The Barbarian and the Geishas

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Bonne Année!

avril 23, 2009 · Laisser un commentaire

Trois raisons qui expliquent la sécheresse de mes commentaires pour le mois d’Avril. La première, c’est qu’il a fait beau, que j’ai passé beaucoup de temps à étudier, à faire du kendo et à maltraiter ma pauvre Celica, et que je n’ai donc pas grand chose à me plaindre. La seconde, c’est que le seul incident qui est venu ponctuer mon mois d’Avril cette année, c’est un autre cas d’ongle incarné sur le même orteil que j’avais fait opérer l’été dernier. Il s’agit d’un évènement banal, inintéressant et chiant duquel je n’ai aucune envie de parler et auquel mes lecteurs (je l’espère) ne portent aucun intérêt de toute façon.

La troisième, c’est qu’avec la nouvelle année (scolaire, qui commence en Avril au Japon comme je l’ai déjà mentionné), mon horaire et mon rythme de travail ont considérablement changé. D’une école primaire et une secondaire dans le même village, je fais maintenant trois écoles secondaires aux quatre coins de Kikuchi. En fait, je conserve l’école secondaire que j’avais auparavant, donc j’ai deux nouvelles écoles. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, bien au contraire. Changer le mal de place, faire la rotation des émotions, comme on dit en Japonais, c’est rarement mauvais. Ca m’a donné l’occasion de rencontrer de nouveaux collègues, de nouveaux élèves, et ca brise la monotonie.

Une de mes nouvelles écoles est fort semblable à celle ou j’ai travaillé jusqu’à présent. C’est une petite école dans un petit village plein de champs de riz. Les élèves sont tranquilles, sérieux, travaillants et respectueux. Ils sont également assez matures pour savoir quand c’est le temps de rigoler et quand c’est le temps d’être sérieux. J’ai vu des élèves échanger des blagues avec le directeur pendant la période de nettoyage quotidienne et les profs comme les élèves riaient de bon coeur. Enfin, ca serait l’école parfaite, mais il y manque malheureusement un club de kendo… Enfin, je m’y plais, c’est ce qui compte.

Ma seconde nouvelle école est différente. C’est une plus grosse école (plus de 300 élèves alors que mes autres écoles font environ 150-160). L’atmoshpère y est quelque peu différente. Alors que l’ambiance dans la salle des profs de mes deux autres écoles est plutôt relaxée, celle-ci est plutôt serrée et sérieuse. Et donc ennuyeuse pour moi, mais bon, quand ca ne fait pas mon affaire, je mets mes écouteurs et j’étudie (ce qui fait partie de mon travail de JET, de toute facon, alors…). Pour les élèves, c’est le contraire. La discipline est lâche. Je vous ai déjà dit que je trouvais la discipline trop serrée dans mon école. Et bien que je pense encore que les profs pourraient laisser un peu plus de lousse à leurs élèves, après avoir vu dans ma nouvelle école quelques exemples navrants e ce qui arrive quand la discipline se désagrège trop… j’ai encore trop de fierté pour leur donner raison, mais je dirai seulement qu’ils n’ont pas tort sur certains points. Enfin, la plupart des élèves sont très corrects, mais il a quand même fallu que je me fâche quelque fois contre des élèves qui dorment ou jasent en classe, ce que j’avais rarement eu à faire auparavant.

Comme il s’agit d’une plus grosse école, on a assez de volume d’élèves et de profs pour séparer les classes d’Anglais selon le niveau. Je trouve que c’est une bonne idée. Cependant, ca me frustre un peu que les profs s’obstinent à me faire travailler avec la classe des moins avancés, qui ont probablement le moins à gagner de mon enseignement. J’ai l’impression de perdre mon temps, d’autant plus que la majorité des élèves qui sont dans le cours de base y sont parce qu’ils n’étudient pas, ne font pas leurs devoirs et dorment en classe.

Enfin, tout cela pour dire que je suis la, que tout va bien, et que je commence à avoir hâte à l’été!

Bonne fin de!

Catégories : Life in Japan · School

The Writing’s on the Wall

mars 12, 2009 · 2 commentaires

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Catégories : School · Study

Dommage

janvier 21, 2009 · Laisser un commentaire

Je m’excuse d’avance pour le post d’aujourd’hui. Pas de satire politique. Pas d’histoire intéressante. Je ne chialerai pas contre les communistes. Je ne me moquerai même pas d’Obama.

Vous savez, il y a un pattern récurrent qu’on peut observer dans ma vie ici dans les tranchées. Vous savez que je me plais ici à Kumamoto. Ce n’est pas le meilleur endroit au monde, ce n’est pas parfait, il y fait trop chaud l’été et ca pue la vache très fort par endroits. Mais bon, j’y ai un emploi, un logis, des amis, une voiture, ce n’est pas la haute aventure comme vie mais c’est confortable.

J’ai souvent des moments comme ca ou, j’arrive du travail, je me fais à manger, je regarde les niaiseries à la télé Japonaise et je me dis “Ouais, finalement, je suis bien ici.”

En fait, des moments comme ca, ca m’arrive très souvent. Je n’en parle pas tout le temps dans mon blog parce que… eh bien, des bonnes nouvelles font rarement des posts intéressants. Et puis, souvent, quand je me plains sur mon blog, c’est pour faire sortir le méchant plus que parce qu’il ne m’est arrivé quelque chose de véritablement triste (et généralement, ca marche).

Mais cette fois ci je ne fais pas que me plaindre sans raison.

Bon, je vais quand même essayer d’être bref. (note: c’est raté)

Hier, comme à l’habitude, je me joins à la pratique de kendo de mon école. On pratique fort, comme d’habitude. Arrive la fin de la pratique, le professeur se pointe, la pratique se termine, et les élèves s’asseoient en rang devant le prof pour écouter son petit pep-talk avant de rentrer chez eux. Jusque là, tout est plutôt normal.

Cependant, le prof est fâché. Il y a des élèves qui ont oublié des devoirs trop souvent à son goût. Il gueule. Il gueule beaucoup. Se lève, continue à gueuler. Fout un coup de pied à l’élève (assis) qu’il était en train d’engueler. L’élève tombe sur le dos.  Le prof continue à frapper l’élève qui est maintenant par terre, tout en lui gueulant après. Après quelques coups, il se tourne vers un autre élève qu’il commence à frapper lui aussi. Il voit que je regarde, que je n’ai pas encore parlé mais que j’ai les poings serrés au point d’en avoir les jointures bleues. Il m’enjoint cavalièrement de me changer et de rentrer chez moi. Je me lève et je tente de lui parler. Finalement, quand je suis certain qu’il ne continuera pas, je me change et je pars. Avec mon sac de kendo et mes sabres, que je laisse pourtant tout le temps au dojo (parce que j’y vais à chaque jour).

Je ne sais pas vraiment quoi dire. Je trouve ca tellement frustrant, non seulement parce que je m’entendais bien avec ce prof avant ca mais aussi parce qu’il y a de grosses chances que je sois le seul à m’indigner de la situation. Nul besoin de vous dire que j’ai eu très sérieusement envie de me jeter sur le prof et de lui faire très, très mal. Suffisamment mal pour l’envoyer réfléchir à l’hôpital. Frapper des enfants, à coups de pied, en continuant même lorsqu’ils sont par terre, c’est répugnant et lâche. L’envoyer à l’hôpital pourun séjour prolongé aurait été la meilleure chose à faire.

Malheureusement, mais peut-être pour le mieux en bout de ligne (ca reste à voir), j’ai agi en Athénien plutôt qu’en Spartiate (c’est-à-dire que j’ai agi en pleutre). J’ai toute l’intention de rapporter l’évènement à mes supérieurs et à mes collègues. Après tout, les punitions corporelles sont formellement interdites au Japon, autant que dans n’importe quel pays civilisé.

Je ne me fais cependant pas trop de faux espoirs. Après trois ans, je commence à être suffisamment habitué à la façon dont les choses fonctionnent ici au Japon. Tous les gens à qui je vais en parler, en privé, vont se montrer fortement d’accord avec moi et me supporter. Tout le monde va être d’accord avec moi. Mais personne ne fera rien en bout de ligne. Pour ne pas débalancer l’harmonie et causer un bouleversement.

Tout de même, j’aurai la satisfaction de la victoire morale.

Bien maigre. Mais bon, quand on s’en tient à ce qui est correct, c’est de ce qu’on doit se contenter.

C’est parce que les bonnes personnes font ce qu’elles doivent faire que les salauds, eux, font ce qu’ils leur plaît.

J’ai envoyé mon message. J’ai paqueté mon armure et mes sabres, ce que je ne fais jamais. C’est dommage pour mes élèves, mais je n’ai pas l’intention de retourner au dojo. Je ne peux pas suivre et croire en l’enseignement d’un prof qui fait de telles choses.

Je trouve juste ca trop dommage. Surtout que ca arrive au club de kendo. La compétition sans haine, se battre dans le respect et avec courtoisie, n’est-ce pas la base du kendo? C’est ce qu’on m’avait appris, c’est ce que je croyais.

*respire*

Ouais. J’imagine que le sens de l’honneur c’est encore une de mes valeurs stupides de barbare qui n’ont pas leur place ici au Japon.

C’est dommage, parce qu’encore une fois, juste au moment ou je me disais en moi-même “Finalement, le Japon, ce n’est pas trop mal…”, arrive encore un évènement qui est en train de me faire changer d’avis.

Catégories : Karma · Kendo · Life in Japan · School

The Temple of Elementary Evil

septembre 19, 2008 · 2 commentaires

Je viens de finir une journée au primaire. 4 classes, donc passablement occupée. Les trois classes de l’avant-midi ont été numéro un et je suis satisfait. Celle de l’après-midi a remarquablement planté. Normalement, une classe qui plante au primaire, ça me rend dépressif et maussade parce que je prends le blâme. Mais aujourd’hui, c’est clair que la faute n’est pas mienne. Les enfants n’étaient pas du monde aujourd’hui et leur simplet de professeur responsable n’a pas daigné bouger un ongle d’orteil pour me supporter. J’aurais pu me fâcher et faire peur aux enfants. Je pense que j’en serais capable. Mais c’est le travail du prof titulaire, pas le mien. Ce n’est pas une question de respecter la division de tâches comme dans une boîte syndiquée. Je suis censé être l’assistant et pourtant on me laisse faire tout: j’en fais déjà largement plus que je suis payé pour en faire, mais tant que ca reste dans mon champ de compétence, je m’en acquitte sans un grognement. Mais s’occuper et garder le contrôle de sa propre classe de troisième année primaire, c’est censé être le champ de compétence et surtout la responsabilité du prof. Qui d’ailleurs, Japonais et prof de son état, doit m’être intrinsèquement supérieur. Les autres profs dans les autres classes le font. Quand leurs jeunes dérapent et se comportent mal, ils les rappellent à l’ordre. Enfin, il y a un prof de 5e qui est plutôt timide et qui perd le contrôle de sa classe mais en 5e année même moi je suis capable de les ramener sur la track. Bref, je ne me sens pas dépressif, mais légèrement agressif.

Ce qui m’a fait penser à un truc que j’ai écrit pour une prof dans une autre école qui voulait mon avis honnête sur l’éducation Anglaise au Japon au niveau élémentaire. C’est en Anglais, mais je crois que c’est comprenable.

I do not think it is enough for students to only learn speaking and listening in elementary school. I think writing and reading are very important parts of English and that it is simply not possible to make good progress while leaving those skills out.

First off, I think that not teaching writing and reading makes teaching English much more difficult for the teachers and the students. It is very difficult for teachers to plan and teach classes without written support. When teachers absolutely need to write English words, they often use katakana, which is simply not a good method for writing English. Of course, this also means that teachers cannot explain basic English grammar to the students. They cannot teach how the sentences work, why such words are used, and why they are arranged in a certain way. So students end up repeating the English they learn orally as set phrases that they associate with a single Japanese translation, rather than English sentences they understand.

For students, not being able to write means that they cannot take notes and do written exercises or homework. Elementary school students do written exercises, homework and tests in other subjects like Japanese, math or science. Without these, it is not possible to progress. It is the same for English.

Spoken word is easily forgotten. Teaching the students to read and write would provide them with something solid and concrete that lasts. With the classes focusing on speaking and listening, the student’s progress in English is limited by his memory. But if the students learned to write and read, they would have a lasting base: notebooks, textbooks, worksheets and homework that are not forgotten after the class is over.

Very often, Japanese teachers will say that writing and reading English is simply too hard for elementary school students to learn. However even elementary school students have to learn a very large amount of kanji characters each year in their Japanese classes. If students can learn and remember 1000 characters by the end of 6th grade, they are perfectly able to learn 26 letters as well as the orthography(書き方)and reading for the most common English sounds. I think it is possible to teach writing and reading, slowly but surely, to elementary students.

For example, start teaching the letters in 4th grade. One letter per class, both writing and the basic sounds associated with it. Then, in 5th grade, start introducing phonics. Introduce one sound per class, and the main ways to write it. By 6th grade, the students will be able to read and write simple sentences.

However the main problem, in my opinion, is the objective set by the Monkasho. The Ministry’s objective is not to teach English to elementary school students, but to teach them to enjoy English. They encourage teachers to teach very basic English and focus on fun, communicative activities and use many games during class. Because of this, English classes are not taken seriously by neither students nor teachers. English is viewed as a “game subject”. There are no notes to take, no exercises, no homework to do, no tests or exams. The students listen to the teacher, repeat, play the game and forget.

In the end, I think the Monkasho’s objective is mistaken. Of course, some students think that English is fun, but most of them don’t really feel they are learning anything. Even though they have at least one hour of English every week, the students don’t feel they are learning English. Only the students who attend jukus, private English schools or have some form of tutoring outside school will say “I’m learning English.” Including writing and reading would make students and teachers take English seriously just like the other subjects. Neither students nor teachers take English seriously. They see it as a game, they don’t care whether they learn anything or not, they see it as “let’s have fun with (and make fun of) the foreigner”. And now the Monkasho is telling them this is correct.

I think Japanese elementary students are just as smart and hard-working as students in other countries. If they decided to take English as seriously as the other subjects they study, they could learn it very quickly.

Enfin, vous en faites ce que vous voulez, ce n’est que mon humble opinion de barbare blasé. Je peux seulement vous dire qu’elle est loin d’être unique et qu’elle résume assez bien la situation.

C’est vendredi, il fait chaud, et je me sauve de l’école dans 10 minutes. Bonne fin de!

PS: Un morceau de robot pour quiconque peut me dire ou j’ai pris mon titre!

Catégories : School

Welcome…

juillet 22, 2008 · Laisser un commentaire

to my f*cking sauna!

C’est l’été, nous sommes à Kumamoto. Depuis le début de juin que nous avons droit à notre douche de pluie quotidienne et a des températures aux alentours de 30. Il fait chaud et humide, c’est inconfortable, et quand on sort dehors on a l’impression d’être dans un sauna à ciel ouvert. Mais c’est quand même mieux que l’hiver sans chauffage si vous voulez mon avis.

Qu’est-ce qui se passe dans ma vie? Je ne sais pas trop… juin est venu et est reparti sans que je m’en rende compte. C’est pas que je me soie ennuyé ou quoi que ce soit. Mais j’ai été assez occupé au travail en juin et avec la pluie et la chaleur j’imagine que ca produit ce genre de résultats.

Sinon, quoi dire, le temps passe, et assez vite. D’ici deux semaines, celà va faire deux ans que je suis en service ici dans les tranchées. Je suis maintenant un vétéran, un vieux de la vieille, un vrai de vrai. Entre le travail, la chaleur, les kanchos, les insultes racistes volontaires et involontaires, les regards méfiants, je trouve le moyen de m’amuser à mon goût. Ma vie ici comporte, comme vous le savez, le lot de difficultés inhérent à mon statut d’extra-terrestre, mais vous savez que je ne la changerais pour rien au monde.

OK, je serais prêt à accepter une job ou je ne suis traité ni comme un obstacle ou comme un junior. Mais bon, ca n’en tient qu’à moi et j’y travaille comme vous le savez.

L’école est en mode “vacances d’été”, ce qui signifie que les élèves ne sont pas obligés de venir à l’école. Mais la majorité d’entre eux viennent quand même. A 7 heures, tous les matins, il y a l’entraînement matinal de course et de “track and field” ou la majorité des élèves viennent. Ensuite, il y a les clubs sportifs, jusqu’en après-midi. Puis, les jeunes restent à l’école pour faire leurs devoirs de vacances d’été. Bref, pour s’en tenir a la tradition Japonaise qui veut que tous soient toujours tout le temps occupés, ce ne sont pas vraiment des “vacances”. Mais c’est quand même plus relax et agréable que la saison régulière. De mon côté, je vais à l’entraînement du matin ou au club de kendo, et j’étudie l’après-midi, alors je n’ai pas à me plaindre, sauf peut-être de la fatigue musculaire, mais bon, comme disait Confucius, c’est de la bonne fatigue.

Bonne fin de journée!

Catégories : Life in Japan · School

The Chosen Ones

juin 2, 2008 · Laisser un commentaire

Vous me connaissez, je me plains souvent ici sur mon blog de toutes sortes de trucs et aspects de la société Japonaise dont on ne parle jamais dans les guides touristiques mais qu’en tant que barbare en exil je dois négocier à chaque jour. Je sais que vous vous dites probablement que j’exagère, que c’est la solitude et la fatigue qui parlent ici. Vous avez peut-être quelque peu raison. Ma fatigue et ma solitude ne font que réduire ma tolérance, pourtant duement éprouvée à plusieurs reprises, aux idiosyncraties infantiles et stupides de la société Japonaise.

C’est une histoire qui date un peu, mais je pense qu’il faut qu’elle sorte. Je vous épargne les détails et les circonstances, mais j’en suis venu à m’obstiner sur un point de grammaire avec un “collègue”. Il se trouve que j’avais raison. Mais mon collègue trouve encore le moyen d’argumenter et essaie de s’en sauver.

J’ai donc fouillé dans un de mes livres de grammaire Anglaise (que je garde justement pour parer à ce genre de situation, l’opinion d’un livre ayant, aux yeux de mes collègues, infiniement plus de poids que la mienne). Je lui montre le passage qui prouve que j’ai raison. C’est écrit en Anglais simple, noir sur blanc. Mais voilà que l’autre réplique en me montrant un site internet en Japonais sur la grammaire Anglaise avec des explications (en Japonais) qui lui donnaient raison à lui.

Un Japonais qui utilise un site Japonais en Japonais sur l’Anglais pour prouver à un Anglophone qu’il ne connaît pas sa langue maternelle. Je pense que je n’exagère pas en affirmant qu’il s’agit là d’une arrogance, comment dirais-je… me contenterais-je de dire frustrante.

Quand même, je n’allais pas abandonner ainsi. Je rappelle donc bien humblement à mon arrogant collègue que je suis un Anglophone natif (bon, pas pure laine natif, mais plus natif qu’il ne lui sera jamais donné de l’être), que je suis originaire d’un pays Anglophone, que j’ai étudié l’Anglais comme majeure à l’université, et que c’est précisément pourquoi j’ai été engagé comme assistant et spécialiste de l’Anglais, que j’avais, à défaut de 19 ans d’expérience, un CV plus qu’adéquat pour m’acquitter honorablement de ma tâche. Qu’en vertu de mon expérience et de mes qualifications, oui, c’était possible que je sache et puisse faire des choses qui sont difficiles ou impossibles pour lui. Et qu’il devrait, par conséquent, marcher de temps en temps sur sa fierté toute Japonaise et me faire confiance sur ce genre de chose.

Je me fais répondre que l’Anglais est une langue internationale, et que tout comme existaient un Anglais Américain, un Anglais Britannique, un Anglais Indien, un Anglais Asiatique (?), et que tout comme j’avais appris et parlais l’Anglais Canadien (ce qui est discutable, puisque je me suis souvent fait dire que je sonnais plus Américain), il était normal, acceptable et même souhaitable qu’au Japon, on apprenne et parle l’Anglais Japonais. Qui est une variété d’Anglais au même titre que l’Anglais Canadien, Américain ou Britannique.

J’étais convaincu qu’il s’agissait d’une blague. Réprimant un sourire de découragement, je lui rappelle que le Canada, les États-Unis et la Grande-Bretagne sont des pays Anglophones, et qu’il est donc normal que malgré leurs différences régionales, ces Anglais soient considérés comme des standards. De plus, ces variétés d’Anglais sont, malgré ce que vous diront les Britanniques (qu’ils sont pincés quand ils veulent), sont parfaitement intelligibles et à 99.999% identiques lorsque mis sur papier.

Rien n’y fait. “Ça, c’est ce que tu penses.” que je me fais répondre. “Moi je pense que l’Anglais Japonais est une variation de l’Anglais accpetable au même titre que l’Anglais Canadien.”

C’est ridicule. Je n’avais encore jamais entendu parler d’une pareille chimère. C’est insultant, tant personnellement que professionnellement.

C’est ridicule, aussi. Pensez-y. Pourquoi apprend-on l’Anglais de par le monde? “Pour pouvoir communiquer avec le reste du monde.” est une réponse que j’estime raisonnable et que j’imagine serait donnée dans une majorité des cas. Mais pas au Japon, on dirait. Le Japon est si spécial qu’il a besoin de sa propre variété d’Anglais spécifique. Et j’ajouterais, fort difficile à comprendre à moins de parler et le Japonais ET l’Anglais.

Pourtant, c’est typique du Japonais, de se croire supérieur au reste du monde ainsi. L’ironie de la chose est risible et triste: un pays qui, par ses “efforts” pour apprendre la langue internationale et communiquer avec le monde, en arrive seulement à s’isoler et renforcer son complexe de spécificité.

Inutile de vous décrire mon état d’âme à ce moment. Je dirai seulement qu’il s’agit d’un des rares moments ou je me suis dit, “Ca y est, c’est fini. Je ne peux plus rien faire. J’abandonne. J’ai fait de mon mieux, mais je ne peux rien faire pour des gens qui ne veulent pas être aidés.” et ou j’ai eu une sérieuse envie de passer mon contrat à la déchiqueteuse. J’ose espérer que vous comprenez pourquoi.

C’est la saison pour ce genre de trucs, et je sais que les quatre ou cinq derniers posts ont été plutôt sombres. Mais ce sont tous des trucs avec lesquels je dois vivre à tous les jours ici et, s’ils ne m’empêchent nullement de mener une vie intéressante et productive ici, sont tout de même inacceptables et doivent, selon moi, être mentionnés.

Qui ne dit mot consent. Alors c’est en disant mot que j’exprime mon non-consentement.

Sinon, il pleut ici, c’est un lundi, donc une journée longue, dure et ennuyeuse, mais demain mardi je travaille à mon école spéciale alors j’ai hâte.

Je vous promets que mon prochain post va parler d’autre chose que de discrimination. Je vous promets plein de niaiseries et de stupidités, c’est promis, juré.

Bonne fin de!

Catégories : Karma · Life in Japan · School

Just Another Day…

mai 30, 2008 · Laisser un commentaire

Ah, une autre journée de faite. Il fait chaud aujourd’hui, et j’avais quatre heures de cours au primaire aujourd’hui. Ca s’est bien passé, mais je suis crevé, pas besoin d vous faire un dessin, et je ne suis pas faché d’avoir ma fin de semaine devant moi.

Attendez, ça peut pas se terminer sans que je chiale un peu!

Je vous ai souvent glissé dans mes écrits que l’efficacité et le sens de l’organisation étaient des concepts barbares et donc peu présents au Japon.

Je vous donne un exemple, et vous en faites ce que vous voulez.

A mon école primaire, il y a une piscine extérieure. De mai à juillet, les jeunes ont des cours de natation en éducation physique.

C’est bien une piscine, d’autant plus qu’il fait très chaud ici à Kumamoto.

Deux problèmes avec la piscine. De un, ils la ferment en juillet. Pourtant, pas besoin d’un doctorat en climatologie pour se rendre compte que la piscine serait utilisable d’avril à octobre, minimum. Mais bon, des règles stupides sur les dates d’ouverture des piscines, il y en a partout.

Ce que je trouve bizarre, c’est qu’une fois la saison terminée, la piscine est tout simplement abandonnée. Pas de vidage de l’eau, pas de toile, pas de protection, rien. Donc, durant la saison morte, la piscine se retrouve pleine d’eau verte stagnante et puante (je sais, je stationne juste à côté), ce qui fait en sorte qu’a chaque année il faut aux profs une journée entière pour vider la piscine et faire partir toute la crasse, les algues et la pourriture qui s’y est déposée.

Ca serait pas plus simple de vider la piscine et de mettre une toile dessus?

Peut être, encore une fois, que c’est moi qui suis fou, et que les Japonais ont raison… peut-être. Mais quand même.

Bon, qu’est-ce que je mangerais bien pour souper…

Catégories : Life in Japan · School

The Quotable Racists

mai 29, 2008 · Laisser un commentaire

Je suis occupé au travail aujourd’hui alors je n’ai pas le temps de me lancer dans une diatribe épique comme je le fais à l’habitude. Je mentionnerai seulement qu’il y avait une assemblée sur les droits humains dans mon école aujourd’hui et on y a parlé, entre autres, de racisme.

Ça a piqué ma curiosité et j’ai fait un peu de recherche pour montrer à mes collègues Japonais des exemples que même eux ne pourraient ignorer.

C’est une assez vieille qui a circulé amplement dans la communauté barbare, mais avec lequel mes lecteurs (et, bien évidemment, mes collègues Japonais) ne sont probablement pas familiers.

Contexte: Il y a de celà quelques années, un Américain naturalisé Japonais (= citoyen Japonais) vivant au Japon depuis plus longtemps que je suis au monde, marié avec une Japonaise et avec deux enfants, s’est vu refusé l’accès dans un onsen. Il s’agit d’un onsen dans la préfecture d’Hokkaido au nord, qui explique le pourquoi derrière l’affiche “Japanese Only” qui figure fièrement à l’entrée de son établissement.

The manager explained that drunken Russian sailors had caused trouble at
the facility in the past and the management wanted to keep such people out,
adding: “We can’t just ban Russians. That would be blatant discrimination…
So we ban all foreigners out of fairness.”

(Le directeur expliqua que des marins Russes en état d’ébriété avaient déjà causé des problèmes dans l’établissement et que la direction souhaitait garder de telles personnes hors de l’établissement, en ajoutant “Nous ne pouvons pas interdire [uniquement] les Russes. Ce serait de la discrimination flagrante… alors nous banissons tous les étrangers afin d’être justes.”)

C’est une vieille histoire alors je ne m’en fais pas vraiment. En fait, c’est de la discrimination si flagrante, vulguaire et évidente que c’en est presque comique, surtout pour un vétéran des tranchées comme moi.

Comme quoi il n’y a rien de mieux pour exemplifier le racisme hypocrite des Japonais que les propos d’un Japonais raciste qui s’ignore.

“Mais on sait que les Russes, ce sont des buveurs légendaires. Ils ne veulent pas avoir d’ivrognes dans leur établissement, c’est donc logique qu’ils interdisent les Russes! (et donc par extension tous les barbares, parce que notre capacité supérieure à imbiber fait nécessairement de nous des alcooliques). Et puis, c’étaient des marins, ils avaient donc probablement des tatouages partout!”

Que des Russes aient indisposé le propriétaire parce qu’ils étaient ivres, soit, je comprends et je compatis. Mais leur crime était il d’être îvres, ou d’être Russes? Si vous voulez éviter ce genre de problème, interdisez donc aux ivrognes l’entrée dans votre établissement? Une mesure d’autant plus efficace qu’elle vous protégera de tous les ivrognes, qu’ils soient Japonais, Russes, Américains, Chinois ou même Canadiens (me regardez pas comme ça, je n’ai encore été aux sources chaudes, euh, chaud). Précaution inutile. Tout le monde sait que les Japonais ont beaucoup trop de classe pour s’enivrer (je ne me lance même pas dans le contre-argument ici, ça prendrait trop de temps pour uploader les maintes photos prouvant mon point).

Même chose pour les tatouages. Pourquoi les tatouages sont-ils interdits dans les onsen? Ce n’est pas un crime d’avoir des tatouages au Japon, pourtant. “Mais les yakuza ont des tatouages!” Encore une fois, pourquoi ne pas bannir les yakuza de vos établissements?

Ah, oui, je vois. Ca serait probablement de la discrimination envers les yakuza.

Je vous laisse y penser.

Et puis, si je ne vous aurai pas fait réfléchir, au moins vous aurai-je fait rire.

Sinon, j’ai eu une bonne journée occupée à la job, et malgré la chaleur qui me fatigue (oui, parce qu’il fait 32 ici), je vais bien.

Bonne fin de jourd’hui!

Catégories : Life in Japan · School

Intruder!

mai 26, 2008 · Laisser un commentaire

Il y a tellement d’ignorance et de racisme qui découle de cette ignorance répandue au Japon. Vous le savez déjà, mais je viens d’en entendre un autre exemple et, bien, je vous en fais part.

On vient d’avoir la “pratique d’exercice pour les mesures en cas d’intrus dans l’école” (désolé, c’est long, mais en Japonais il y a un mot pour ca tout court et gentil “hinan kunren”). Je vous en avais déjà parlé l’an dernier je crois. Outre le fait que les probabilités qu’un intrus dangereux se pointe dans ma petite école de campagne sont aussi élevées que celles que j’ai d’arriver à mannger un repas au Japon sans me faire dire “Wow, vous êtes doué avec les baguettes, Mr. le Barbare!”. Mais je diverge du sujet.

Enfin, moi pendant ce temps je reste peinard dans la salle des profs à faire mes corrections tranquille, alors ils peuvent bien s’exercer à ce qu’ils veulent, j’en suis fort aise. Mais c’est d’entendre la nurse de l’école jaser avec l’(épaisse) de bibliothécaire (attention, c’est pas que ne l’aime pas, mais plus je comprends son Japonais, plus c’est l’impression qu’elle me fait) de la situation et de ce qu’on devrait vraiment faire si jamais il y avait un intrus dans l’école. Je vous présente un doublage de leur conversation.

A: Ca s’est bien passé, non?

B: Ah oui. Les enfants se sont regroupés rapidement. C’est bien.

A: Mais est-ce que c’est vraiment sécuritaire de les faire se regrouper comme ça…

B: Mais oui. Si on était dans un pays étranger, l’intrus aurait probablement un pistolet alors ça serait dangeureux. Mais nous sommes au Japon alors c’est correct que les enfants se regroupent.

A: Ah, bien sûr.

Encore une fois, on ne se prend pas la tête à essayer de démêler les différentes régions du Barbaricum et dire qu’on parle des États-Unis. Tout le monde sait qu’il n’y a que deux pays sur la planète Terre: le Japon et Gaikoku (pays de l’extérieur).

Au Japon, on entend ce genre de trucs dans la rue, au bureau, à la télé, et c’est normal. Tout le monde s’en fout. C’est évident. Personne ne s’indigne. On en rit, mais plus souvent, aucune réaction, tant c’est normal et accepté et répandu, cette idée que le Barbaricum est un endroit horrible et bizzare, et que le Japon est, véritablement, la seule terre sur cette planète qui soit civilisée, et que nous sommes dont chanceux de faire partie du peuple élu.

Vous pensez que j’exagère hein?

Non.

J’ai bel et bien entendu ça. Je l’entends souvent. C’est seulement qu’aujourd’hui j’ai eu la chance d’entendre cette remarque raciste ignorante dans un Japonais clair et facile à traduire alors que j’avais mon ordinateur à portée de la main.

Pour paraphraser une citation que ma mère tira de son roman dont le titre m’échappe mais dont la justesse ne fait aucun doute:

“Le gaïjin existe au Japon pour rappeler au Japonais ce qui n’est pas Japonais et donc regrettable.”

Je suis un peu frustré de ne pas avoir pu la sortir moi-même, cette phrase, mais je n’aurais pas pu dire mieux.

J’ai envie de la traduire en Japonais et de la peindre en spray sur mon capot de voiture.

Question de faire ma part pour combattre la discrimination et le racisme dans ce pays.

Quelqu’un seconde l’idée?

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May may…

mai 17, 2008 · Laisser un commentaire

… be over quickly!

Mai cette année est juste, simplement, comme on le dirait en Anglais, “FUBAR”. C’est à dire “Fucked Up Beyond All Recognition”. Avec la Golden Week, ou, enfin, le Golden-4-Jours dont on a hérité cette année, les journées sportives de mes trois écoles et d’autres évènements random, je me retrouve à travailler la fin de semaine et en congé des journées bizzares comme jeudi ou des lundi, journées plutôt inutiles où un gars en congé se retrouve avec pas grand chose à faire.

Pour faire changement des journées d’école. Au moins, l’hystérie collective des journées sportives va bientôt être finie et on va pouvoir commencer à travailler pour vrai. En bout de ligne, on va seulement avoir perdu un mois et demi d’école. Ensuite, ils se demandent pourquoi ils ont besoin de 220 jours pour boucler leur programme scolaire ici.

Oh well.

J’étudie pendant la journée et je joue à Gran Turismo 5 le soir. C’est du crack dans un BD (Blu-ray Disc), et une fois embarqué dans le mode online c’est dur d’arrêter. Je suis en train de me défaire les mains à faire tourner ma Lan-Evo X sur l’ovale de Daytona et au Mt. Fuji, mais c’est du pur plaisir, et j’ai hâte d’avoir amassé assez de crédits pour me payer la voiture ultime du jeu, la Ferrari F2007 (c’est à dire, la Formule 1). Ça me travaille passablement le Japonais de faire les réglages sur ma voiture, mais bon, je suis pas tellement bon en mécanique alors j’y vais avec méthode de “bon, on va mettre ce réglage-là au maximum, voir ce que ca fait, et on avisera après les accidents”.

Vous aurez compris, je ne suis pas tellement content de travailler un samedi. Je ne serai pas tellement content de travailler demain non plus, remarquez bien. En plus que je vais manquer le dîner d’adieu de mon amie Yuko qui s’en va pour trois mois aux États-Unis la semaine prochaine. En fait, j’ai plus hâte de revenir sur un cycle “normal” de semaines de 5 jours et de fins de semaines de 2 jours. Je sais, j’ai déjà fait des horaires pires que ça quand je travaillais à temps partiel, mais bon, je travaille dans une école maintenant.

Oh well. (again)

Au moins, j’emmagasine des journées de congé qui, si elles ne sont pas vraiment “gratuites” (parce qu’il faut que je travaille la fin de semaine pour les avoir), elles ont tout de même l’avantage de pouvoir être placées à ma guise. Entre autres, ce mercredi il y a un évènement dans quelques night clubs de la ville et ça devrait une bonne occasion d’aller prendre une brosse avec Hiroshi, Kei, Saemi et ma gang d’universitaires Japonais.

Bon, je vais aller étudier maintenant. J’avais pris un léger break d’étude mais je suis reparti sur un bon rythme et ça progresse plutôt bien. Les kanjis se refusent toujours à rester dans ma tête mais je ne m’en fais plus avec ça. S’ils ne veulent pas rester dans ma mémoire, ben c’est eux les pires!

Bonne fin de journée!

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