voulez-vous, quand quelque chose est admis comme vrai ici au Japon…

Sinon…

Ah, ouais! Je me suis décroché un nouveau contrat de cours privés. Enfin, ce ne sont pas vraiment des cours… je me pointe chez la demoiselle, je lui jase ca en Anglais, je lui explique deux trois petits points, et je rentre chez moi avec des yens. Que la demoiselle en question soit tout à fait charmante (bien que gênée, mais bon, on parle d’une Japonaise qui doit s’exprimer en Anglais…) est un bonus bienvenu.

OK, ensuite… Je continue à faire du kendo. J’ai évidemment moins de motivation depuis ce que je vous ai raconté.  J’en ai jasé avec mes supérieurs et bon, c’est comme j’avais prédit. On est au Japon, et c’est comme ça que les choses fonctionnent. J’ai fait ce que j’avais à faire et j’ai protégé mes élèves. Il n’y a pas grand chose que je puisse faire de plus. Et je ne me priverai pas de faire quelque chose que j’aime juste à cause d’une personne. Et puis, je n’oublie pas. Je vais faire comme la mule du pape. Je le garderai le temps qu’il le faudra, mon coup de pied, mais je n’oublie pas.

Pour rester dans le kendo, et pour aller vers des nouvelles plus positives, j’ai passé mon examen de premier kyu! C’est sur que ca ne fait pas de moi un grand maître et que j’en ai encore énormément à apprendre, mais tout de même, ca fait plaisir de voir ses efforts récompensés de temps à autre. J’ai eu l’occasion de jaser avec quelques sensei éminents de la région lors du souper après l’examen. La plupart d’entre eux se sont, dans la plus pure tradition Japonaise, pété la face fort rapidemenent, mais j’ai pu avoir quelques conversations fort intéressantes avec ceux qui étaient encore sobres.

Pour le reste, je suis assez occupé à l’école et j’ai hâte que l’année soit finie, mais autrement tout va relativement bien.

A la prochaine!

Catégories : Kendo · Life in Japan

Dommage

janvier 21, 2009 · Laisser un commentaire

Je m’excuse d’avance pour le post d’aujourd’hui. Pas de satire politique. Pas d’histoire intéressante. Je ne chialerai pas contre les communistes. Je ne me moquerai même pas d’Obama.

Vous savez, il y a un pattern récurrent qu’on peut observer dans ma vie ici dans les tranchées. Vous savez que je me plais ici à Kumamoto. Ce n’est pas le meilleur endroit au monde, ce n’est pas parfait, il y fait trop chaud l’été et ca pue la vache très fort par endroits. Mais bon, j’y ai un emploi, un logis, des amis, une voiture, ce n’est pas la haute aventure comme vie mais c’est confortable.

J’ai souvent des moments comme ca ou, j’arrive du travail, je me fais à manger, je regarde les niaiseries à la télé Japonaise et je me dis “Ouais, finalement, je suis bien ici.”

En fait, des moments comme ca, ca m’arrive très souvent. Je n’en parle pas tout le temps dans mon blog parce que… eh bien, des bonnes nouvelles font rarement des posts intéressants. Et puis, souvent, quand je me plains sur mon blog, c’est pour faire sortir le méchant plus que parce qu’il ne m’est arrivé quelque chose de véritablement triste (et généralement, ca marche).

Mais cette fois ci je ne fais pas que me plaindre sans raison.

Bon, je vais quand même essayer d’être bref. (note: c’est raté)

Hier, comme à l’habitude, je me joins à la pratique de kendo de mon école. On pratique fort, comme d’habitude. Arrive la fin de la pratique, le professeur se pointe, la pratique se termine, et les élèves s’asseoient en rang devant le prof pour écouter son petit pep-talk avant de rentrer chez eux. Jusque là, tout est plutôt normal.

Cependant, le prof est fâché. Il y a des élèves qui ont oublié des devoirs trop souvent à son goût. Il gueule. Il gueule beaucoup. Se lève, continue à gueuler. Fout un coup de pied à l’élève (assis) qu’il était en train d’engueler. L’élève tombe sur le dos.  Le prof continue à frapper l’élève qui est maintenant par terre, tout en lui gueulant après. Après quelques coups, il se tourne vers un autre élève qu’il commence à frapper lui aussi. Il voit que je regarde, que je n’ai pas encore parlé mais que j’ai les poings serrés au point d’en avoir les jointures bleues. Il m’enjoint cavalièrement de me changer et de rentrer chez moi. Je me lève et je tente de lui parler. Finalement, quand je suis certain qu’il ne continuera pas, je me change et je pars. Avec mon sac de kendo et mes sabres, que je laisse pourtant tout le temps au dojo (parce que j’y vais à chaque jour).

Je ne sais pas vraiment quoi dire. Je trouve ca tellement frustrant, non seulement parce que je m’entendais bien avec ce prof avant ca mais aussi parce qu’il y a de grosses chances que je sois le seul à m’indigner de la situation. Nul besoin de vous dire que j’ai eu très sérieusement envie de me jeter sur le prof et de lui faire très, très mal. Suffisamment mal pour l’envoyer réfléchir à l’hôpital. Frapper des enfants, à coups de pied, en continuant même lorsqu’ils sont par terre, c’est répugnant et lâche. L’envoyer à l’hôpital pourun séjour prolongé aurait été la meilleure chose à faire.

Malheureusement, mais peut-être pour le mieux en bout de ligne (ca reste à voir), j’ai agi en Athénien plutôt qu’en Spartiate (c’est-à-dire que j’ai agi en pleutre). J’ai toute l’intention de rapporter l’évènement à mes supérieurs et à mes collègues. Après tout, les punitions corporelles sont formellement interdites au Japon, autant que dans n’importe quel pays civilisé.

Je ne me fais cependant pas trop de faux espoirs. Après trois ans, je commence à être suffisamment habitué à la façon dont les choses fonctionnent ici au Japon. Tous les gens à qui je vais en parler, en privé, vont se montrer fortement d’accord avec moi et me supporter. Tout le monde va être d’accord avec moi. Mais personne ne fera rien en bout de ligne. Pour ne pas débalancer l’harmonie et causer un bouleversement.

Tout de même, j’aurai la satisfaction de la victoire morale.

Bien maigre. Mais bon, quand on s’en tient à ce qui est correct, c’est de ce qu’on doit se contenter.

C’est parce que les bonnes personnes font ce qu’elles doivent faire que les salauds, eux, font ce qu’ils leur plaît.

J’ai envoyé mon message. J’ai paqueté mon armure et mes sabres, ce que je ne fais jamais. C’est dommage pour mes élèves, mais je n’ai pas l’intention de retourner au dojo. Je ne peux pas suivre et croire en l’enseignement d’un prof qui fait de telles choses.

Je trouve juste ca trop dommage. Surtout que ca arrive au club de kendo. La compétition sans haine, se battre dans le respect et avec courtoisie, n’est-ce pas la base du kendo? C’est ce qu’on m’avait appris, c’est ce que je croyais.

*respire*

Ouais. J’imagine que le sens de l’honneur c’est encore une de mes valeurs stupides de barbare qui n’ont pas leur place ici au Japon.

C’est dommage, parce qu’encore une fois, juste au moment ou je me disais en moi-même “Finalement, le Japon, ce n’est pas trop mal…”, arrive encore un évènement qui est en train de me faire changer d’avis.

Catégories : Karma · Kendo · Life in Japan · School

Une Histoire de Novembre

décembre 1, 2008 · Laisser un commentaire

Je viens de remarquer que dans mon dernier post sur mon blog, je me plaignais encore de la chaleur. Ouais, ca fait vraiment longtemps! Comme à chaque année, l’hiver s’est faufilé tel un ninja sur Kumamoto et nous est tombé dessus. De la saison de l’air climatisé et de la sueur, on est rendus a la saison des poeles au kérosène, de la grippe et des maisons aux murs non isolés. Mais je m’en fiche un peu. Je suis trop occupé pour avoir froid. Novembre est passé dans le temps de le dire. J’ai été très occupé avec le travail, mes études et mon kendo.

Le JLPT s’en vient à grands pas. Mais, qu’il s’amène. Je l’attends avec une brique, un fanal et un sabre de kendo. Oui je sais, je me suis beaucoup plaint d’avoir de la difficulté avec les kanjis et d’avoir peur d’échouer le test. Mais c’était avant que je ne fasse des tests de pratique. Je me suis procuré chez Tsutaya les tests de 2004, 2005 et 2006, et (sans grande confiance en moi je l’admets), je suis passé à l’attaque.

Les résultats:

2004: 329/400 (82/100)

2005: 366/400 (91/100)

2006: 325/400 (81/100)

La note de passage étant de 260/400. Ce n’est pas nécessairement un succès assuré, mais disons que ca regarde plutôt bien. Enfin, pour être honnête, je me trouve toujours horriblement poche avec les kanjis, mais bon, tant que je passe le test, je suis prêt à mettre ma fierté de côté.

A part ca, pas grand chose de nouveau. Ah oui. Une soirée de bouffe coréenne (c’est-à-dire encore plus spicy que du mexicain) + une fin de soirée karaoke avec crème glacée à volonté (à défaut de bière parce que j’étais évidemment accompagné de ma chère celi), disons que ce n’était pas l’idée du siècle. Enfin, j’ai survécu.

Bonne fin de journée!

Catégories : Japanese Study · Life in Japan

Swords and Cars, Sweat and Gasoline

octobre 24, 2008 · Laisser un commentaire

Bonsoir,

Tout va toujours très bien ici. Il s’est passé beaucoup de choses ce mois d’octobre, mais j’ai été un peu occupé alors je n’ai pu en glisser mot ici. J’ai du aller à l’hôpital une nouvelle fois pour me faire soigner un ongle incarné. Mais cette fois ci j’ai eu droit à une chirurgie proprement dite. Le shaman m’a coupé environ la moitié de l’ongle d’orteil jusqu’à la racine. Ca a été long, fastidieux et ennuyeux (bien que parfaitement sans douleur), mais normalement ça devrait être la dernière fois que j’ai a m’en soucier.

Si on exclut le hiatus d’une semaine causé par l’hôpital, j’ai passé le plus clair de mes temps libres du mois d’octobre dans ma celica ou au dojo. Je vais au kendo 2-3 fois par semaine ces temps-ci et si je manque encore un peu d’endurance (et beaucoup de technique), je commence à être capable de marquer des points lors des pratiques. Je suis un peu déçu de mon manque de condition physique. Après deux heures de pratique, je n’en peux absoluement plus, je suis crevé, claqué, terminé. Enfin, c’est proablement normal, je ne suis pas encore habitué aux mouvement, au style de pratique, même à porter l’armure. L’important c’est que je peux suivre le rythme des élèves maintenant. J’ai également passé pas mal de temps à étudier (je n’ai pas comptabilisé les heures sur mon blog, mais j’en ai fait pas mal…). On est bientôt rendus en novembre, et la température est toujours très agréable ici. Il fait encore entre 25-27 degrés en moyenne ici. On a encore des journées en haut de 30 de temps à autre.

Voilà, c’est tout. Je vais probablement encore me promener dans ma celica en fin de semaine. Je vais encore jouer à mon jeu préféré “Perdons nous dans les montagnes de Kumamoto!”, qui consiste à aller dans les montagnes, de prendre un virage au hasard (préférablement qui n’est pas sur la carte) et ensuite d’essayer de rentrer chez nous.

Sur ce, bonne fin de soirée!

Celica in the touge

My 愛車 (aisha) in the 峠 (touge),

Un petit village (Ryumon? je ne suis pas certain) dans les montagnes.

Un petit village (Ryumon? je ne suis pas certain) dans les montagnes.

sunset from touge

Un coucher de soleil pris en rentrant d'une run de montagne.

Catégories : Celica · Kendo · Life in Japan

A Storm is NOT Coming

septembre 18, 2008 · Laisser un commentaire

Je suis déçu. Le taifun a viré à l’est et va effleurer le sud de Kagoshima pour ensuite s’en aller vers Shikoku. Kumamoto est, une fois de plus, épargnée. Enfin, on a droit aux relents du taifun et ca nous donne un bon petit vent frais et un peu de pluie.

*soupir*

Il va falloir s’en contenter.

En remplacement de la tempête qui a décidé de nous snobber, je vous offre donc une tempête de mots. En écrivant sur mon blog hier, j’ai eu une envie de faire un post politico-philosophique. Je viens de trouver un sujet en regardant le feed RSS du National Post sur mon blog. Je vais essayer de demeurer bref.

http://www.nationalpost.com/nationalpost/story.html?id=798057

En résumé, c’est l’ordre des médecins de l’Ontario qui a décidé de ne pas aller de l’avant avec une loi (c’est le bon mot? loi?) qui punirait plus sévèrement les médecins qui refusent d’administrer un traitement en raison de convictions religieuses ou autres(par exemple un médecin catholique qui refuserait de traiter un patient homosexuel).

Suis-je le seul à trouver que c’est regrettable?

Suis-je le seul à trouver innacceptable qu’un médecin décide de refuser un traitement à un patient parce qu’il trippe sur un livre? Heureusement, il ne s’agissait que d’une proposition pour rendre le règlement plus sévère, et il existe déjà des provisions pour punir les médecins aussi irresponsables. Enfin, j’imagine qu’une personne suffisamment douée pour devenir médecin a généralement suffisamment de jugement pour ne pas laisser quelque chose d’aussi méprisable et insignifiant que la religion compromettre son professionalisme et le bien-être de ses patients. J’imagine donc qu’il n’y a pas tant de médecins qui doivent être ainsi disciplinés.

Je ne sais plus vraiment à quoi m’en tenir avec la religion et les trippeux de Bible et de Koran. Je vais essayer de mettre de côté ma propre non-religiosité et mon mépris vitriolique pour ces jeux puérils que sont les religions et de rester un tant soit peu objectif. D’un côté, je sais que la tolérance, c’est important. Mais je crois également que la laïcité est un ingrédient essentiel de la société moderne. A plus forte raison dans un pays qui se veut multi-culturel, ouvert et moderne comme le Canada. Je ne dis pas qu’il faut envoyer les gens dans des camps de rééducation. Seulement, sans avoir besoin de définir la société Canadienne et ses valeurs au iota, je crois qu’il est nécessaire de tracer des grandes lignes. Et dans une de ces grandes lignes, on doit s’assurer que les politiciens, docteurs, policiers, soldats, et tous ceux a qui on confie de grandes responsabilités ne puissent pas laisser leur idéologie, religion ou lubie quelconque venir les empêcher de performer leur devoir.

Je ne dis pas qu’on devrait bannir la religion ou que les gens qui exercent de telles professions devraient tous être des androïdes pré-programmés sans croyances ni principes. Mais je crois que les croyances et les (ack) religions sont des concepts avant tout personnels. Dans le cas d’un médecin qui refuse un traitement sur des raisons religieuses, ca cesse d’être personnel. Il impose indirectement sa religion a son patient qui ne la partage pas. Et je crois que ça, c’est inacceptable.

Et c’est inacceptable même si, contrairement à moi, on accepte la religion. Je ne crois pas qu’il y ait une religion en ce monde qui ne prêche pas la tolérance et la compassion dans ses écrits. La compassion, c’est mettre les autres avant soi. C’est ne pas être égoïste. Priver un patient de son traitement, d’une partie (ou de la totalité) de son bien-être pour ce qu’on pense soi, personnellement, je ne peux imaginer une forme plus flagrante d’égoïsme.

Copieux verbiage, je concède, mais dans le fond, tout se résume par le vieil adage “Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres.” La liberté de pensée et de religion des médecins s’arrête là ou commence celle des patients d’être traités et soignés.

Wow, j’ai réussi à parler de religion sans me mettre à frapper dans les murs et à baver de l’acide. J’ai grandi il faut croire!

Catégories : Life in Japan · Politics

A Storm is Coming?

septembre 17, 2008 · Laisser un commentaire

Quoi dire, sinon que l’école est recommencée et que l’été achève. Ce n’est définitivement pas la période la plus plaisante de l’année, mais tout comme les taxes et la paperasse, c’est inévitable. Il n’y a pas grand chose à dire sur ma vie quotidienne présentement, sinon que, côté santé, j’ai enfin réussi à passer la barrière des 73 kilos et que j’ai officiellement perdu 3 tailles de pantalon depuis l’an dernier.

On a un taifun (Sinlanku qu’il s’appelle, je crois) qui s’en vient vers Kyushuu mais il n’est pas très fort et il va toucher terre au sud dans le coin de Kagoshima alors nous à Kumamoto on devrait s’en tirer avec de la pluie.

Je suis décu!

A écouter les Japonais, les taifun, c’est terrible, et à chaque année c’est la dévastation, la destruction totale, l’armageddon apocalyptique! Pourtant, voila trois ans que je suis ici, et je n’ai eu droit qu’à un taifun (et un petit, de surcroit). Même chose pour les tremblements de terre.

Je pourrais me comporter comme les Japonais qui vont à Paris et qui tombent en dépression parce qu’il se rendent compte que Paris, et bien, il y a des jolis coins et bien des choses à voir, oui, mais ce n’est pas exactement partout comme dans les revues (et que, si on en croit les rumeurs, il y a beaucoup de crottes de chiens dans les rues).

“On m’avait dit que le Japon, c’était plein de tremblements de terre, de taifuns et de désastres! Vous m’aviez promis mort, sang et destruction! Je veux être remboursé! Je vais piquer une crise!!! AARGH!”

Ouais, je crois qu’il y en a ici, tout comme au Québec, qui aiment jouer au martyr et s’engager dans la perpétuelle compétition de “Qui est le plus à plaindre?”

Sans grande surprise, on ne parle pas beaucoup de Ike qui a fait des ravages au Texas à la télé ici. Tout le monde sait que, les ouragans, ca a été inventé au Japon et que ca n’existe pas ailleurs.

Je dois avouer à ma grande honte que je suis relativement pour ce qui est des nouvelles venant du Nouveau Monde. C’est que les médias Japonais sont remarquablement bien isolés du monde extérieur et que même dans les rares cas ou le Barbaricum fait manchette, les nouvelles sont généralement transmises avec la naïveté et le manque d’intérêt typique du Japonais pour l’étranger. Le tout dans un Japonais de NHK (c’est comme du Français Radio-Canada, c’est bon pour dormir mais pour comprendre ce qui se passe…), alors vous m’excuserez si je pars le Playstation 3 à la place.

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de!

Catégories : Life in Japan

King of the Road

août 25, 2008 · Un commentaire

Les Olympiques sont terminés. La grande chaleur et les nuits à l’air climatisé aussi. Tout comme mes vacances d’été. Le travail recommence, et avant qu’on ait le temps de s’en rendre compte, l’hiver Japonais, avec ses températures douces mais son manque cruel de chauffage, sera la. J’ai trop fait de kendo la semaine dernière alors j’ai mal. J’ai été dans un party avant hier avec plein de mecs souls qui essayaient de me faire le “frontal grab” et qui se demandaient ensuite pourquoi j’étais en criss.

Mais comme disait Confucius: IT DOESN’T MATTER!

J’en avais déjà parlé avant, et ca fait déja un mois que c’est fait, mais je voulais attendre un peu avant d’en jaser, question d’avoir un peu de, hmmm, expérience. Je me suis acheté une nouvelle voiture! Bon okay, c’est une nouvelle vieille voiture, mais bon…

Tadam!

NON! Ca c’est ce que j’avais avant! Une Suzuki Wagon R 1997. Avec un moteur d’environ 40 HP, un AC qui marche pas, une aile scratchée et 3 portes. Oui parce qu’il n’y a une porte arrière que sur le côté droit, histoire de sauver quelques yens j’imagine (en fait, je le sais pas…). Bref, c’était à pleurer comme voiture, mais, pour rendre à César ce qui est à César, elle m’a bien servi ces deux dernières années.

C’est pas mieux comme ca? Enter my new ride. Celica 1994 SS-II. Et manuelle 5 vitesses, ce qui est une rareté ici au Japon. Tellement rare en fait, que, contrairement à la logique commune en Amérique (et considérant qu’une boîte manuelle est plus simple et donc un peu moins coûteuse qu’une boîte auto), les voitures manuelles ici sont plus chères que les automatiques. Je sais, c’est pas une GT-4 (la Celica légendaire du WRC), mais comparez les prix pour une GT-4 et une SS-II de la même année et vous comprendrez mon choix.

J’ai longuement hésité entre la Celica, la MR-2, et la Supra. J’ai malheureusement du éliminer la Supra assez rapidement. Outre le coût d’acquisition (enfin, c’était pas trop mal, mais plus que la SS-II, définitivement), ça m’aurait coûté une petite fortune rien que pour l’assurer. La MR-2 j’ai éliminé assez rapidement aussi. J’adore la MR-2 (surtout le modèle deuxième génération SW20) et j’en ai trouvé quelques unes dans le même range de prix que la SS-II. Mais la MR-2 c’est une petite voiture et c’est une mid-ship (= moteur dans le derrière de la voiture). Ce qui signifie zéro espace de rangement (enfin, il y en a, sous le capot avant, mais c’est pas assez pour faire rentrer mon équipement de kendo et ca c’est vital!) et des sièges arrières qui vont me faire hair par n’importe qui ayant à s’y asseoir.

Pour en arriver a ma petite Celica SS-II. Avec un bon moteur (proche de 190 HP), un espace de rangement suffisant pour le vital équipement de kendo (imaginez, si vous ne pouviez pas transporter votre poche de hockey/sac de golf dans votre voiture), et le look inégalable des voitures sport Japonaises des années 90. Oui, je sais, c’est une 1994, donc en fait plus vieille que ma Wagon R, mais elle est en bien meilleur état, moins de kilométrage (140 000 contre 100 000) et mieux entretenue. Et puis, franchement, regardez le modèle de Celica 1998-2000. C’est une insulte au bon goût et on m’en aurait offert une pour moins cher que j’aurais quand même choisi la 1994.

Je n’ai même pas besoin de vous dire quel plaisir ca fait de pouvoir monter des côtes sans avoir à mettre le pied au plancher, d’être capable de faire plus que 60 km/h sur du plat, d’aller sur l’autoroute! Bon OK, les autoroutes au Japon à péage et la limite de vitesse est à 80 km/h… mais bon, au Japon comme au Canada, les limites de vitesse sur les autoroutes sont plutôt traitées comme des suggestions. En fait, j’ai essayé de m’en tenir a la limite de 80 mais je me faisais dépasser par la gauche et par la droite et c’était terrifiant alors j’ai du écraser un peu pour suivre le trafic.

Côté pécunier même, ca n’est pas trop mal. Je m’en suis tiré pour 370 000 Y de dommages totaux. Ca comprend 210 000 pour la voiture elle même, 50 000 pour la taxe routière, 100 000 pour le shaken (inspection obligatoire et réparations subséquentes), 30 000 de réparations non couvertes par le shaken pour un total de 390 000Y, moins 20 000 pour la reprise de ma vieille voiture, ce qui nous met a 370 000 Y. Le shaken et la taxe ont été durs à avaler, mais bon, c’est la procédure standard ici et j’ai vraiment eu un bon deal pour la voiture elle-même alors ca va. Chose surprenante, mes assurances mensuelles ont à peine monté. Je payais 7000Y/mois avec ma Wagon R, et je m’attendais à payer environ 12 000Y/mois pour la Celica. Finalement, les dommages mensuels sont limités à 8000Y/mois, ce qui est fut une excellente surprise. Mon dossier de conduite blanc, mon âge (si ca avait été l’an dernier, j’aurais probablement saigné plus) et ma fidélité envers la compagnie (il y a deux ans à pareille date, je payais 12 500Y/mois, pour ma Wagon!) y ont été pour quelque chose.

Je dois avouer, je pleure à chaque fois que je dois amener ma petite Celica au poste d’essence, avec le litre d’essance aux alentours de 185Y. J’ai de la chance, à Kikuchi, deux nouvelles stations service viennent d’ouvrir et se livrent une petite guerre des prix qui fait en sorte que dans Kikuchi je paie habituellement mon essence aux alentours de 169Y du litre. Le truc, encore une fois, c’est d’utiliser la voiture intelligemment. Tous les moyens de transports sont dispendieux au Japon (l’aller-retour en bus jusqu’à Kumamoto me coûte entre 1400 et 2100Y dépendamment de l’heure), et il n’y a pas de trains à Kikuchi alors… Et puis, depuis que j’ai ma Celica, je n’ai pas pris une goutte d’alcool, alors j’économise la aussi. Le raisonnement étant que, ma voiture et moi ayant tous les deux un problème de boisson, ma situation financière ne me permettant de financer qu’une seule de ces dépendances, j’ai choisi de financer la plus utile des deux, c’est à dire la voiture. Et puis, c’est pas comme si j’avais le choix, c’est tolérance zéro ici (avec raison d’ailleurs, quand vous voyez comment les Japonais sont incapables de boire sans trop boire, mais je digresse).

Pour rester dans le domaine des dépenses, je me suis enfin procuré mon propre équipement de kendo. 80 000Y de dommages pour l’armure complète et des vêtements neufs. Ca fait beaucoup de yens, mais quand on y pense, ce n’est pas pire que s’acheter un équipement de hockey ou un sac de golf. Et puis c’est acheter la santé (bon OK, il y a beaucoup de douleur et de bleus qui viennent avec, mais bon, a long terme), et ça, ca n’a pas de prix. J’ai passé un vendredi après-midi complet à essayer de laver à la main mon gi et mon hakama et ma salle de bain est tachée de teinture indigo, mais autrement, tout va bien. Le seul problème, c’est que je vais devoir m’acheter un nouveau shinai (sabre) parce que j’ai cassé celui que m’avait gracieusement offert mon sensei en pratiquant mercredi dernier.

Hier, j’ai été voir Detroit Metal City au cinéma. C’est un film Japonais avec un groupe de musique pseudo-Kiss/death metal, et c’était absolument tordant. Et j’ai compris la grande majorité des dialogues, ce qui m’a surpris mais également motivé à étudier encore plus.

Bref, je m’amuse, sur la route et au dojo. Je suis absolument dévasté à l’idée d’avoir à reprendre le travail ce mercredi, mais j’ai un road trip (SOLO cette fois ci, pas de gamins îvres dans ma voiture) de prévu du côté d’Oita et de Beppu ou j’ai des amies à aller visiter.

Bonne fin d’!

Catégories : Cool Stuff · Life in Japan

Over the Mountains…

août 9, 2008 · Laisser un commentaire

We had the best. camp. ever.

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir de me joindre au camp d’Anglais de l’école secondaire (senior high, secondaire 4-6) de Kita Kumamoto. C’est l’école avec un cours d’Anglais spécialisé et un des rares endroits ou on peut voir des Japonais pure laine parler Anglais. Le camp était à Oguni, un petit village perdu dans les montagnes non loin du mont Aso. Au début, je m’étais porté volontaire pour aider juste parce que ca me permettrait de passer 3 jours loin de ma commission scolaire bien-aimée.

Ca aura été une de mes meilleures expériences depuis que j’ai mis les pieds à Kumamoto.

Par ou je commence.

Je vous l’ai déjà dit, au niveau ou je travaille (secondaire 1-3), les jeunes sont sur-disciplinés et infantilisés. Alors travailler avec des jeunes du niveau au-dessus, sans ce carcan inutile et stupide, c’est rafraîchissant. Plus, c’étaient les jeunes du programme spécial d’Anglais, donc plus verboses et ouverts sur le monde que la majorité des jeunes avec lesquels j’ai pu travailler. J’ai pu jaser de toutes sortes de trucs avec eux, de la situation du monde aux voitures de course, et sans le moindre mot de Japonais. Il y a plusieurs jeunes dans cette classe qui ont énormément de potentiel et qui vont pouvoir accomplir de belles et grandes choses, j’en suis certain.

J’aurais des histoires à n’en jamais finir, alors je vais me taire et me contenter de laisser les images parler.

Voyez sur son t-shirt! Je me suis fait demander plusieurs fois mon autographe…

Après le cours du matin. Parce que chaque ALT devait donner quelques cours dans la journée. Étant en vacances, j’ai décidé de ne pas enseigner l’Anglais, mais le Francais! Et puis, un autre des ALT donnait un cours d’Espagnol alors… Ca a été un hit! Surtout quand j’expliquais aux gars que les filles adoraient qu’on leur parle Francais parce que c’est si romantique. Je leur ai fait un speech sur comment les langues étaient inter-reliées et que leur compétence en Anglais leur permettait d’assimiler le petit peu de Français que je leur enseignait beaucoup plus rapidement qu’ils n’avaient pu assimiler leurs premiers mots d’Anglais. Enfin, peu importe les grands speechs et les leçons de vie, on s’est bien amusés et c’est tout.

Après la compétition de débats! Les deux équipes que j’ai coaché ont fait une job fantastique. Je leur ai répété à plusieurs reprises que l’important dans un débat, ce n’était pas tant de se préparer que d’être attentif au discours de l’adversaire et d’être sans pitié, autant envers soi-même qu’envers l’équipe adverse. Et qu’en bout de ligne, ce qui comptait c’était de mettre ses tripes sur la table et d’avoir confiance en soi. Et mes deux équipes, lorsqu’elles se sont affrontées, ont pris mes conseils à coeur. Ca a donné le débat le plus ‘débat” de toute la compétition. En fait, c’était le débat qui avait le plus l’air d’un débat, avec des accusations, questions, rebuffades et poings sur la table. C’était génial, et j’étais fier de mes deux équipes. Mais surtout des filles, elles ont fait un bon travail d’équipe et c’était beau a voir.

Le soit, on s’est fait un méga-barbecue/yakiniku, et on a tous mangé comme des porcs. Avec Aika, Sayuki, Yuki et Mai (mon ancienne élève!) (yay, je me souviens de leurs noms!)

Encore le barbecue!

Encore au barbecue, en train de faire des niaiseries, comme d’habitude.

Bref, on a tous eu bien du plaisir et c’est certain que je vais me porter volontaire l’an prochain aussi!

A la prochaine!

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Babysitting

août 6, 2008 · Laisser un commentaire

Il s’en est passé des choses ces deux dernières semaines. Je n’ai pas arrêté une minute et je suis claqué. Je vais essayer de me souvenir de tout…

J’ai passé la dernière de juillet et le début de la première d’août à aider un des ALT Américains de Kikuchi à se préparer à rentrer au pays. Je vous ai déjà dit de ce que je pensais de ces jobs de traduction/interprétation. L’Américain, c’est pas un mauvais Jack, mais il est très gratteux (dans le genre, “passe moi 100$ parce que je ne veux pas payer 50 sous pour aller me retirer 100$ au guichet parce que c’est dimanche”), très “vedge” (j’essaie de soigner mon vocabulaire, mais je n’arrive pas a trouver de meilleur mot, désolé), et malgré ses 24 ans se comporte généralement comme s’il en avait 16. Et mes patrons de la commission scolaire, et bien, ont-ils besoin d’une présentation? D’être négociateur/traducteur/interprète entre deux parties qui n’ont pas vraiment envie de s’entendre, c’est frustrant, d’autant plus que je dois dealer avec les plaintes et la colère des deux côtés à la fois (en dépit d’en avoir absolument rien a foutre).

Mais ce n’est pas tout. Se trouve que le contrat de mon collègue Américain se termine le 5 août. Il doit donc rester à Kikuchi pendant une semaine en août. Or, s’il reste une semaine dans son appartement en août, il doit payer la rente pour le mois entier. Ce qui est du vol, mais pour le Japon, il semble que ca soit standard (il y a un petit coin de moi qui est curieux de savoir si ca se passerait ainsi pour un locataire Japonais mais bon…). Je vous l’ai dit, mon collègue Américain, il a ses défauts, mais ce n’est pas un mauvais Jack. Alors je discute un peu. Il se trouve que son stock est pas mal déjà paqueté/shippé (oui, je sais, c’est moi qui l’a aidé). Il a quelque chose à faire à tous les jours alors tout ce dont il a besoin c’est d’un endroit ou poser ses bagages et dormir. Je lui offre donc l’hospitalité, puisque de toute façon ca ne m’enlève pas grand chose et ca lui évite de jeter de l’argent par les fenêtres. Ce qui m’a un peu dérangé, c’est que ma boss a presqu’eu le front de me demander de le faire,

(note mentale: faut vraiment que j’ajoute la compétence “Laisser les autres dealer avec leur marde eux-mêmes” a ma feuille de personnage à mon prochain level-up)

C’est pas qu’il a été un hôte indésirable, mais bon… Enfin, tout est fini de ce côté là et en bout de ligne ca n’aura pas été trop mal. Je m’en tire avec de légers maux de tête, trois ou quatre oreillers garrochés parce que mon “co-loc” ronflait et un appartement en désordre parce que pas configuré pour le mode 2-joueurs, mais bon, j’ai du bon karma d’emmagasiné, mon invité est maintenant en Amérique sain et sauf, et une semaine géniale qui s’en vient.

Si ca se trouve, j’en aurai appris un peu plus sur le métier d’interprète, métier qui, barbare trilingue de mon état, je peux éventuellement envisager de contempler (wow) ici au Japon. Être interprète, c’est comme garder des enfants. La différence, c’est que les enfants ont l’air d’adultes et ont besoin du babysitter pour s’engueler entre eux.

Ca fait sens pour vous? Pour moi oui… en tout cas…

(J’ai compris, je retourne étudier.)

La suite au prochain post!

Catégories : Life in Japan

Welcome…

juillet 22, 2008 · Laisser un commentaire

to my f*cking sauna!

C’est l’été, nous sommes à Kumamoto. Depuis le début de juin que nous avons droit à notre douche de pluie quotidienne et a des températures aux alentours de 30. Il fait chaud et humide, c’est inconfortable, et quand on sort dehors on a l’impression d’être dans un sauna à ciel ouvert. Mais c’est quand même mieux que l’hiver sans chauffage si vous voulez mon avis.

Qu’est-ce qui se passe dans ma vie? Je ne sais pas trop… juin est venu et est reparti sans que je m’en rende compte. C’est pas que je me soie ennuyé ou quoi que ce soit. Mais j’ai été assez occupé au travail en juin et avec la pluie et la chaleur j’imagine que ca produit ce genre de résultats.

Sinon, quoi dire, le temps passe, et assez vite. D’ici deux semaines, celà va faire deux ans que je suis en service ici dans les tranchées. Je suis maintenant un vétéran, un vieux de la vieille, un vrai de vrai. Entre le travail, la chaleur, les kanchos, les insultes racistes volontaires et involontaires, les regards méfiants, je trouve le moyen de m’amuser à mon goût. Ma vie ici comporte, comme vous le savez, le lot de difficultés inhérent à mon statut d’extra-terrestre, mais vous savez que je ne la changerais pour rien au monde.

OK, je serais prêt à accepter une job ou je ne suis traité ni comme un obstacle ou comme un junior. Mais bon, ca n’en tient qu’à moi et j’y travaille comme vous le savez.

L’école est en mode “vacances d’été”, ce qui signifie que les élèves ne sont pas obligés de venir à l’école. Mais la majorité d’entre eux viennent quand même. A 7 heures, tous les matins, il y a l’entraînement matinal de course et de “track and field” ou la majorité des élèves viennent. Ensuite, il y a les clubs sportifs, jusqu’en après-midi. Puis, les jeunes restent à l’école pour faire leurs devoirs de vacances d’été. Bref, pour s’en tenir a la tradition Japonaise qui veut que tous soient toujours tout le temps occupés, ce ne sont pas vraiment des “vacances”. Mais c’est quand même plus relax et agréable que la saison régulière. De mon côté, je vais à l’entraînement du matin ou au club de kendo, et j’étudie l’après-midi, alors je n’ai pas à me plaindre, sauf peut-être de la fatigue musculaire, mais bon, comme disait Confucius, c’est de la bonne fatigue.

Bonne fin de journée!

Catégories : Life in Japan · School